LA GRÈCE
1° Héphæslos possède quatre métaux \ dont le plus important est le cuivre (le dieu est un chalkeus, un ouvrier en cuivre). Vient ensuite l’or, puis l’argent, enfin l’étain.
La langue grecque est en un parfait accord avec le mythe de Vulcain : dans Homère, chalkeus signifie l'ouvrier en cuivre, l'ouvrier en or, l’ouvrier en fer, en un mot le métallurgiste; toutefois il y a un terme spécial pour l’orfèvre, celui de fondeur d’or, chkusokrhoos.
Vulcain, qui représente la plus ancienne métallurgie grecque, tirait sans doute son cuivre de Clialcis en Eubée, son or de la Thrace, son argent d’Alybé, et enfin des Casdim de l’Euphrate son étain, cassit-ebos.
Les Grecs, qui avaient un mythe sur les origines de l'ambre, n’en possédaient aucun sur celles de leurs quatre métaux, pas môme sur celles de l’étain. Sans doute ces métaux, leur étant connus de tout temps, n’avaient pas éveillé leur curiosité comme l’a fait l’ambre, qui était pour eux une grande et merveilleuse nouveauté (p. 129).
Vulcain, dans Homère, fond en même temps les quatre métaux dans ses ateliers. Mais les mêle-t-il? unit-il le cuivre et l’étain? connaît-il le bronze? M. Rossignol ne le pense point. En effet, l’étain n’est employé que pur et pour de simples ornements : tant il est rare et précieux. De même Hésiode nous décrit « l’étain qui fond, chauffé par de jeunes « ouvriers dans un fourneau où l’on a ménagé avec soin une ouverture * » et ne place point à côté un autre fourneau qui contiendrait le cuivre destiné à former le bronze.
On dirait donc que le premier âge de la métallurgie grecque et arhéenne a été un âge de cuivre pur, et cette supposition serait confirmée par certaines épées en cuivre écroui, et par les figurines en cuivre pur du tumulus d’Achille (p. 156).
Mais un âge du cuivre pur avec une grande abondance d’étain serait un phénomène si extraordinaire que, pour en admettre la réalité, il faut autre chose que quelques antiqui—
* II. 18, v. 474 et suiv.
* II. 11, v. 19 et suiv. — Hésiode. Bouclier v. 208. Théog. v. 802.