LES MÉTALLURGISTES SÉMITIQUES
lés isolées el que le simple silence d'Hésiode et d’Homère (p. 156).
2" La source étrangère de la primitive métallurgie grecque', c’est, sur le sol même de la Grèce, l'industrie des Curètes, des Dactyles, des Cadméens, sans parler des Telchines et des Corybanles (p. 109).
Ces Sémites travaillaient le bronze, et leur bronze était îi l’alliage assyrien : c’est ce qu’établit d’une manière irréfragable ce clou en bronze du Trésor d’Atrée, qui reparaît sans cesse dans nos études (p. 197).
L'étain ne leur était sans doute pas fourni 'par les Phéniciens, qui étaient trop bien avisés pour livrer à des rivaux une matière première aussi précieuse, et qu’Homère nous montre n’apportant dans les flancs de leurs vaisseaux que des objets manufacturés. Mais le commerce de la Méditerranée orientale n'était pas tout entier entre les mains des Sidoniens, et d'ailleurs, dés les temps de Dédale, l’étain arrivait des Cassitérides aux bouches du Pô et dans l’Adriatique (p. 133).
Les Curétes à Chalcis étaient devenus de vrais Grecs. Chalcis a certainement été pendant un grand nombre de siècles la principale fabrique d’armes de la Grèce, car, d’après Alcée, toute épée est chalcidienne. Or les Sémites qui fabriquaient en bronze de simples clous , devaient employer le bronze pour les épées, ainsi que pour toutes les autres armes. Les Achéens d’Homère, aux tuniques de clialkos. portaient donc des cuirasses de bronze.
Ainsi s’expliquent: l’alliage sémitique de tous les bronzes
1 L'influence de la métallurgie des Sémites et des Ailophyles sur celle des Grecs est attestée par la langue de ces derniers :
metaj.i.on (inconnu à Homère) : matal forger, vérin' sémitique.
KASSITKROS: KASUIR.
tcmpason, cymbale: tcp-iji, sémitique.
chrcsos, or: charocts, hébreu (?).
xiphos, épée : saisi égyptien.
Ajoutons que opora, \a saison île la canicule, qui n'a d'étymologie ni dans les langues sémitiques ni dans les japhétiques, est le nomégvpptien de celte meme saison, p. r copte pra
LA GRLCK
grecs (p. 1 64); la forme sémitique des épces grecques(p. 1 97); les casques, les cuirasses, les épées, tous en bronze, qu'on trouve dans les tombeaux grecs, et qui, par la beauté de leur travail, ne peuvent avoir été que les armes des chefs et des rois1; les épées ordinaires, les pointes de lances et de flèches, les anneaux de bras et de pieds , les bagnes , les aiguilles à cheveux et d’autres objets de parure , tous en bronze , sans plomb, ni zinc, et sans objets de fer, que renferment des tombeaux grecs d’une date inconnue.
Nous dirons donc que pendant la période achéenne, l'étain était mêlé au cuivre pour la fabrication des armes et pour celle des clous et d’autres outils, et que l’étain pur ou mêlé à l’argent servait à orner les armes de grand prix (p. 204).
Cependant, à cette même époque, les Grecs faisaient usage déjà d’outils en fer, entr'autres d’une faucille ou serpe à dents tranchantes1, telle qu'on la retrouve dans les dépôts de nos habitations lacustres.
Ces outils, les Achéens ne les travaillaient pas eux-mêmes, puisque leur Yulcain ignorait, semble-t-il, jusques à l’existence du fer. Ils les achetaient donc des étrangers, et ces étrangers (p. 168), c’étaient encore les Curétes, les Dactyles; c’étaient tout spécialement les Sintiens de Lemnos, «qui échangeaient leurs objets en fer et en cuivre-bronze contre le vin des Grecs » 5 (p. 200).
Mais le jour où Vulcain avait été précipité du ciel, il était tombé à Lemnos , et ces mêmes Sintiens , experts dans l’art de travailler le fer, l’avaient reçu avec bonté. Ce mythe ne signifie-t-il pas que c’est à Lemnos que l’antique métallurgie grecque , qui ne faisait usage que du cuivre *, a appris des barbares, des Sémites, à dompter le fer?
1 I.c musée de Neuchâtel possède un poignard d’Ithaque, qui, par sa parfaite ressemblance avec ceux du Nord, est d’origine phénicienne.
’ Hésiode, TMog. v. 161.
* Homère. IL 1, v. 594.
* LesTaphiens (CW. 1, v. 180), peuple grec, échangeaient leur mine-
PÉRIODE HELLÉNKJlIE
À une époque assez reculée, que nous placerons en hésitant vers la fin de la période achéenne et avant la grande invasion dorienne, les Grecs entendirent parler de trois métaux merveilleux, qui existaient quelque part sur la terre ou dans le ciel, et dont il ne leur parvenait que de loin en loin quelques échantillons : l’électre , l’orichalque et le bleunoir (cyanos). Ce dernier était remarquable par sa dureté, qui lui avait valu le nom de l’ indomptable , adamas. Nous croyons que ces trois métaux sont originaires de la Terre-Sainte, et postérieurs aux émigrations des Philistins, des Curètes, des Dactyles, des Sintiens, qui ne les connaissaient point (p. 1 87).