E. ACE DU BRONZE, DU PLOMB, DU FER ET DU ZINC. LATIUM ET ROME
Bronzes d'Alhaiio. — Monnaie:» H armes de Rome. Laiton de l'empire.
Les urnes d’Albano(p. 1 <»'»), qui ne sont ni étrusques ni romaines, contenaient des statuettes en terre cuite, les plus grossières connues en Italie, des anneaux, des fibules et de miniatures d’armes en un bronze normal et sémitique (avec plomb), de l’ambre et des clous en fer. Ce sont là les premiers et fort curieux matériaux d’une histoire de la métallurgie italiote antéromaine. Il est question chez les écrivains classiques d’une statue d’Hercule contemporaine d’Evandre.
La métallurgie romaine a subi d’abord l’influence de l’Etrurie et plus tard celle de la Grande-Grèce.
1 Pline, Itisl. uni. 34, 6 et 7.
MONNAIES ET ARMES DE ROME îT.
Numa dédia une statue de Janus, et créa un collège de fondeurs de cuivre-bronze, qui venaient certainement d’F.trurie. Servius Tullius est le Phidon de Rome, deux siècles après celui d’Argos. Trouvant en circulation à Rome l'cp.? grave des Etrusques qu’on pesait approximativement à la main, il émet des monnaies estampillées, mais coulées et non frappées, en cuivre avec 5,7 à 7,(i étain et H à 29 plomb. Les Décemvirs introduisent une autre monnaie d’Etat, de cuivre mêlé à 20 °/0 de plomb. La monnaie d’argent ne fut introduite à Rome qu’en — 209, après la prise de Tarente, et celle d’or 62 ans plus tard encore, en — 207 (p. 161).
Les armes romaines trouvées dans les monuments sont la plupart en bronze. On a cependant découvert un amas considérable de pointes de flèches en cuivre. D’après Tite-Live \ sous Servius Tullius, les armes défensives étaient de bronze : casques, boucliers, cuirasses, bottines; les offensives, de fer (aciéré) : laiices et épées. Ce roi vivait au sixième siècle, qui est celui où les armes en fer seraient devenues selon nous (p. 217) d’un usage général parmi les Hellènes. Peu de temps après Servius Tullius, Porsenna victorieux impose aux Romains la condition « qu'ils n’emploieront le fer que pour la culture de leurs terres » et non pour la guerre*. C'était les réduire exactement à l'étal où les Philistins avaient placé les Hébreux au temps des Juges. En — 389, Camille donne à ses soldats de légers casques en fer contre les coups d’épées des Gaulois5. Manlius, dans son combat singulier avec le géant gaulois, avait échangé sa longue épée romaine contre un glaive espagnol *; d'où l’on doit conclure que les Romains, en — 362, avant d’avoir mis les pieds en Espagne, estimaient déjà beaucoup les excellentes lames d’acier celtibériennes. Au temps de Polybe*, tous les soldats avaient cette
* Pline, Hist. nat. 34, 39.
‘ Plut., Camille, 40.
4 Tite-Live, 1. 10.
5 li, 23.
L'ITALIE
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même épée ibérique, lorte, solide, excellente pour percer et tranchante des deux côtés. Le fer des javelots était égal en longueur à la hampe, qui était de trois coudées, et il se terminait par une pointe triangulaire de 1 pied à 9 pouces de longueur. Les javelots étaient parfois munis d une courroie, amentum ' (selon l’invention étolienne, p. 166). Le javelot du vélite avait une pointe si mince qu’elle se brisait dans la blessure. Le casque était de bronze ainsi que les bottines ; le bouclier, de bois et de peau, avait les bords garnis d’une lame de fer, et les plus riches d’entre les guerriers avaient la cotte de mailles orientale (p. 175).
D’ailleurs le cuivre pur était encore en usage vers 1ère chrétienne pour des vases et des ustensiles, comme le prouve le musée de Naples (p. 157)’.
Dans le premier siècle avant notre ère, la métallurgie italienne ajouta à ses trois métaux de fondation, le cuivre, l’étain et le plomb, un quatrième le zinc. Le laiton qui, venu, semble-t-il, d’Egypte par la Terre-Sainte et la Lydie, n’avait fait qu’apparaître en Grèce sous le nom mystique d’orichalque, établit sa demeure à Rome sous ce même nom légèrement modifié (aurichalcum), qui s’est perpétué jusques à nous dans celui d ’archal. En même temps le zinc entra dans la composition des monnaies de bronze des empereurs, à commencer par une de Jules-César ( — 45 ans). Comme ce métal fait entièrement défaut dans les monnaies macédoniennes et qu’il est extrêmement rare dans les antiquités grecques, sa seule présence suffit pour prouver que l’objet qui le contient est romain d’origine ou du moins d’influence, et postérieur à l’ére chrétienne (p. 165).
1 Cicéron, de oral. 1, 57.
* Caton (de re rustied, 10-13) nous a laissé une liste très-complète et fort curieuse de tous les meubles en cuivre-bronze et en fer dont une ferme romaine devait être pourvue. Ceux en fer sont singulièrement nombreux, et il serait très-intéressant de contrôler avec ces textes d’une incontestable authenticité les musées de l'Italie. Je ne sais trop si cette comparaison n inspirerait pas de grands doutes sur la valeur des arguments que l’archéologie tire de l'absence d'objets en fer en tejle contrée et dans telle période.