LES PROBLÈMES DE L'AGE DU BRONZE
se retrouvent nulle part ailleurs , tels que les lourcs ou trompettes recourbées. Seule aussi, elle compte au nombre de ses trésors archéologiques un monument, celui de Kivik, oii sont sculptées des scènes d’histoire. Mais, à tout bien considérer, les régions transalpines ne diffèrent les unes des autres à l’âge du bronze que par des détails et des nuances, tandis que toutes ensemble elles font disparate par leurs cells en silex et en bronze avec le sud de l’Europe et l’Orient, où ces instruments sont excessivement rares.
Cependant on connaît dans le Nord, l'Ouest et le Centre de l’Europe un certain nombre de fonderies qui démontrent qu'une grande partie des bronzes étaient coulés et travaillés sur place. On attribue à cetle industrie locale les épées grossières qui sont faites pour les mains d’une race de grande taille.
Les bronzes dans notre Europe transalpine se trouvent fréquemment dans des tombeaux contenant des urnes cinéraires. Comme pendant l'âge de la pierre l'inhumation a été à peu près partout l’unique mode de sépulture, il faut, ou que dans certaines contrées une race nouvelle ait apporté à la fois l'incinération et le bronze, ou que les progrès de la civilisation aient chez les anciens peuples opéré une révolution dans les funérailles en môme temps qu'ils recevaient d’ailleurs le bronze et l’art de le travailler.
Enfin, les bronzes antiques ne sont pas tous composés uniquement de cuivre et d'étain. Sans parler des impuretés accidentelles des métaux mis en œuvre, l’ouvrier a parfois ajouté à ces deux métaux du plomb ou remplacé l’étain par le zinc. Zinc et cuivre, c’est le laiton ou cuivre jaune, aurichalcum; (notre laiton contient 35 parties de zinc et 65 de cuivre). Cuivre, étain et zinc avec ou sans antimoine, c’est Y airain; (mais dans nos traductions de la Bible et dans celles d’Homère et en général des classiques, le mot d’airain a le sens de bronze). On appelle potin un mélange de cuivre, plomb et étain, de peu de valeur. Nous aurons à déterminer les dates de tous ces divers alliages cl leurs lieux d’origine.
INTRODUCTION
Tel est le problème complexe que nous pose l'âge du bronze. Les données fondamentales en sont sans doute fort simples : il ne s’agit à tout prendre que de deux métaux, que l'homme a combinés, et dont il a fabriqué des outils, des vases, des armes et des objets de parure. Mais les produits de ce travail sont épars de l'Egypte à la Scandinavie, de l'Assyrie à l’Irlande, et le problème embrasse ainsi la majeure partie du monde connu des anciens. Pour en trouver la solution, il faut que nous appelions à notre aide les histoires de tous les peuples de la haute antiquité, dont la civilisation, essentiellement matérielle, se résumait en quelque sorte dans le commerce et le travail du cuivre et de l’étain, de l'or et de l'argent, du verre et de l'ambre. L’élude de l'âge du bronze est donc celle d’une des périodes les plus anciennes et les moins connues de l'histoire de l'humanité. Mais ce qui donne à ces recherches un attrait tout spécial, c'est le spectacle de ces siècles de calme et de paix où les hommes érigeaient des monuments à leurs dieux et à leurs chefs et ne construisaient ni remparts, ni forteresses; où l'industrie était leur principale occupation ; où leurs flottes ne transportaient que des marchandises, et où le commerce, en unissant les peuples par leurs communs intérêts, semblait préparer de loin le temps où la même foi ferait d'eux tous les membres d’un même corps. Ces siècles et leur doux éclat ont disparu comme un vain songe ; cette aurore brillante qui présageait un spendide soleil, s’est évanouie sous les coups violents d’une sombre tempête; les Vanes, joyeux adorateurs de Freya, ont fait place à la race sanguinaire des Ases qui avaient pour dieux Odin et Thor. D'ailleurs, les bronzes, les mégalithes, les Tours Rondes, les Nuraghes que nous ont laissés les peuples de l’âge du bronze, excitent d'autant plus vivement notre intérêt que l’histoire garde sur cette période un plus complet silence. En même temps nous reviennent A l’esprit les mines, les fourneaux, les tombeaux et les piliers desTchoudes de la Russie d’Europe et de la Sibérie; les levées et les digues en terre et en maçonnerie qui sillonnent le Kamtchatka ; les milliers de bourgades ruinées éparses sur