‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 15 sur 254 · LES PROBLÈMES DF. L'ACE DE BRONZE · texte numérisé non relu

LES PROBLÈMES DF. L'ACE DE BRONZE

écrouis (ou battus à froid), et ils ont acquis toutes les mêmes propriétés que la trempe donne à l’acier. Toutefois l'étain qu’on ajoute au cuivre pour produire le bronze a l'avantage de rendre le cuivre plus dur. plus aisé à mouler, plus malléable et plus ductile, plus élastique et flexible, plus brillant, plus inoxydable*. L'alliage de 10 parties d’étain et de 90 de cuivre donne notre métal des canons. Si l'on porte de 10 à 15 et à 20 la proportion de l’étain, le bronze devient plus sonore et prend le nom de métal des cloches. Mais pour découvrir la supériorité du bronze sur le cuivre, il fallait avant tout avoir travaillé le cuivre seul, et l’on se demande comment l’âge du bronze a pu, dans notre Europe, succéder à celui de la pierre immédiatement et sans l'intermédiaire d’un âge du cuivre. Telle est l’une des énigmes les plus difficiles que nous aurons à résoudre.

Au reste, les gisements de l’étain sont si rares que le moindre objet en bronze est pour l’archéologie un problème plein d’intérêt. Il suppose d'ordinaire un grand développement du commerce, qui seul a pu transporter l’étain à des distances très- considérables de ses lieux d’origine. Aussi notre première tâche sera-t-elle de rechercher les gites de ce métal et de découvrir ceux qui étaient exploités dans les temps primitifs.

Mais ce qui est le plus étrange, c'est la composition identique du bronze depuis les bords du Tigre jusques aux rives de la Baltique, de la mer du Nord et de l’Atlantique *. Par-

' Plutarque, de def. orac,., $41.

• Le fait est si bien établi que nous n'en fournissons pas la preuve, nu trouvera dans los Annales pour l'archéologie el l'histoire Scandinaves (Copenhague, 1852, p. 266-26."), en danois) les analyses faites par des chimistes français, allemands, anglais, Scandinaves, de 121 armes et de 72 médailles. M. de Fellenberg, de Berne, a porté tout récemment ce chiffre de 120 à 300 par l'analyse d objets trouvés en trèsgrande partie dans les lacs de la Suisse. Ces objets fabriqués dans IHelvélie même présentent, il est vrai, de très-nombreuses exceptions à la règle générale ; mais ces exceptions mêmes nous semblent la conlirtner. — D'ailleurs M. de Fellenberg, à l'obligeance duquel j’avais eu recours pour éclaircir plusieurs questions importantes, m'écrit que les

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INTRODUCTION

tout la proportion est de t>0 cuivre, 10 étain, ou, par exception, 83 cuivre, 13 étain, et cette double proportion est aujourd'hui encore celle qu'on préfère à toute autre après les immenses progrès qu’ont faits la chimie et l’industrie. Cette identité d'alliage, ne résultant point nécessairement des propriétés chimiques des deux métaux, suppose manifestement un foyer commun de métallurgie et de civilisation, d’où le bronze se sera répandu dans tout le monde ancien, soit par les migrations des peuples, soit par le commerce.

line autre particularité fort énigmatique, c’est que l'Europe transalpine abonde en épées dont la poignée est trop petite, et en anneaux qui sont trop étroits pour les bras et les mains des races du Nord. On dirait des bracelets et des armes destinés soit à une race indigène autre que celle des Tentons et des Celtes, soit à des races orientales, telles que les Hindoux, les anciens Egyptiens, les tirées modernes et sans doute aussi les Phéniciens.

D’ailleurs les objets en bronze, malgré leur double identité de dimension et de composition, présentent d'un pays à l’autre certaines différences dans leurs formes et dans leur ornementation, aussi bien que dans la perfection du travail. C’est ainsi qu’ils sont d’un travail médiocre ou grossier chez les Celtes des Gaules, supérieur chez les Celtes des iles Britanniques, exquis chez les Scandinaves et chez les Germains du Mecklembourg et du Holstein. Les pays de la Baltique forment une province spéciale qui est tout à la fois la plus distante des contrées de l'Orient où la civilisation a pris naissance, et la plus riche, au nord des Alpes, en bronzes d’une rare beauté. Elle en possède, même certaines espèces qui ne

proportions «le cuivre et d’étain trouvées par les analyses des bronzes ne sont que des approximations à 1 prés; qu’elles ne correspondent point exactement à celles des métaux fondus ensemble; qu encore aujourd'hui aucun fondeur ne peut répondre qu'en fondant 90 portions de cuivre cl 10 d'étain, son alliage ne présente à l’analyse des écarts de 2 à 3 en plus ou en moins, et à bien plus forte raison les fondeurs de l'âge du bronze qui ne possédaient probablement pas les moyens perfectionnés de l'industrie moderne

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