ARCHITECTURE
toire : Bolérion (Pélore) et Antivestæon (à t’ opposite du feu) ;
une colonne d’Hereule sur la côte germanique', sans doute vers l’embouchure de l’Eider, qui était jadis l’entrée de la Baltique pour tous les vaisseaux marchands (p. 130).
De la Baltique nous revenons sur nos pas vers la Phénicie pour y jeter un coup d’œil sur ses édifices, que nous devrons comparer avec ceux de l’Occident.
Les Phéniciens ou du moins les Sémites de la Paltiochide et de l’Aramée ont construit de Mais murs cyclopéens en blocs informes, comme le prouvent entre autres les ruines de l'antique Balanéa (au nord d’Aradus) et celles de Sphiri (au sudd’Alep)". Les Cyclopes, qui ont donné leur nom à certaines édifices d’Asie-Mineure, de Grèce, d'Italie, d'Espagne et d’Afrique , sont pour nous une corporation sémitique (p. 76).
Je ne sais si l’Asie-Antérieure, du Tigre à la Phénicie, contient un seul édifice en blocs de formes diverses, en polygones, taillés et ajustés avec soin. Les murs phéniciens sont en blocs énormes, quadrangulaires, taillés en bossage, selon l’expression de M. de Saulcy 5, et disposés par assises régulières.
Les salles des palais chez les Phéniciens, comme en Assyrie, avaient leurs murailles révètues de feuilles de bronze ou même d’or, et ornées en bois précieux ou en ivoire.
A en juger par les ruines de la Jérusalem de Salomon, les Phéniciens auraient connu, non seulement l’encorbellement, mais la voûte circulaire. Dans l’encorbellement, tantôt ils laissaient subsister les saillies angulaires des pierres superposées, tantôt ils les faisaient disparaitre et taillaient les pierres en voussoir.
Leurs colonnes étaient ou égyptiennes et doriques", ou as-
1 Tacite, Germ. 34.
* Petit Radel, Monuments cyclopéens, p. 118. 201. — C. Ritter, 1. 17. p. 1703.
* Art hébraïque, p. 117.
* ld. 177. 183, etc.
LES PHÉNICIENS
syriennes et ioniques à volutes, à cornes de bélier', ou carrées d’un ordre inconnu *. Celles qui ornaient leurs temples, étaient d’or et d'émeraude à Tyr, de bronze à Cadès (comme celles du temple de Salomon).
Les temples les plus anciens étaient hypèthres, taillés dans le roc vif ; au milieu de la cour on ménageait un immense monolithe, qui était ou le piédestal de la statue du dieu ou l’autel. D’autres temples étaient couverts, comme ceux de l’Egypte, avec lesquels ils avaient plus d’un point de ressemblance. Enfin, les Phéniciens, qui cependant vivaient tous dans des cités, avaient, comme de vrais nomades, des chapelles portatives reposant sur des roues *, et Sanchoniathon nous apprend qu’à Ryblos on promenait le grand dieu de la cité sur un char attelé de bœufs.
Les dieux étaient représentés dans les temples par la colonne ou par le cône plutôt que par la statue. Le temple portatif de Sidon avait pour symbole de la divinité deux triangles, qui, sur les médailles, sont dessinés à la babylonienne (p. 193) et surmontés d’un anneau ou d’une sphère. A Emése le soleil était adoré sous la forme d’une pierre conique. La Vénus de Paphos est figurée tantôt par un cône tronqué, tantôt par un cône avec deux rudiments de bras et une forme de tète, surmonté du croissant lunaire et de l'astre solaire. Ce cône, qui est presque un homme, deviendra en Libye la figure qu’on appelle à tort V adorant'. L’Isis Pharia voilée (p. 244) est le type des monnaies de Byblos.
Parmi les animaux symboliques des Phéniciens et des Tyriens nous nommerons la colombe de Vénus, le poisson, le lion qui se voit grossièrement sculpté sur quelques édi-
1 Du Saulcy, id., p. 231, 252.
1 Id. 157, etc. — C. Ritter, t. 17, p. 814.
• Monnaie romaine de Sidon.
* D’après Raoul-Rochelle l'adorant se verrait déjà sculpté sur la quatrième pyramide. — Je ne sais d'ailleurs si cet archéologue n'a pas réuni à tort l'adorant, la croix ansée et le thau. La tige droite de la croix exprime une autre pensée que le triangle ou cône solaire de l'adorant.