RÉSUMÉ
dans le golfe Massienique (au sud de Carlhagène), un sol aride et désert où furent jadis de nombreuses villes phéniciennes ;
le fleuve Tader dont la contrée avait été autrefois habitée par les Phéniciens;
le nom de la cité d'Hema;
l'Alébus, privé de ses riverains;
Héméroscopium, inhabitée, le sol couvert par l'eau dormante d'un marais;
les emplacement déserts de Hylaetés, Hystra, Sarna et de la fameuse Tyriché (peut-être Tariché, la ville où l’on salait le poisson), vers l’embouchure de l’Ebre ;
vers le mont Sillus, Lébédonlie, jadis florissante et qui n’était plus que le repaire de bêtes sauvages;
Salauris et l’antique Callipolis aux hautes murailles ; l’une et l'autre avaient disparu;
au nord de Tarracone et de Barcino, Cypséla, dont il ne restait aucun vestige ;
par delà les Pyrénées, l’opulente cité de Pyrène, où les Massaliotes venaient souvent faire leurs échanges de commerce.
Les quelques pages qui précèdent, nous font sentir l’ignorance où nous sommes sur l’histoire de la métallurgie et de la civilisation des anciens Espagnols. Nous avons indiqué deux civilisations indigènes : celle des Turdétans, essentiellement poétique et littéraire, et celle des Ibères, tout industrielle, et nous pouvons compter en outre six ou huit peuples étrangers qui ont apporté à ces deux races primitives leurs mœurs, leurs arts, leurs sciences : les Phérésiens, sémites de Libye; les Phéniciens, sémites d'Asie ou d’Afrique, arrivant de Sidon vers l’Ebre à l’est, de Tyr, sur la côte sud, de. Carthage à l’angle sud-est; les Celtes, à demi-barbares ; les Etrusques, les Grecs et les Romains. Sous l’action complexe de ces races étrangères, quel a été le développement des indigènes? ont-ils eu un âge du brouze avant leur âge du fer et de l’acier? leurs bronzes étaient-ils à l'al-
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liage normal de 10 °/0 d’étain? ce sont là des questions que nous laisserons sans réponses.
Un mot seulement en finissant sur l’histoire des mines en Espagne. Elle comprend quatre périodes : a) la période antéhistorique des mines de cuivre en Asturie, louchant à 1 âge du silex; b) à l’âge de l’étain et du bronze, la période où les Sidoniens à dater du quatorzième siècle et plus tard les Tyriens obtenaient à bas prix des indigènes, qui n’en connaissaient pas la valeur, l'argent et l’or gisant à la surface du sol; c) la période où, « longtemps après,» lorsque les Carthaginois étaient les maîtres du pays, les Ibères entreprirent de très-grands travaux pour exploiter les mines, et acquirent ainsi de grandes richesses; d) enfin, celle des Romains avec leurs malheureux esclaves et avec leurs puissantes vis d’Archimède et autres machines ingénieuses*.
1 Diod. 5, 35-38. — A quelle date a été fondée, près de la cité sidonienne de Calagurris, la Calagurris flbularensis? Les liliulcs qu'on y fabriquait. étaient-elles en bronze ou en fer?
TROISIÈME CHAPITRE
tes Gaules.
Vers l’ère chrétienne, les Gaules, qui sont la terre des plus beaux dolmens et des menhirs les plus élevés, étaient habitées par des peuples de race celtique. L’histoire avait bien gardé le souvenir de leurs migrations les plus récentes, et la légende, celui d’un dieu phénicien, d’un Hercule, qui, en leur donnant une métropole, avait déposé dans leur sein le levain de la civilisation. Mais la tradition se taisait sur leur berceau, que la science moderne n’a point encore retrouvé. Elle sait seulement qu’ils appartenaient à la grande famille japhélique des Aryas, et une ancienne hypothèse, qui jouit d’une faveur générale, fait des Cimmériens, auxquels on attribue les dolmens du Caucase, les ancêtres des peuples qui passaient naguère encore pour avoir seuls élevé des mégalithes. Les Cimmériens auraient franchi rapidement les plaines de la Russie méridionale et de la Pologne sans y laisser aucune trace de leur présence. Ils se seraient arrêtés en Silésie où reparaissent leurs dolmens, et de là ils se seraient portés vers l’Elbe-Inférieur, où ils se seraient partagés en deux bandes. L’une, celle des Teutons, ou des Germains et des Scandinaves, aurait occupé les contrées maritimes des Frises, du Holslein et du Mecklembourg, le Jutland, les îles Danoises et la Scanie. L’autre bande, celle des Celtes, ou des Gaëls et des Cymris, se serait épanchée sur la Belgique, sur la Grande-Bretagne et l’Irlande, et, dans les Gaules, sur une zone comprise entre l'Océan et le Rhône. Mais les découvertes toutes récentes des géologues et des antiquaires ont compliqué singulièrement le problème des origines celtiques et teutonnes : les terrains quaternaires ont livré des outils en pierre antédiluviens; une race iucon-