‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 181 sur 254 · AGE DE RENNE · texte numérisé non relu

AGE DE RENNE

dre de succession et sur la Traie nature des couches à outils de pierre qui représentent l’âge du renne. Ici le diluvium rouge est inférieur au gris, là c’est l'inverse. Ici les dépôts sont séparés les uns des autres par des myriades de siècles ; là ils sont le produit d’un seul et même cataclysme. De leur côté, les archéologues trouvent les outils tantôt distribués dans une série de couches, les plus grossiers dans la profondeur, les haches polies vers la surface; tantôt confondus dans un unique et mince dépôt, qui est la couche superficielle et végétale. Les peuplades de l'âge du renne auraient donc, dans la même contrée et à quelques lieues de distance, franchi les premiers degrés de l’industrie en un temps fort court et en un temps d'une longueur démesurée1.

b) L'opinion commune place le déluge historique entre l’âge du mammouth et celui du renne; mais on vient de découvrir un dessin de mammouth dans une caverne de ce second âge, et il devient difficile de ne pas transporter avec M. Troyon* le déluge entre le renne et l’urus.

c) L’hypothèse de M. Troyon explique comment les artistes de l’âge du renne, qui dessinaient sur des bois ou des os de ce quadrupède les ligures de toute espèce d’animaux, disparaissent subitement avec l'âge de l’urus et du celt. Mais d'autre part on a signalé dans les immenses et très-nombreux ateliers d’outils en pierre (trente dans la Vienne, cinquante dans la Seine-Inférieure) un progrès lent et continu de la pierre grossièrement taillée à la hache polie et aux tètes de lances les plus élégantes.

Nous noterons que dans les cavernes de l’âge du renne, on a trouvé :

parfois dans la même grotte, des crânes humains du type

' Voyez MM. Brouillet et Meillet, Epoques antédiluvienne et celtique du Poitou ; — Lartet, dans la Itecue archéologique ; — des Moulins et de Gourgue, pour la Dordogne; Belgrand, pour le bassin de la Seine, dans les Matériaux de M. de Mortillet.

* Ce n'est pas abuser de la confiance que me témoigne M. Troyon. que de consigner ici à l'avance son opinion; car son Mémoire paraîtra sans doute avant ce volume.

LES GAULES

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le plus noble el d'autres qui diffèrent peu de ceux des Esquimaux ;

un poignard en os fait pour une main beaucoup plus petite que les nôtres;

des valves de cardium perforées, qui attestent que les habitants de la France centrale étaient en relations avec ceux des côtes de la mer.

I .'âge de l'urus et du celt est représenté : en Suisse, par de très-nombreuses stations lacustres; dans les Pyrénées, par les cavernes de l’Ariège ; dans la France centrale et occidentale, par la couche superficielle des cavernes du renne et par les anciens dolmens.

Les populations de cet âge possédaient déjà la plupart de nos animaux domestiques', cultivaient l’orge et le froment el tissaient en lin plusieurs étoffes plus ou moins grossières. Les débris de ces étoffes n'ont été jusques ici retrouvés que dans les lacs suisses et italiens de la chaîne des Alpes. Mais nous ne saurions admettre que la civilisation y fût plus avancée que dans les chaudes et riches vallées de la France centrale. Or la vallée du Lot, où les cavernes à silex taillés sont très-nombreuses, était la patrie des Cadurces dont les toiles de lin étaient très-estiinées à Home vers Père chrétienne. Nous supposerons donc que la culture de cette plante textile et le tissage de ces toiles occupaient déjà les habitants d'une partie des Gaules à l’âge reculé du celt.

Les seuls indices d’un commerce lointain sont: certaines haches en néphrite des Alpes (d’après M. de Mortillet), en

1 Entre autres, deux races de bêtes à cornes, l'une grande et l'autre petite, «pii se trouvent mentionnées dans Tacite (Ann. 4, 72), à propos d'un impôt prélevé sur les Frisons. L’âge des relis n'est certainement pas séparé du temps de Tacite par des milliers de siècles. — J'ajoute avec M. Relier (sixième rapport) que, dans certaines parties des Apennins, on fabrique les vases d'argile exactement d'après les mêmes procédés qui étaient en usage chez les habitants des palatines, et qu'un harpon en bois, d’une forme étrange, trouvé à Robenhausen, est tout pareil à ceux qu'emploient aujourd'hui les pécheurs de l’Arve. prés de Genève.

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