II. ACE DU BRONZE
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Le* métaux. Les tombeaux. Les mégalithes, et division géographique des Gaules.
Sur les bords de nos lacs romands, le cuivre pur est entièrement inconnu et l’âge du bronze a sans contredit succédé- immédiatement et brusquement à celui de la pierre. Nous croyons qu’il en a été de même en France. Au moins les objets en cuivre pur y sont fort rares; il n'en est d'ailleurs aucun qui ait été trouvé dans un gisement tel qu’on dût nécessairement en conclure son antériorité au bronze et l’existence intermédiaire d’un âge du cuivre; plusieurs au contraire sont gallo-romains et postérieurs à notre ère (p. 137); enfin, il n’est pas prouvé qu’ils ne contiennent point une proportion quelconque d'étain.
Dans l’état actuel de nos connaissances, il existait dans les limites des Gaules trois foyers de fabrication de bronzes: notre Suisse romande ou l’Helvétie occidentale, le Périgord ou le pays des Pétrocoriens, et l’Armorique.
Nous expliquons les origines de cette industrie: dans notre Suisse, par le commerce des Tyriens du Rhône; chez les Pétrocoriens, par le voisinage des Sidoniens de la Biscaie; dans l'Armorique, par les flottes marchandes de ces mêmes Sidoniens et par celles des Gaditains.
' Desor, p. 26-28.
’ Trovon el Desor pour la Suisse romande: et, pour la France, Fournet, Alex. Bertrand, de BonsteUen, Brouillet (p. 197), Richard et Hocquart (p. *17): M /(moires des Antiquaires de France; Reçue archénloqique ; de Lnnguemar. Compte rendu du cnmjris scientifique de Fohtena q-le-Comte ; Moite (p. 17) ; Weiss.
LES GAULES
Au reste, d’après les écrivains anciens, dont les récits se rapportent, il est vrai, aux siècles moins reculés de l’âge du fer, les Gaulois étaient singulièrement riches en objets en or, et leur premier âge du métal était peut-être encore moins un âge du bronze qu’un âge de l’or.
Les tombeaux appellent ensuite toute notre attention. A l'époque qui nous occupe, ils sont ici d'immenses tumulus à chambres sépulcrales, là des tertres peu élevés avec de petites chambres; ici des dolmens à auge, là des fosses; ici des puits, des silos qu’on dirait sémitiques (p. 82), là des urnes déposées en terre. Les faits sont tellement nombreux et en apparence si contradictoires, que l’archéologie n’a encore hasardé aucun système sur la chronologie des- tombeaux celtiques dans les Gaules. Nous croyons:
1° que le mode de sépulture le plus ancien a été l'inbumation, soit dans le tumulus, soit dans le dolmen à auge, soit dans la simple fosse, soit dans le puits;
2° que l'inhumation s’est maintenue dans certaines localités pendant l'âge du bronze; car on connaît des tumulus à chambres sépulcrales et des fosses renfermant des bronzes et des squelettes1;
3° que l’incinération a succédé à l’inhumation sans révolution violente et par une lente transformation des croyances et des mœurs. En Bretagne, la crémation est si répandue qu’on la prendrait pour l’unique et primitif mode de funérailles; mais les ossements brûlés reposent sous des lumulus comme le font au Poitou les squelettes inhumés.
4“ Avec le bronze et l’incinération, le tumulus s’abaisse, sa chambre se rétrécit et le tertre apparaît. Cette espèce de tombeaux n’a point été encore l’objet d’études spéciales. On cite des tertres où les débris des corps brûlés sont accompagnés, non plus d’objets en bronze, mais déjà d'objets en fer. Dans la Suisse occidentale , ce n'est qu'avec l’âge du fer qu'apparaissent le tertre et la crémation.
1 Wcis?. p. 658.