‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 207 sur 254 · LES SORLINGUES · texte numérisé non relu

LES SORLINGUES

les armes indigènes étaient en trop basse estime pour être déposées auprès de la dépouille mortelle des chefs et des rois.

Nous savons que les objets en verre comme ceux eu ivoire, trouvés dans ces tombeaux, sont d’origine gauloise (p. 338).

Nous ne pouvons passer sous silence ce que Strabon, Pline cl Tacite disent de la richesse de la Bretagne en or, en argent et en plomb. Les mines de plomb du Derbyshire et du Northumberland auraient été exploitées déjà par les Phéniciens, si Eboracum est bien la ville sémitique du plomb (p. 102). Ces mêmes mines l’ont certainement été pendant la domination romaine, et sous celle des Anglo-Saxous qui recouvraient de plaques de plomb de vastes édifices, et qui exploitaient en outre les mines de fer des comtés de l’ouest. Pendant l’Heptarchie , la Bretagne, non seulement passait pour être plus riche en métaux précieux que les Gaules, mais était nommée à cause de son or, non sans quelque emphase, « le trésor de l'Arabie »*.

Nous quitterons la Bretagne par la Cornouailles et les îles Sorlingues pour passer en Irlande.

Les îles Sorlingues sont les Cassitérides. Elles ont aujourd’hui peu d'étain et l’on n’y découvre que de rares et faibles traces d'anciennes mines. Mais des barruws, des cairns, des pierres oscillantes, des dolmens, des granits creusés en bassins avec des ciseaux de métal, et des édifices que la mer a détruits et dont on aperçoit les ruines à la marée basse, attestent une antique et longue période de prospérité que le commerce de l’étain peut seul expliquer.

Les îles Sorlingues doivent leur nom aux Silures qui habitaient la Cornouailles. Ces Silures sont venus d’Espagne, d’après les témoignages concordants de Tacite et d’Aviénus (p. 1 19), ainsi que d’après leurs vêtements noirs et d’après

1 Lnppcnbcrg, Histoire de l' Angleterre, t. 1, p. 622 (en allem.).

LA GRANDE-BRETAGNE

leurs bateaux de cuir. Ces bateaux, pareils à ceux sur lesquels les Lusitaniens traversaient les marais et les fleuves débordés*, rappellent ceux de l’Euphrate décrits par Hérodote et ceux du Tigre figurés sur les bas-reliefs assyriens. Ils sont aujourd’hui encore en usage, sous le nom de coracles, en Irlande, dans le pays de Galles et dans quelques contrées de l'Angleterre. Ils l'étaient naguère en Suède au lac Mœlar. Ils diffèrent peu de ceux des Esquimos*.

Les mégalithes des îles Sorlingues et ceux de la Cornouailles sont si nombreux que nous les expliquons, comme ceux des Osismiens, des Vénètes, des Pictons,- des Santons, par la civilisation que le commerce phénicien de l’étain a fait naitre sur les côtes européennes de l'Atlantique. Les noms antiques des caps de la Cornouailles (p. 308) marquent la présence de Sémites sur ces côtes, et de nos jours encore, les descendants des Silures allument des feux de joie au solstice d’été selon les rites des religions orientales. Il serait d’ailleurs très-intéressant de rechercher quels rapports il y a entre les monuments de la Cornouailles, et les Stonehenge qui en sont peu distants et qui étaient un des grands centres du druidisme. Ces relations étaient sans doute toutes semblables à celles qui unissaient et séparaient l’Armorique et le pays des Carnutes.

Cependant les Silures n’étaient probablement pas les seuls Ibères qui se fussent établis sur les côtes occidentales de l’Angleterre et confondus avec les Celtes indigènes. Dans Pile d’Anglesey, peuplée d’habitants courageux, les soldats romains se virent un jour avec effroi en présence de druides qui vomissaient contre eux des imprécations barbares, et de femmes telles qu’on peint les Furies (p. 120), velues de noir et des torches dans les mains*. Anglesey ou Mona passait pour être le berceau et le tombeau de Hu, le dieu suprême.

1 st ration, 3, 3. 7.

* Nilsson, Supplément, p. 16 et suiv.

* Tac., Ann., 14, 29.

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