‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 208 sur 254 · GAULES ET IRLANDE · texte numérisé non relu

GAULES ET IRLANDE

R. Irlande'.

Civilisation mi-indigène, mi-sémitique comme celle des Gaules. i° Age de la pierre : les Gaëls ou Némèdes ou Scots; religion ; mégalithes ; crémation ; crannotjr*. — 2° Age du bronze. Les Danaan forgerons. Simon Rrec , galicien et phérésieu. Fingal et les Finii ou Phéniciens delà Biscaie; cOron, fer de l'Ebre; lamentations funèbres; manteaux noirs à capuchon. Religion sémitique; rois; dieux, fêtes du feu, sacrifices humains; déesses; Cabires. Cérès et Proserpine, Plie sacrée. Dieux d'origine douteuse. Cairns de New-Grange et de Dowth, religion sanguinaire, ténébreuse, liby-phénicienne. Les Tours Rondes, œuvres des Phérésiens. Ambre; or; bronze; épées; cuivre; pierres précieuses. Anneaux-monnaies, manillas. — ô° Age du fer. Statues. Mégalithes des trois âges, leurs traits distinctifs; foyer de la civilisation irlandaise. Disparates de cette civilisation; ses lois; sa religion, sa duree, son déclin; sa renaissance pur le christianisme.

La Gaule explique l’Irlande. L’une et l'autre se sont élevées avant 1ère chrétienne à un assez haut degré de civilisation, et l une et l’autre ont eu pour maîtres des Sémites. Mais la civilisation de l’Irlande semble avoir été moins métallurgique et industrielle que celle des Gaules, et la puissance de l’influence orientale et du développement national a fermé l’Irlande au druidisme briton, qui s’est au contraire propagé dans toutes les Gaules. D’ailleurs, les bronzes de l’Irlande, qui pour le nombre et pour la beauté ne le cèdent même pas à ceux du Danemark, sont de provenance étrangère comme ceux de la Grande-Bretagne et comme les belles épées de la France.

La plus ancienne population de l’Irlande, celle de l’dge de pierre, est de la race celtique des Gaëls. Nul autre peuple celtique n’a plus tard envahi l’ile et asservi ou refoulé les indigènes.

Les traditions irlandaises, que nous avons étudiées avec plus de zèle que de succès, sont extrêmement confuses. Elles

* Ail Pictet. Du culte des Cabires chez les anciens Irlandais. — Histoires île l'Irlande par Th. Moore, par Leland, par Gordon. — Donop, Mone, Herm. Muller. — Surtout Celtica de DielTenbaeh (en allem.) — Annales de Philosophie chrétienne. 1840.

L1RLANDE

ont été retravaillées par les moines et les érudits, qui, en voulant les réduire en un système, les ont altérées et y ont introduit d’insolubles contradictions. En les contrôlant et redressant par la linguistique et l’archéologie, nous arriverons, avec Eckstein, à diviser l’histoire de l’Irlande en trois périodes, que nous identifierons avec les trois âges de la pierre, du bronze et du fer, et qui vont nous offrir une série de phénomènes analogues à ceux de l’histoire des Gaules.

1° Age de la pierre, et des Gaëls primitifs, pasteurs et agriculteurs.

Les Celtes qui ont habité l’Irlande déserte, n’onl gardé aucun souvenir de leur arrivée. Ils figurent dans les traditions sous le triple nom de Gadhèles, de Némédes, c’est-à-dire de Saints, de Consacrés aux dieux (p. 304) et de Seots ou Scythes, c’est-à-dire A'archers (scuit). Ils adoraient, comme les Gaulois (p. 339), le Soleil, sous le nom de Grian qui se retrouve chez les Celles de l’Ecosse (Apollo Granus) et du Khin; en seconde ligne, la Lune, Ré, Eire; puis les sources et les bosquets. Ils élevaient des mégalithes comme tous les autres peuples celtes. Il est fort remarquable que des centaines de tombeaux appartenant non-seulement à l’âge du bronze, mais à celui de la pierre, contiennent des preuves manifestes de la crémation, tandis qu’on a des exemples de l'inhumation pendant l’âge du fer*.

2° Age du bronze et des colonies étrangères, sémitiques et espagnoles, que les traditions connaissent sous les noms deTuatha de Danaan, de Finn et de Simon Brec*.

Les Danaan étaient des forgerons et des magiciens, tels que les Telchines, les Dactyles, ou les Korrigs (p. 31 5). Us venaient de l’est; les traditions disent : d’Ecosse, de Danemark ;

1 Les crannoges ou îles faeliccs do l'Irlande, qui étaient encore habitées au XVIe siècle, n’ont qu'une ressemblance éloiguée avec les villages lacustres de la Suisse, qui appartiennent la plupart à l'âge de la pierre et dont aucun n'a survécu à la domination romaine.

1 II existe de singuliers contrastes entre les traditions des Irlandais et celles des Cymris. Les premiers ont vu arriver chez eux des Espagnols et point de Gaulois; les seconds des Gaulois et point d'Espagnols.

Page 1