ANTIQUITÉS PHÉNICIENNES
des Agathyrses, des Gothins et des.Noriques, qui se fait connaître à nous par certains produits d'un caractère très original.
Recueillons d’abord les indices de la présence des Sémites en Pannonie, ou du moins de leur commerce avec ce pays. On a trouvé en Transylvanie un vase en miniature, à roues et de bronze. Des vases de ce genre servaient au culte, comme le prouvent ceux, tout pareils, du temple de Salomon (p. 191). Mais le culte avec lequel Hs étaient en une complète harmonie, était celui des Phéniciens, dont les idoles et leurs chapelles étaient portées sur des chars (p. 264). Nous ferons donc venir de Sidon et de Tyr par le Danube en Transylvanie le culte que suppose ce vase, et que nous poursuivrons bientôt jusques au Mecklembourg.
Un poignard en bronze trouvé récemment à Neustadt (près de Vienne), a la poignée très-petite, la lame pyramidale (p. 187) et des ronds concentriques pour ornements (p. 232). Cette arme est orientale et sémitique.
Un casque en bronze trouvé en Hongrie a, comme le vase à roues, vivement excité l’intérêt des archéologues par sa ressemblance avec le casque mecklembourgeois de Dobbertin. Il serait fort curieux de les comparer avec ceux de Cilli, et comme on a découvert jusques en Valachie une inscription euganéenne sur un collier en or, il faut laisser une large porte ouverte à l’influence de la civilisation italiote sur la Pannonie.
Que cette vaste et riche contrée ait eu sa métallurgie indigène, c’est ce que prouvent ses celts et ses handberge.
Les celts se distinguent par la variété de leurs formes (p. 224), leur grandeur et leur beauté. Il en est de semblables à ceux des lacs romands. Mais il importerait de les comparer à ceux de l’Etrurie et à ceux du Mecklembourg.
Les handberge des archéologues allemands sont des bracelets dont les tours en spirale autour du bras se terminent aux deux bouts par un enroulement concentrique formant rosace et couvrant le haut de l’avant-bras d’une part, le poignet et la main d’autre part. On dirait bien moins un objet
LES BOIENS
de parure qu'une arme défensive. Les handberge ne se retrouvent que dans le Mecklembourg, qui ne se peut donc séparer de la Pannonie. Mais il existe des fibules à immenses spirales en Silésie, en Bohême, dans le Brandenbourg, dans la vallée de la Saale, et nous sommes tenté de diviser, à l’âge du bronze, la Germanie en deux moitiés, l’une orientale à grandes spirales, l’autre occidentale, où ce motif d’ornementation, sans être inconnu, n'a point été l’objet d’une prédilection aussi extraordinaire.
La Pannonie aura passé, comme la Norique, de l’âge du bronze à celui du fer, pendant lequel elle aura d’abord imité les philippes de Macédoine, puis subi par la conquête l’influence de la civilisation romaine.
D. Le» Boiens.
Les plaques irisées et les attendes; datant du cinquième siècle; originaires de Bohême; leur région.
Les philippes d'argent de la Dacie nous permettent de fixer approximativement la date des plaques irisées (p. U5), monnaie en argent et en or des Celtes, les Boiens, qui ont habité la Bohême pendant les six siècles antérieurs à l'ére chrétienne.
Elles sont rondes et concaves comme certaines monnaies grecques et ilaliotes très-anciennes. Les unes n’olïrent aucune empreinte. Sur les autres on voit certains symboles phéniciens, siciliotcs, celtiques, te^sque l’anneau et le triangle, même la triquètre et la grenade; ou les images du soleil, de la lune et des étoiles; ou enfin un cheval dont le dessin rappelle celui des monnaies gauloises ; jamais de figures humaines. D'autres monnaies plates et d’argent, qui ont les mêmes types, ont reçu le nom d ’astêrides. Les plaques irisées trouvées à Podmokl dans un vase, étaient d’or, pesant toutes ensemble 80 livres, les plus légères un quart de ducat, les plus grandes 2 */* ducats. Sur notre route de Landshut au lac de Constance (p. 306), à Gangers (Fried-