‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 228 sur 254 · LES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX

des trois âges (et c’est M. Weinhold lui-même qui la constate) nous parait de nature à ne laisser aucun doute sur l'identité des races qui ont travaillé la pierre et les métaux. Nous dirons donc que l'histoire des sépultures païennes en Allemagne est celle des transformations qu’ont subies les croyances des Germains sur l'étal des âmes après la mort. Les tombeaux sont devenus de plus en plus petits, bas, insignifiants, à mesure que ces peuples se préoccupaient plus du présent, oubliaient plus promptement leurs morts et les faisaient monter plus directement au ciel avec la fumée du bûcher.

pieds de hauteur, de 100 de circonférence ; vastes chambres sépulcrales ; squelettes avec couteaux de fer, urnes, etc. i hors de la chambre, mais dans le lumulus, couteaux de fer, agrafes de bronze et d 'argent, colliers de perles du verre et de cristal de roche, boucles d’oreilles de rarnéole.

SIXIÈME CHAPITRE

Le Nord oa la province de la Baltique

Difficultés du sujet. — Le chronomètre des SIloudioosc. — L'ambre danois. Le détroit de l'Ëider. Les métaux et le sol de la Scandinavie.

Dans les pays qui entourent la Baltique et tout spécialement dans le Danemark et le Mecklembourg, les antiquités des trois âges ont été recueillies, étudiées, classées avec tant de soin, et les archéologues Scandinaves sont arrivés par leurs patientes et exactes recherches à les embrasser dans une vue d’ensemble si simple et si précise, qu’on devrait, semble-t-il, pouvoir les relier sans grande difficulté à l’ethnographie européenne, à l’histoire authentique du sud et de l’ouest de notre continent, à celle fort récente de la Scandinavie. Mais il n’en est point ainsi, et les hypothèses les plus différentes ont été proposées par les Worsaaë, les Sleenstrup, les Nilsson. La faute en est surtout aux écrivains grecs et romains, qui gardent un silence presque complet sur la Scandinavie, et aux traditions nationales (sayas) où l’âge du bronze n’a pas laissé la moindre trace de son existence. Cet âge, naguéres encore complètement inconnu, ne se rattache aux mythes du Nord que par celui des Vanes, et à l’histoire authentique de l’antiquité que par quelques lignes de Tacite sur les épées des Gothons et les vaisseaux des Suions.

Cependant l’archéologie a découvert, pour la Scandinavie, dans les skoumoose, de vrais chronomètres des temps antéhis-

1 Lisch (p. 3), Worsaaè, Nilsson, Redslob . Luhbock. — J. Grimm, Mythologie allemande, 2 vol., el Histoire de la langue allemande, 2 vol. (en allem.). — Geyer, Histoire de la Suède.

LES SKOUMOOSE

toriques. Les marais présentent des enfoncements fort singuliers, où l'on distingue trois couches d’arbres superposées l'une à l’autre. A en juger d’après le silence des témoins oculaires, aucune des trois ne frappe l’observateur par sa très-grande ou sa très-petite épaisseur, et nous devons admettre qu'elles occupent toutes à peu près le même espace dans la hauteur totale. La couche inférieure est formée de pins et l’on y trouve de nombreux objets en silex sans cuivre, ni bronze, ni fer. Au-dessus sont des chênes avec des silex et des bronzes. Les chênes sont recouverts par des hêtres qui croissent aujourd’hui encore dans la contrée et qui recèlent entre leurs lits des bronzes et des fers. En supposant, assez gratuitement, que les conditions de la vie végétale n’aient pas changé depuis l’apparition de l’homme, on a calculé qu’il a fallu quatre mille ans pour produire ces enfouissements avec leurs tourbes. Telle serait donc la durée, très-approximative, de l'histoire de l'homme dans le Nord, et l’âge de la pierre ne comprendrait point un nombre de siècles beaucoup plus considérable que l’un ou l’autre des deux âges subséquents. Ces calculs concordent si exactement avec la chronologie profane et sacrée qu’on aimerait à les voir contrôlés par des savants de l'école de Lyell, qui se complaisent dans les périodes de cent mille ans.

Avec les écrits que nous avons sous les yeux, il nous est impossible de détacher l’histoire de l’âge du bronze de celle des deux autres âges. Mais, avant que de résumer les faits archéologiques et d'en tenter à notre tour l’explication, nous voulons rappeler, d'abord, la distribution géographique de l’ambre sur les côtes de la péninsule danoise et l’hypothèse d’un ancien détroit de l'Eider (p. 130); puis, ajouter quelques mots sur la nature du |sol et les richesses métallurgiques de la Scandinavie.

Le Danemark n’a ni or, ni argent, ni cuivre, ni étain ; mais ses marais sont fort riches en fer, son unique métal. Quant à la Suède, une de ses provinces s’appelle lernbâraland, le pays qui produit le fer, et ce royaume abonde nonseulement en un fer excellent, mais en cuivre, en plomb et

LA NORD-EUROPE

en argent. On pourrait croire que le fer y a été exploité dés les temps plus anciens, lorsque, en lisant les sagas, on les voit faire mention fréquemment des nains-forgerons de race finnoise et des épées finnoises, donner au Vulcain Scandinave, Volundr, pour père un roi Qnnois des frontières de la Suède propre, et parler du géant Jarnsaxa, le llocher de Fer, ou des géants qui habitent la forêt de fer, les Jarnwidiur. Mais ces sagas se rapportent à des temps beaucoup moins reculés qu’on ne serait tenté de le croire au premier abord ; il n’existe aucun indice d’anciennes exploitations des mines de la Suède, et l’histoire positive nous apprend qu’elles ont toutes été ouvertes pendant le moyen âge et à une date assez récente.

Le Danemark est une terre basse, sans rochers, et par conséquent le menhir y sera fort rare et le cairn y est impossible, tandis que la Suède et la Norvège, très-riches en rocs et très-pauvres en terre végétale, élèveront peu de tuinulus et une foule de bautasteine et d’enceintes en grosses pierres.

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