LES BRONZES
de longueur, sont, comme celles des terres celtiques, remarquables par la petitesse de la poignée et par la perfection du travail , tandis que d'autres sont assez grossières et ont de grandes poignées. Des poignards, courts et larges, ressemblent d’une manière frappante à ceux des Romains. Nous ne parlerons pas des rares pointes de lances et de flèches , ni des faucilles, ni des couteaux, ni même des rasoirs aiguisés au marteau comme nos faux (p. 3 IC); ni des fibules, qu’on a cru provenir de Rome, ni des bracelets, ni des colliers, ni des épingles à cheveux. Mais nous noterons comme propres à cette province du Nord : les fameuses handberges, qu’on dit ne pas exister ou être fort rares en Danemark (p. 393); les haches de guerre fixées à une hampe en chêne de trois à quatre pieds de long, et munies d’une courroie (p. 45); les miroirs, brillants et fort bien polis, à l’alliage de 20 % d’étain ; les loures, trompettes recourbées, de plusieurs pieds de longueur; des casques dont le plus connu est celui de Dobberlin (p. 393), des boucliers ronds et le fameux vase à roues de Peccatel, près de Schéwrin. Ce vase, de bronze battu, large, bas, armé de deux anses doubles, est supporté par un cylindre dont les quatre pieds reposent sur des essieux très-arqués , reliés l’un à l’autre par deux pièces pareillement arquées. Les quatres roues de bronze coulé ont chacune quatre rais. L'alliage est 87,20 cuivre, 12,76 étain. Des fragments d’un vase pareil ont été trouvés en Danemark, d’autres en Transylvanie (p. 393) et le modèle en est phénicien.
Les bronzes du Nord ont pour ornement favori la spirale, simple, double, diversement combinée; puis, le cercle, la roue à quatre rais, l’arc, le zigzag et le rbombe. Toutes ces figures nous sont bien connues par les antiquités de l’Irlande (p. 377), des Gaules (p. 317 et 308), de l’Etrurio (p. 232), de la Phénicie (p. 261) et de l’Assyrie (p. 197).
De ces différents ornements on croit que le plus ancien est la spirale; qu’à la spirale s’est plus tard ajouté le cercle, et que la fin de l’âge du bronze s’annonce par certaines lignes ondulées et compliquées qui annoncent les arabesques
LA NORD-EUROPE
de l’âge du fer. Il esl à peine nécessaire d’ajouter qu'aucun bronze n'offre la représentation d’êtres organiques.
Ces bronzes sont la plupart coulés. Quelques vases sont faits au marteau de feuilles très-minces. Ce dernier procédé n’est devenu général que dans l’âge du fer, après qu’on eût appris l’art de forger ce métal. La soudure est inconnue.
L’incrustation semble n'avoir pas été entièrement étrangère à l’âge du bronze : les restes d’un vase en bronze fondu étaient incrustés d’une substance noirâtre.
Il ne faut d'ailleurs pas s'exagérer l’usage qu’on faisait du bronze pendant le deuxième âge. Les objets de parure, certains vases sacrés, les épées et les poignards, les boucliers elles casques, les faucilles étaient bien en bronze; mais les autres instruments d’agriculture, les outils des métiers, les armes de jet étaient en pierre à fusil. Les poiutes de flèche en bronze sont très-rares; des armes en silex gisent dans les tombeaux avec des épées en bronze et des objets de parure en or, et c’était avec des haches, des scies, des ciseaux, des couteaux en pierre que les indigènes construisaient et leurs maisons et leurs vaisseaux.
Les objets en bronze sont dans la Nord-Europe, comme en lrlande(p. 382), accompagnés d’un très-grand nombre d’objets en or. Ce sont des diadèmes, des bracelets et des bagues en spirale, des coupes, des urnes funéraires. Le travail en est fort beau, et l’ornementation du même style que celle des bronzes. D'ailleurs, ces ouvrages sont en feuilles minces et légères, et non en or massif. Ils n'ont point encore été l’objet d'une étude spéciale.
Les verreries du deuxième âge sont d'une teinte bleuclair (p. 200) et d’origine étrangère. Elles disparaissent avec le bronze.
Le célèbre vase à roues de Peccatel était enfoui dans un tumnlus qui renfermait trois cellules ou chambres voûtées.
- Près d’un autel ou gisaient les restes d’une victime humaine, se voyait un vase muré qui en avait rei;u le sang. Ce tumnlus nous remet en mémoire le cairn de New-Grange (p. 377).