‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 235 sur 254 · TOMBEAUX DE L ACE DU BRONZE · texte numérisé non relu

TOMBEAUX DE L ACE DU BRONZE

caisses avec squelettes inhumés et urnes cinéraires, comme aussi avec bronzes et silex. Les anciennes mpeurs se maintenaient à côté des nouvelles.

La géographie de l’âge du bronze diffère peu en Scandinavie de celle de l’âge de la pierre et ne fait qu'en élargir quelque peu les limites. Dans les îles et la péninsule danoises, que la primitive population a fini par occuper tout entières, les tertres sont aussi nombreux à l’intérieur du pays que vers les côtes, où ils se mêlent aux tombeaux de l’âge précédent (p. 413). En Scanie, qui est plus danoise que suédoise, on les rencontre en grand nombre jusqucs à une distance de plusieurs lieues de la côte ; mais le Bleking est resté plus fidèle à l’inhumation que les contrées avoisinantes. Ces mêmes tertres sont assez rares en Vestrogothie et en Smaland. Toutefois ils franchissent les limites de l’âge de la pierre et vont se perdant vers le lac Mœlar et dans le nord de l'Upland. Ils sont pour ainsi dire inconnus en Norvège, qui est restée presque déserte jusques à l'âge du fer. On n’y a trouvé jusques ici que deux objets en bronze , un celt et une épée.

Œland et Gothland possèdent plusieurs tombeaux de l'âge du bronze. La Finlande ne parait pas en avoir; cependant sur ses côtes sont des armes en bronze. L’Esthonie, la Livonie, la Courlande sont excessivement pauvres et en bronzes et en tertres. Ceux-ci sont peu fréquents, malgré l’ambre, dans la Prusse orientale et occidentale (p. 132. 403); mais ils abondent dans la Poméranie et surtout dans le Mecklembourg, qui rivalise à cet égard avec le Danemark et avec l’Irlande. Les tombeaux de ces pays allemands avec bronzes ont de deux pieds de hauteur verticale jusques à vingt-cinq et trente pieds, et les plus petits sont une voûte en pierres brutes, recouvertes d’une mince couche de terre. Ces tombeaux hémisphériques, qu’aucune pierre-levée ne surmonte ni n’entoure, se retrouvent, d’après M. Liseh, de la Scandinavie jusques sur les plateaux de l’Allemagne méridionale, et depuis le bassin de la Vistule jusques en Ecosse et jusques aux Pyrénées. Ce sont ceux des Germains, que Tacite nous a dé-

LA NORD-EUROPE

crits (p. 403), et ceux des Gaulois de l’âge de l’incinération et des urnes (p. 300).

Au reste, dans le Mecklembourg comme en Scanie, l’incinération n'était point pendant le bronze l'unique mode de sépulture. Dans une tourbière de ce pays étaient enfouis plusieurs cercueils en bois, dont l’un, plus intact que les autres, contenait le corps d’un homme armé d’une de ces célèbres épées de bronze à petite poignée. De haute taille, il était vêtu d'une chemise de laine ample et descendant aux genoux, d’une espèce de tablier large d’un pied, long de six, entouré autour de ses jambes comme le kilt écossais , de souliers de laine et d’un bonnet de laine. Il avait auprès de lui un très- petit rasoir en bronze , un peigne , une corne à boire et un coffret en bois de bouleau recouvert de laine. La laine était tordue en fils épais comme celle des draps trouvés en Suisse dans le lac de Pfæffikon.

Cette sépulture dans des troncs d’arbres évidés n’est point particulière au Mecklembourg et à la Baltique (p. 403). Elle était usitée chez les Suèves de l’Allémanie ou les Souabes, et en 1331 Intériano trouvait au Caucase chez les Circassiens la coutume de déposer les corps dans un tronc fendu par le milieu, creusé des deux côtés et refermé.

Les bronzes de notre province Baltique se distinguent eutre tous par la constance de leur alliage, par leur nombre, par leur beauté, par leur variété, par leur caractère oriental, ainsi que par la foule d’objets en or auxquels ils sont mêlés, et par l’absence absolue de tout objet en argent. Le fer est excessivement rare. L’ambre est beaucoup plus fréquent que le verre.

Les bronzes du Nord sont uniformément à 90 cuivre et 10 étain, sans ces immenses écarts que nous ont offerts les bronzes romands et gaulois (p. 316). On cite à peine quatre objets en cuivre avec 1,16 ou 1,66 seulement d’étain.

C’est par centaines que l’on compte les épées en bronze, entières ou brisées, qu’on a retirées en Danemark des tourbières et des tombeaux. Ces épées, qui n’ont pas deux pieds

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