AGE DU F EK
Tombeaux, baulasldne, pierres miiiquc* et bas-relief». I.imilo géographiques des tombeaux. Leurs antiquités.
Odin et son peuple. L’hypothèse reçue. Leur histoire authentique. Leur métallurgie ; mythe de Volundr.
En Danemark et en Scanie, où l’âge «lu bronze a subsisté, «lit-on, jusques vers l’an 700, on a trouvé à peine une dixaine d'épées en fer. La Suède-Moyenne, au contraire, et la Norvège qui n’ont ni antiquités de l'âge de la pierre , ni antiquités de l’âge du bronze, sont très-riches en tombeaux de l’âge du fer (les Æltehôgar) qui appartiennent aux siècles du paganisme ou d'Üdin et «le Tbor.
Ces tombeaux sont la plupart de terre et très-bas, les autres de pierre et [«lus élevés ; sans chambres sépulcrales, mais avec des caisses oblongues en pierre, contenant les restes de corps incinérés. Ils sont entourés d’enceintes de blocs ou de piliers comme ceux de l'âge de la pierre, et celle coïncidence, reliant le premier âge au dernier, nous confirme dans la pensée (p. il 5) que la race qui élevait les Tombeaux des géants , était bien Scandinave comme le sont les Suédois et les Norvégiens. Les enceintes de leurs tombeaux ont la forme d’un cercle, d’un ovale, d’un carré, d’un triangle, d'un vaisseau. Parfois elles n’entourent aucun tertre, et le corps a été déposé dans une fosse dont rien ne trahit la présence : ce sont ces enceintes dont on aurait fait à tort des cercles de justice (domanringar) ou des lieux de sacrifice (p. 63).
Prés du tertre, rarement à son sommet, se dresse un bautustein (p. oO), un cippe informe, qui parfois avait été amené à grand'peine de très-loin, et <|ui par sa hauteur frappe les regards quand les pierres de l’enceinte échappe-
LA NORD-EUROPE
raient à la vue. C’était, disait-on, Odin qui avait ordonué d’honorer par ces pierres-levées les héros, comme aussi de livrer aux flammes leurs dépouilles mortelles.
Quelques bautastein ont des inscriptions runiques; mais on ne parvient pas à les déchiffrer. Elles sont écrites en un alphabet particulier, très-ancien, que les Anglo-Saxons ont employé en Angleterre, et qui serait ainsi d’origine germanique et non Scandinave *.
Sur des rochers de granit sont d'informes bas-reliefs, qui sont de l’âge du fer d’après la forme particulière des épées qui y sont dessinées. Ce sont des bateaux à la poupe et à la proue d’égale hauteur comme ceux des Suions et des basreliefs de Willfara, les uns avec, les autres sans mâts; des armes, des chars, des animaux, des chevaux (ceux des Suéthans de Jornandès), des bœufs, des cerfs, des oiseaux.
Les tombeaux de l’âge du fer sont très-fréquents vers le centre de la Suède propre, le long des côtes de la mer, dans les Iles Aland et dans celle de Gothland. Us sont déjà fort rares : au sud du lac Mælar, ou vivait à demi-sauvage une population mélangée de Goths et de Swearn; au nord de
‘ De toutes les hypothèses qu'on a émises sur les runes, la plus plausible est celle qui en attribue l'origine aux Goths antérieurement h leur dispersion. Ainsi s'explique comment une inscription runique en Valachie est écrite avec les mêmes lettres qu'une autre au Kaltégat. Cet alphabet gothique a été remanié par Ullilas chez les Visigoths du Bas- Danube, tandis que près de son berceau il aura été adopté par les Anglo-Saxons, qui l'ont emporté avec eux en Angleterre et l'y ont complété. — Par l'ordre de ses lettres et la forme de plusieurs d'entre elles l'alphabet runique est une création originale des Goths. Mais elle a été provoquée par la connaissance qu’ils ont eue d’alphabets étrangers. Plusieurs des lettres sont par leur forme et même par leur nom grécophéniciennes; ce qui ne peut surprendre, puisque des médailles grecques du cinquième siècle ont été trouvées vers la Vistule(p. 132), sans parler de l'alphabet grec dont faisaient usage les Helvéticns au temps de Jules-César. Parmi les runes suédoises, il en est deux au moins qui ont été empruntées à l'alphabet ogharn des Irlandais; d’autres sont latines. — D'ailleurs on compte 5000 pierres runiques en Suède, 100 en Norvège, moins de 200 en Danemark. Le très-grand nombre sont postérieures ii la conversion des Scandinaves à la foi chrétienne.