‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 32 sur 254 · CHINE ET JAPON · texte numérisé non relu

CHINE ET JAPON

Hégion du bronze et de l’acier, où la métallurgie a traversé toutes les phases de sou développement normal.

a) Les Chinois ont eu d'abord leur âge de la pierre. En étudiant leurs deux cents hiéroglyphes primitifs, on voit qu’ils ne possédaient aucun métal, quoiqu’ils eussent neuf à dix espèces d'armes, et aujourd'hui encore le nom de la hache s’écrit avec le caractère de la pierre comme pour rappeler la matière dont les haches étaient faites autrefois. Peutêtre découvrira-t-on même en Chine des pierres druidiques, comme le pensait M. Ed. Biol4.

Mais ce qui est fort remarquable, c’est que la race thibétaine des Miao-tsé, qui sont les plus anciens habitants de la Chine, et que les cent familles refoulaient devant elles, avaient, dès les temps les plus reculés, des armes (coutelas et haches) en fer, d’après les traditions de leurs vainqueurs eux-mêmes. Ces traditions’, dont on pourrait contester l'antiquité, se trouvent confirmées par le tribut en fer et en acier que les peuplades des frontières thihétaines de la Chine payaient à l’empereur mythique Yu, vingt siècles, dit-on, avant l'ère chrétienne.

b) Dès les temps de Yu, les Chinois connaissaient déjà tous les métaux ; mais ils ne travaillaient ni le fer, ni l'étain.

1 Mémoires delà Société des antiquaires de Franre, vol. 9. 1818. ! Chou-King, I. 4, in line.

Leur deuxième âge a été celui du cuivre pur, de l’or et de l'argent.

c) L’étain abonde en Chine, vers l’est, sur une zone méridienne comprenant le Chantong, le Kiang-Sou et le Kiang-si. Il abonde pareillement dans le Tonkin, dans la Cochinchine, dans le Laos, à Siam, à Bornéo, dans les sables de la presqu'île de Malacca et dans file de Banca, où l’on suppose, sans raison, que les Phéniciens venaient le chercher.

Sous la dynastie des Tclièou (1123- 247 avant Jésus- Christ), ou du moins vers la lin de celte longue période, les Chinois étaient en plein âge du bronze. Ils exploitaient leurs mines d’étain, et l'alliaient au cuivre selon six proportions diverses: */» pour miroirs; pour pointes de flèches; '/s pour épées, */* pour lances, '/s pour haches; ‘/s pour cloches et marmites1. Ces proportions sont fort curieuses, parce qu’il n'en est aucune qui soit celle de notre bronze antique. La métallurgie des Chinois est donc entièrement indépendante de celle de notre monde ancien, en particulier de celle de l’Assyrie, et comme l’histoire de la civilisation pivote en quelque sorte sur celle de la métallurgie, la nation chinoise a grandi par elle-même dans une région complètement isolée du reste de l’Asie.

Au temps des Tchéou on faisait déjà usage d’armes de fer dans un royaume tributaire du nom de Thsou. Mais, à mon sens, la population du Thsou était formée de Miao-lse sinisés.

Les documents me manquent pour tracer l’histoire ultérieure de la métallurgie chinoise. Aujourd’hui encore l’unique monnaie de l’empire du Milieu est de bronze, et elle est moulée et non frappée. L’alliage de ce bronze varie sans doute beaucoup ; nos chimistes l’ont trouvé de 10 portions d’étain et 90 de cuivre. Comme cette même proportion existe pour des monnaies indiennes, et qu’au premier siècle de notre ère on exportait d’Egypte en Inde des monnaies de l’empire romain qui avaient ce même alliage, il est permis

' Trhenu-li. !.. 16. fa). 33 et I. 41

8“ CHINK F.T JAPON

«if* supposer une influence médiate de la métallurgie occidentale sur la monnaie de la Chine. D’ailleurs, l'alliage ordinaire du bronze est de */«. soit 40 étain, 60 cuivre : on dirait un débris de l’antique industrie des Tchéou. Les instruments de musique nommés gong-gong sont formés, d’après plus de vingt analyses, de, 80 cuivre et 20 étain ; quatre tam tam ont donné pareillement 78 cuivre, 22 étain. Pour les miroirs et pour Jes ustensiles de cuisine, les Chinois ajoutent au cuivre et à l’étain le zinc, nous ne savons dans quelle proportion. Parfois aussi ils remplacent le zinc par le plomb : un gong-gong a donné à l’analyse 67,23 cuivre, 11,28 étain, 21 ,47 plomb. Les tam-tam et les gong-gong sont formés de disques très-minces d’un bronze qui est cassant comme le verre, mais qui, par un effet singulier de la trempe, devient ductile et se laisse forger au marteau. Tout semble indiquer qu’en Chine, comme dans notre empire du bronze, les progrès de l'industrie du cuivre ont été marqués par le nombre croissant des métaux alliés : d'abord cuivre pur ; puis cuivre et étain; et enfin cuivre, étain et plomb, ou cuivre, étain et zinc. Comme les Chinois n’ont pas notre laiton et qu’il possèdent d’autres alliages inconnus à notre Occident, tels que le toutenngue, qui est étain et bismuth, il est évident que si leur système de monnaie s’est quelque peu modifié sous l’action lointaine de Rome, ils n’en ont pas moins poursuivi leur développement propre et indépendant.

d) De l'âge du bronze ils ont passé à celui du fer. Il se fait aujourd’hui parmi eux une prodigieuse consommation de ce métal. Les ouvrages en fer battu, comme les lances, sont médiocres; les vases en fer fondu sont meilleurs.

e) Le Japon, dont toute la civilisation est issue de celle de la Chine, est entré dans l’âge de l’acier, qui est le cinquième et dernier. Les épées d’acier japonaises surpassent, dit-on, celles du monde entier. Le fer en est préparé par un procédé tout pareil à celui des anciens Espagnols.

RÉGIONS Al TRES QUE CELLE OU BRONZE

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