‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 81 sur 254 · ACE DU BRONZE CISALPIN ET TRANSALPIN · texte numérisé non relu

ACE DU BRONZE CISALPIN ET TRANSALPIN

par le commerce ses bronzes el ses vases sur les plaines du Pô.

Les bronzes transapennins nous fournissent, par leur ressemblance avec les bronzes transalpins, l'époque approximative de l’âge du bronze en Autriche, dans la Sud-Allemagne, dans la Suisse romande.

Les bronzes de nos lacs suisses, comme ceux du Pô, ne sont jamais mêlés à des monnaies romaines, gauloises, massaliotes. Ils sont donc, comme eux, antérieurs à l’art étrusque, el l'industrie qui les produisait, a cessé avant la fondation de Marseille et l’an (iOU, ou du moins avant que le commerce de cette cité phocéenne se fût étendu jusques au Léman.

Si l'âge du bronze dans le bassin du Pô doit son origine aux Philistins de l’Adriatique, nous croyons que sur les rives des lacs romands il date du commerce que les Phéniciens, les Tyrieus, faisaient à l’embouchure du lUiùne et dans sa vallée. Leur Mi-lkarth ou Hercule les a conduits dans ces contrées à une époque fort reculée, qui a probablement précédé même la ruine de Sidon, et nous pouvons ainsi supposer que, dans la Suisse romande, où ils n’auront pénétré que plus tard, l’âge du bronze est compris entre le douzième ou onzième siècle et le sixième ou le cinquième.

Les traces de fonderies et les barres d'étain trouvées dans la Suisse occidentale démontrent qu’une partie au moins des bronzes était fabriquée dans le pays même. Le cuivre de ces objets, d’après le nickel qu’il contient, venait d'Arnavasso (p. 93) et des localités voisines qui donnent aujourd’hui encore des minérais nickelifères de cuivre , et dont les gîtes ont été exploités à une époque très-reculée, comme le prouvent les restes d’antiques travaux*. Mais l’étain, d’où arrivait-il à nos fondeurs?

Ce n'étaient pas les Phéniciens qui le leur fournissaient, car le nom de kasdir n'a pas franchi l'Adriatique (p. 103). L’Occident ne connaît pas ce métal sous un autre nom que

* I) après SIM flrauus et Gerlach. ingénieurs. (Lettre de M. de Fellenberg).

IÆ COMMERCE DE l.'ÈTAIN

celui qu'il porte en cymri et en irlandais (p. 104). L’étain parvenait donc directement de la Cornouailles, à travers les Gaules, sur les rives de nos lacs, d’où il arrivait avec l’ambre par le bassin du Pô à la grande cité d’Adria.

La configuration des Gaules imposait à ce commerce de l’étain trois routes T celles de la Garonne, de la Loire et de la Seine. La dernière était la plus directe. La première, qu’avaient frayée de fort bonne heure les Phéniciens, était la plus ancienne. La route moyenne n’a probablement pas été fréquentée pendant l’âge du bronze.

Cet âge étant tout entier enveloppé dans les obscurités des temps antéhistoriques, nous aurons recours, pour l’éclairer, aux renseignements les plus anciens que les monnaies gauloises peuvent nous fournir sur le commerce transalpin de l’étain, et nous conclurons du troisième siècle au douzième.

La Suisse occidentale abonde en monnaies des Santons et des Calétes.

Les Santons, dont le nom vit encore dans celui de la Saintonge, devaient, par leur situation sur la rive droite de la Gironde, avoir une large part au commerce de l’étain qui leur arrivait de la Bretagne sur les vaisseaux des Phéniciens et bientôt après sur ceux des Vénètes de l’Armorique. Si au temps de Pline les Germains apportaient en personne l’ambre de la mer du Nord dans la Pannonie, les Santons ont fort bien pu, pendant les dix et quinze siècles antérieurs à l’ére chrétienne, transporter eux-mêmes leur étain jusques en Helvétie. Leurs monnaies y sont si nombreuses qu’on a fini par supposer qu’elles étaient celles des Helvéliens et non des Santons. Les relations que le commerce de l’étain avait établies entre ces deux peuples si éloignés, devaient être bien intimes et dater d’un temps bien reculé pour que les Helvétiens, «le peuple le plus considérable de toutes les Gaules, » quand ils abandonnèrent sous Orgétorix leur patrie, aient eu l’intention de s’établir chez leurs amis de la Gironde *.

1 J. César, H. Gallie., 1, 3 et 10. — Dans notre Suisse romande, on

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