LES CALÉTES DANS LA SUISSE ROMANDE
Les Calètes, dans le pays de Caux, occupaient sur la rive droite de la Seine et ù son embouchure une position identique à celle des Santons sur la Gironde. Comme eux aussi, ils firent du commerce de l’étain leur grande affaire. Leurs médailles sont sans contredit les plus remarquables de toutes les Gaules. Elles le sont, d’abord, par leur immense extension : elles se trouvent éparses non seulement en Angleterre, en France, en Suisse (où, près de Soleure, un champ de deux arpents en est comme jonché), mais dans la Souabe, dans la Bavière et jusques dans la Bohème. Or il nous parait que, les Calètes étant situés à peu de distance de la Britannie, qui ne livrait au commerce pour ainsi dire que de l’étain, l’étain rend le mieux compte de l'extraordinaire diffusion de leurs monnaies. On pourrait même, sans beaucoup de difficultés, par la direction des chaînes de montagnes et par leurs passages, tracer les diverses routes par lesquelles ce métal arrivait du pays de Caux, d'une part, au pied des Alpes, d’autre part, aux Sudètes. Nous ajouterons que, si le nom celtique de l'étain est parvenu de bonne heure par la Garonne aux Romains, ce même nom se sera répandu par les Calètes chez les Germains et par les Germains chez les Slaves (p. 1 04).
Sur les monnaies des Calètes abondent en outre les symboles phéniciens, qui sont fort rares sur les monnaies des autres peuples gaulois : la roue, le croissant, le triangle, l’ancre, le couteau du sacrifice, etc., et les figures d’hommes et d’animaux y sont dessinés dans un style qui est le trait caractéristique des cylindres babyloniens. Nous voyons dans ces particularités étranges les preuves des antiques et intimes relations que les ancêtres des Calètes avaient soutenues avec les Sidoniens de la Biscaie et les Tyriens de Cadix. D’autre part, ces mêmes Calètes ont été très-tôt en rapport avec les Massiliens par la Seine et le Rhône ; car leurs mon-
donne le nom de chirons aux tas de foin sur les prés fauchés. Le terme est celtique ; niais étymologiquement il s’entend des monceaux de pierre, et c'est le sens qu'il a dans la Saintonge (p. 55). Les Santons lauraient-ils importé avec leur étain dans nos contrées?
lit)