‹ L'Age du romantismeChapitre 10 sur 18 · CAMILLE ROGIER · texte numérisé non relu

CAMILLE ROGIER

lèrent néanmoins, et, lo (('iveaii tout plcia d'étonnemcnt, les sens de volupté, le carnet de dessins, l'artiste regagna son hùtcl cl raconta son extraordinaire aventure.

Rogier courut chez l'ambassadeur, qui voulut tenir du lirros lui-même les détails de la rencontre et l'invita à dîner. La colonie française n'avait pas souvent h s'amuser d'une histoire de ce genre vraie. La dame, dont le mari élait en mission Èi l'étranger, était de bonne condition. Le plus souvent, ces intrigues s'échangent entre voyageurs qui mentent et juives que l'on paye. Rogier fut félicité et envié.

Un Arménien demanda à l'arlisle le portrait d'une personne de sa famille, l'installa

Ponraitde Camille Rogier par C. Vuillitr, d'après une peinture de Gabriel Ferrier.

chez lui ; Camille Rogier étant un homme du meilleur monde, spirituel, gai, et travailleur solide, fut pris en affection particulière, et eut la commande d'une grande peinture religieuse, une Adoration des Mages, pour la chapelle de la maison.

Trois ans après, Camille Rogier, accablé de commandes de portraits, d'aquarelles, etc., était encore à Constantinople. C'est là qu'un beau soir, Gérard de Nerval, descendu d'un bateau qui le ramenait d'Egypte, vint frapper à sa porte. Il était allé en Egypte en compagnie d'un jeune homme qui devait fonder, à Paris, un journal. 11 avait été laissé en route. Il arrivait avec une pile de bagages renfermant surtout des curiosités banales, des paniers. Il demeura deux années sous le toit de M. Rogier.

Camille Rogier n'est plus apparu aux Salons français qu'avec les lithographies d'un ouvrage dont les événements de 1848, avec les préoccupations qu'ils suscitèrent, entravèrent la mise en vente. L'ouvrage, de format in-folio, avait pour titre: La Turr^itie, mœurs et usages des Orientaux au xix" siècle. Scènes de leur vie intérieure et publique, harems, bazars, cafés, bains, danses et musique, coutume levantine, etc., dessins d'après nature par Camille Rogier, avec une introduction par Th. Gauthier [sic). Première partie (le chiffre

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Par.iu-au peint par Camille Rogier sur les L..,.^...

en lurc du sultan). Paris, Sartorius: Gide et C'% H. Bossange, Giraut frères, 1848. (L'ouvrage avait été imprimé par Lemercier, à Paris, en 1847.)

A propos de ce livre Th. Gautier écrit :

« ... Ainsi, tour à tour, on verra passer en feuilletant ce recueil toutes les scènes de la vie mystérieuse et contemplative de l'Orient. Les Européens parlent beaucoup de poésie, les Orientaux la mettent en action. A peine débarqué à cette échelle de Top-Khané qui forme ce frontispice, vous êtes déjà en pleine couleur locale; vous donnez un dernier regard au Caidjis, dont les vêtements brodés et les chemises de soie à manches flottantes brillent sous un rayon de soleil; et, dès les premiers pas que vous faites dans ces étroites ruelles, vous vous trouvez au milieu d'une population fourmillante d'Arméniens, de Grecs, de Turcs d'Europe et d'Asie, d'Albanais, d'Ioniens, de Persans et d'Arabes, — vrai bal travesti en plein jour, Babel d'i<lionies, où le cardinal Mezzofanti trouverait des interlocuteurs pour

CAMll.Ivi; IKXilHH. 9

toiilcs les langues (|n'il sail. Vcms iHos coudoyés par des Harnais qui vous cric-nl : fiare ! »

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