‹ L'Age du romantismeChapitre 12 sur 18 · L^^ JOLIE FILLE · texte numérisé non relu

L^^ JOLIE FILLE

Altelu Dii l'ommes d'Eve, Ilisloires débraillées, etc.

.Nombreuses ilkislrations dans le texte et couverture on couleur, par L. Galice. Prix. 3 fr. 50

LIBRAIRIE ROMANTIQUE Ed. MoNxNIER et C•^ Éditeurs, 1, Rue de l'Odéon

PARIS

Si t. l'Ago ilii Roiiuiiitisiiic^ " i)Oiit ètio considéré comme clos en tant que période militante, il ne cessera de longlem]» oDcore de provoquer l'intérôt et de donner lieu ii des travaux rétrospectifs.

(Vest à dessein (]ue nous employons ce mot <( l'Age » du Romantisme. La science s'en sert pour désigner les espaces <1ans le temps, dans lliisloire des sociétés qui n'ont de limites précises ni par un avènement lirusque, ni par un épuisement «oniplet, mais dont les juTUves d'une floraison distincte sont certaines. Gelni-ci prend rang entre 18i0 et 1840 sans que l'on puissi- le rattacher aux dernii-res années du xvui= siècle et sans que les auteurs actuels les plus marquants en ]iuisseiit être isolés, malgré leur dénégation.

1-e llomanlisuie. pour employer la dénomination courante, n'a pas soulevé en France, en Europe, que des négations Inrihondes, des admirations passionnées, des rires amers. Il a été, dans le sens général, le drapeau des bataillons de innie l'armée qui comballil le bon combat contre la bastille académique et la bourgeoisie nouvellement enrichie. Sans èln- éciissonné aux armes d'un parti, il était aux couleurs de la Révolution dans ce qu'elle avait hérité du libéralisme du xvni' siècle. Sans se grouper étroitement, tout ce qui marchait à laffranchissement des formules surannées et gènante< dans les sciences, les arts, la littérature, marchait de près ou de loin sous ses plis.

L'œuvre que reprend aujourd'hui la librairie Monnier n'est donc point une œuvre de dilettantisme pur, mais de ri'liabililalion. Le programme est vaste. Il intéresse tous les esprits qui considèrent la France comme toujours eu mesure de marcher en tète des peuples pacifiques et de proposera l'esprit humain des formes originales d'idéal nouveau. Dans l'action commune que nous signalions plus haut, comme s'étant manifestée au sortir de l'empire et à la chute de la ISeslauration. i! faut noter bien des courants divers et bien des figures. Pour nombrer tout ce qui s'est peint, sculpté, ju-ofessé. pensé. joué, orchestré, dessiné, lâché de mots spirituels et brûlé de poudre, il faut aller de Delacroix à Barye, de Halzac à Hugo, de Berlioz à Frédérick-Lemaitre. de Lamennais aux Saiut-Simonieus, de Geoffroy Saint-tlilaire à Ilàspail, di- Théodore Rousseau à Froment Meurice, des philhellènes à l'abolition de la traite, de Michelet à Sainte-Beuve, de r.éleslin Nanteuil à Daumier, de Rvberl le Diable au perron de Tortoni. Toutes les énergies et toutes les grâces, toute< les éludes et toutes les fantaisies, toutes les raisons et toutes les jeunesses ont eu leur heure, leur place, leurs amis, leur Julie, durant cet <■ âge » où la vie n'avait pas les âpres tourments des jours qui se sont suisis.

La ■• Librairie Romantique •>. pour assurer l'unité dans la direction de cette vaste entreprise, la confie à M. Philippe liurly pour la rédaction de la partie artistique et la poursuite des documents qu'elle nécessite : reproduction de portraits, suites rares ou en étals inconnus titres de romances ou décors de théâtre caractéristiques, tableaux oublic-s, etc. M.Burty s'allachera à représenter le talent des maîtres peintres ou des vignetlistes, des sculpteurs ou des caricaturistes, dans la pi>riode où ce talent s'exerçait avec impétuosité et ne faisait point de concessions. Un peu de folie se mêle parfois à la loi romantique; l'ombre s'oppose aux lumières avec une précipitation farouche. Mais cela n'est point fait — à distance et dans la période^ essentiellement pâle que traversent nos ateliers, — pour exciter la répulsion.

Le plan confié à M. Maurice Tourneux et aux collaborateurs éminents et bien informés qu'il lui sera loisible de s'adjoindre, est dans la même donnée. Les fouilles seront dirigées dans le sens d'une stricte préoccupation de remettre eu lumière des fragments d'œuvres injustement oubliées ou des figures cruellement sacrifiées.

(^,es deux séries paraîtront parallèlement, en livraisons petit in-i", sur papier fort, avec couverture et pagination spéciales.

M. Burty et M. Tourneux sollicitent des familles, des élèves, des amis survivants, la communication des document* de toutes sortes, peintures, mémoires, correspondances, renseignements bibliographiques qui pourront les aider à appuyer li'ur critique indépendante.

l'arallèlement à cette publication mensuelle, la « Librairie Romantique » réimprimera des volumes complets d'apnles éditions originales, en les commentant par l'adjonction de tout ce qui peut évoquer la présence des personnages ou des lieux auxquels il fait allusion. La Bohème galante, la plus fine et la plus riante des œuvres de Gérard de Nerval. e»t III cours d'exécution.

L'Éditelr.

Série d'études sur les Artistes, les Littérateurs et les diverses célébrités de cette période

DiREcrEuK 1.E i.A PARTIS ARTISTIQUE : Ph. BURTY. — DiiiECTEi H DK LA PARTIE LITTERAIRE : Maurice TOURNEUX

L'Age du Romantisme, format grand in-4, tiré sur très beau papier vélin, paraît par livraisons de 12 pages. Prix : 4 fr.

Chaque livraison contient une superbe gravure Lors texte, fac-similé en noir ou couleurs, des portraits, eaux-fortes, litliograpbics noires et coloriées, et vignettes romantiques rarissimes ou inconnues provenant de collections particulières.

11 est tiré pour les amateurs 30 exemplaires sur japon impérial, signés, numérotés, au prix de 10 fr. la livraison. Le souscripteur devra s'engager pour l'ouvrage complet.

Sons presse : 3* livraison, PROSPER MÉRIMÉE, par Maurice Tocrxeux. Portrait, fac-similé de dessins et d'œuvres inédites, autographe, etc. — 6' livhaison, BERLIOZ et la Musique romantique, par Gedauik. Portrait en couleur, autographe et reproduction de pièces rarissimes. — 7" et 8*^ uvRAlsOl^s, JEAN 6IGOUX, peintre et vignetlistc, par Ph. Burtv. Portrait, autographe, très nombreuses cl curicuscK reproductions en fac-similé.

8078-ST, — Co>ii(i> . Tjrp. ni »tér. Itti*

Ed. MONNIER et C'*, éditeurs, 7, rue de l'Odéon, PARIS.

MONUMENTS HISTORIQUES

DE

FRANCE

Splendide publication grand in-folio

Les Monuments historiques de France paraissent par livraisons format grand in-folio, et comprennent six planches hors texte tirées en phototypie par la maison Peigné, de Tours, avec des notices illustrées pour chacune d'elles.

Ces notices sommaires, rédigées par Henri du Cleuziou, sont ornées de lettres et de culs-de-lampe empruntés aux détails d'architecture des monuments dont il est question, ou complètent, au point de vue du pittoresque et de la curiosité, notre splendide publication, en donnant quelques illustrations intéressantes sur les vieilles villes, lieux pittoresques où se trouvent nos monuments historiques. Nous publions également, en tête des notices, les blasons et écussons, en couleur or et argent, signalés dans le texte.

Chaque fascicule est enfermé dans une magnifique couverture en couleur, tirée en chromotypographie par la maison Crété, d'après l'aquarelle de Giraldon.

Lorsqu'une époque ou un genre sera complet — Époque : xif, xiii% xvi"" siècles : Châteaux, Éghses, Monastères, etc., — un article spécial en résumera les tendances, en donnera tous les caractères.

Des tables complémentaires, que nous pubherons alors, serviront à faire un classement méthodique de toutes nos planches.

Les nécessités de notre œuvre nous forcent, jusqu'à ce classement définitif, à un semblant de désordre qui sera rectifié par la suite même de notre publication.

L'ouvrage parait par hvraisons à 10 francs. Les souscriptions sont de douze livraisons, mais peuvent, au gré des souscripteurs, être payables par trois, six ou

douze.

Il a été tiré 30 exemplaires de cet ouvrage, signés, numérotés, sur papier du Japon, au prix de 20 francs la livraison.

LES QUATRE PREMIERES LIVRAISONS SONT EN VENTE

La Cinquième est sous presse et imraïtra incessamment.

Pour conserver ces livraisons, nous avons fait confectionner un carton spécial que nous livrerons à nos abonnés ou acheteurs au fascicule, au prix de 2 francs.

PROSPER MÉRIMÉE

ComcMfiinc ftîpafliiolc rt Cljaiilntv illuiicii

y a bientôt soixante-sept ans, le 22 no- Jt| vembre 1821, M. Léonor Mérimée, secrétaire perpétuel de l'Ecole des Beaux- Arts, écrivait à son ami Fabre, fondateur à

Montpellier du musée qui porte son nom : « J'ai un grand fils de dix-huit ans, dont je voudrais bien faire un avocat. Il avait des dispositions pour la peinture, au point que, sans avoir jamais rien copié, il fait des croquis comme un jeune élève et ne sait pas faire un œil. Toujours élevé à la maison, il a de bonnes mœurs et do l'instruction. » Ces dispositions n'avaient rien qui pût surprendre de la part du fils de deux artistes, mais il est singulier qu'à cette date ses velléités littéraires fussent lettre close pour son père.

Elles ne s'étaient poini révélées d'ailleurs pendant le cours de ses études. Fils unique, choyé par la tendresse maternelle la plus prévoyante et la plus attentive, habitué avoir tout céder devant ses caprices, n'ayant jamais connu les rigueurs de l'internat, il avait grandi en même temps que ses trois cousins Frcsnel. Au collège Henri IV il se distinguait déjà de ses camarades par l'élégance de sa tenue, sa précoce connaissance de l'anglais et aussi par cette écriture régulière et rapide que Carstairs avait mise en vogue de l'autre côté du détroit et qui était alors à peu près inconnue ici. A ces trois particularités se bornait à peu près, il est vrai, sa supériorité naissante. Dans le palmarès de 1817, le seul que j'aie pu voir, je constate que Prospor Mérimée, do Paris, avait obtenu en troisième un cinquième accessit de version latine, et il n'y avait pas à inférer de ce mince triomphe la certitude d'une vocation déterminée; mais à peine ses humanités achevées et ses inscriptions prises à l'Ecole de droit, Mérimée revenait de lui-même aux sources vives et s'adonnait simultanément à l'étude des langues anciennes et à celle des langues vivantes : « Je continue à apprendre avec Mérimée la langue d'Ossian, écrivait J.-J. Ampère, en janvier 1820, à Jules Bastide; quel bonheur d'en donner en français une traduction exacte, avec les inversions et les images naïvement rendues ! »

Les pastiches de Macpherson lassèrent sans doute bien vite cette admiration juvénile et, deux ou trois ans plus tard, Mérimée s'était si bien assimilé non seulement le style, mais le tour d'esprit de Byron, qu'il pouvait écrire cette sorte de poème en prose absolument inédit :

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