ACTE DEUXIÈME i
JULIA
Soudaineté?... Qu'est-ce?
BERTHE
Je venx dire subitement.
JUilA.
Ah!... oui!...
BERTHE
Et avec d'autant plus de violence qu'elle avait été plus longtemps contenue, sa jeunesse a fait une sorte d'explosion tardive... un véritable coup de foudre! Ce garçon posé, ce travailleur sédentaire , cet époux modèle est devenu tout à coup, ]e plus jeune des hommes mûrs, le plus dissipé des savants, le pins invisible des maris. A vingt ans, il en avait trente-cinq... à trentecinq il en a vingt.
JULIA
Je sais, je sais... mais pourquoi me dites-vous tout cela?...
C'est que la cause dje tout cela, c'est vous, madame.
JULIA
Oui...
BERTHE
Oh! la cause involontaire, j'en suis sûre, car vous ne pouvez savoir ce qui se passe. Il n'en est pas moins vrai que pour vôtre société, pour vos plaisirs, pour vous, enfin, quoique à votre insu, le pauvre garçon déserte sa maison, ses études, ses devoirs et que vous êtes sans le savoir, l'auteur d'une situation qui menace de devenir déplorable. Ma marraine, en effet, est exaspérée ; après la douleur, la colère est venue, elle parle de séparation, sa mère l'y pouâse, et chez nous les mères...
JULIAi tonjours mtogeut set éandwichi.
Oui, je sais... les belles-mères... nous avons cela aussi chez nous, mais... Eh bien?
BERTHE
Eh bien ! madame, j*ai pris cette liberté de venir vous trouver pour empêcher ce malheur, certaine que, tout étrange que fût ma démarche, elle ne pouvait être inconvenante vis-à-vis d'une femme du monde comme vous, ni infructueuse vis-à-vis d'une honnête femme. . . comme vous.
JULIA
Oui.
Après tout ce n*est que Fun de vos adorateurs que je vous demande d'exiler, et dans le nombre le vide sera peu sensible; c*est d'ailleurs l'un des plus infimes... vous vo^ez que comme je vous le disais, c'est un véritable complot... c'est aussi une bonne action... Il s'agit d'empêcher une séparation, de réconcilier un ménage... de renvoyer ce savant à ses livres... et comme cela ne dépend que de votre générosité, j'ai eu la bonne inspiration de compter sur elle.
JULIÂ, cessant de manger.
Oai, et comment s'appelle-t-il ce savant?
BERTHE
Il s'appelle Fondre ton, madame.
JULIÀ, étonnée.
Fondreton!... c'est lui, vous êtes sûre?
BERTHE
Comment?