ACTE TROISIÈME i
DÉSAUBIERS.
Voas m*en voulez?
BERTHE
Moi!... c'est-à-dire que d'aujourd'hui seulement, je vous crois mon ami.
DÉSAUBIERS.
Qui pouvait s'attendre...
BERTHE
Ah! ne mentez pas, vous saviez qu'il était là... et je vous remercie de me l'avoir montré... Loin de vous en vouloir, je vous en suis reconnaissante... entendez-vous, reconnaissante !
DÉSAUBIERS.
Eh bien, oui, c'est vrai... Ce qui est arrivé, je l'ai voulu... J'ai voulu vous sauver de lui et de vous-même...
Br.RTHE.
Et vous avez réussi... Ah! vous avez réussi!... S'il me restait quelque confiance vague dans ses mensonges... quelque rêve confus d'oubli, de pardon, que sais-je? ah! je vous jure que c'est bien fini!... Jamais illusions folles n'ont été souffletées par un démenti plus prompt etplus outrageant.. .car elle m'a raillée cette femme. ..Elle savait qui j'étais, et elle m'a insultée, elle m'a défiée... Pour qu'il fût dit que tout en moi a été offensé par cet homme. Tout !... depuis mon amour jusqu'à ma fierté 1 Oh! je le hais! comme je le hais!... et que je voudrais donc me venger de lui !...
Elle s'assied sur le caoapé.
DÉSAUBIERS.
Alors VOUS êtes bien persuadée à cette heure qu'à force de mentir à ses serments, il vous a déliée des vôtres et qu'entre lui et vous toute réconciliation est désormais impossible ?
BERTHE
Oh!
DÉSAUBIBRS.
Voilà donc votre avenir perdu... pauvre femme! et si long encore, pourtant! Car vous êtes jeune, Berthe, bien jeune pour rester sans conseil, bien seule pour rester sans appui, tout cela vous manque avec lui et fatalement la vie vous forcera à le chercher dans un autre, (se peo.
ebaot au-des<ini d'elle et plus tendrement.) SoUVeuez-VOUS alorS
qu'il y a là, près de vous, une afifection toujours à vous, un dévouement dont parfois vous avez raillé la discrétion obstinée, mais dont vous n'avez pu ignorer l'existence ni suspecter la bonne foi, car jamais depuis deux ans il n'a un instant cessé de s'affirmer dans son ardeur comme dans son respect.
BERTHE lève les yenx, le regarde, et traDqailIement.
Oui, j'attendais cela.
DÉSAUBIERS, suffoqué, recalant.
Berthe !
BERTHE
Je savais que cet empressement à m'éclairer, ce zèle à me servir, tout ce dévouement stratégique enfin, se terminerait à quelque moment habilement choisi, par quelque déclaration prudemment audacieuse.
DÉSAUBIERS, reprenant son sang-froid
Quoi! quelle déclaration! Berthe, vous vous méprenez.
BERTHE
Ah ! ah ! l'habile homme, facile aux démentis, prompt aux volte-faces, vous reculez maintenant... Trop tard! si peu que vous ayez soulevé le masque, j'ai vu le visage.
DÉSAUBIERS.
Mais dans tout ce que j'ai dit, il n'y a pas un mot...
Dig'itized by VjOOQIC