SCÈNE IX BERTHE, DE SAUVES
BERTHE
Vous ici, monsieur ! chez moi ! Encore !
DE SAUVES, à part.
Comment la reprendre à présent?
BERTHE
Et qu*y venez-vous faire, je vous prie?... M*apporter votre justification, n'est-ce pas?
DE SAUTES
Qui sait? Peut-être vous demander la vôtre.
BERTHE
Sortez!
DE SAUVES
Tenez, madame, nous faisons fausse route. Écoutezmoi. Ohl il le faut! je vous en prie. Après ce qui vient de se passer, je comprends votre émotion, je vous supplie de comprendre la mienne. Et d'abord, sur ma foi de gentilhomme, sur mon honneur de soldat, je vous jure que je ne suis retourné chez cette femme que poussé par une colère puérile, par un dépit absurde, indigne de moi, si vous voulez, mais c'est qu'aussi vous aviez été bien dure pour moi, Berthe, ce matin, et ce qui restait en moi du vieil homme a voulu s'en venger à sa manière. Mais c'est là justement que j'ai vu combien je vous aimais... Ah! si c'est vieillir que de prendre son passé en pitié et ses plaisirs en dégoût, vous avez raison, j'ai vieilli I
BERTHE
Est-ce bien tout?
DE SAUVES
Je n'ose plus à présent vous demander de me croire, mais essayez mon repentir. Soyez généreuse. Dites-moi qu'un jour, dans un an, dans deux ans, vous me pardonnerez. Dites-moi cela, seulement cela, vous pouvez bien me laisser l'espoir? Qui vous en empêche? l'indifFérence? Mais donnez au moins à la patience de mon affection, le temps de la vaincre. Est-ce l'orgueil blessé? Tenez, voyez le mien, voyez ce que je fais du mien... (u s'agenôuiiie devant elle.) Je suis à VOS picds. Ce pardou, je vous le demande à genoux, je vous prie, je vous supplie... Alors c'est donc l'oubli? Mais ce n'est pas possible, vous m'avez aimé, je le sais bien, moi, j'ai été votre premier amour. On n^oublie pas cela! il n'y a pas de femmes qui oublient