D ARM A * COURT, DUBREUIL
DARMANCOURT.
Vous m'avez fait prier de vous attendre ; qu'avez vous à m'annoncer de si pressé, monsieur Dnbreuil?
DUBREUIL
Monsieur , c'est avec douleur que je le dis, il n'est plus temps de se taire, il faut tout déclarer....
DARMAXCOURT.
Que dites vous, tout déclarer?
DUB EUIL
L'affaire est sur le point d'éclater; les apparences vous accusent : qu'opposerez- vous aux jugcmens , à l'injure, aux clameurs ?
DARMANCOURT.
Rien Le silence et la fermeté que donne l'estime de soimême.
Malgré l'ordre de M. Germ-ville, je n'ai point compé à M. Richard les quatre cent mille francs qu'il demandait, ainsi la somme que j'ai prise dans votre caisse est encore entrâmes mains. Quant à M. Cerneville, ce n'est qu'un simple retard; on prendra des mesures.
DARMAKCOURT.
Et si je dis un mot, demain matin il suspend ses paiemens.
DUBREUIL
Et si vous ne le dites pas, vous êtes perdu ce soir même
Non , je ne puis souffrir. . . .
DAP.MANCOIRT.
Ecoutez-moi : depuis trente ans que je dois mon état, mon bien-être à Cerneville, voici la seule occasion que j'aie eue de prendre ma revanche. Je quittais le service, il y a quinze ans; je revenais chez moi blessé, réformé, sans biens ni ressources; le hasard me fit rencontrer Cerneville, mon ancien camarade de collège ; avec quelle tendresse il m'offrit un asile ! Il sollicita , il obtint, à mon insu, la place que j'occupe encore; ii fit plus, il vainquit ma répugnance pour un état aussi t 'Joigne d<j celui que j'avais embrassé. Ii m'instruisit au travail, m'aida de ses lumières, de sa bourse, enfin me traita comme un frère. Dubreuil, je lui dois ma fortune, ma réputation . ma place ; quel plus bel usage puis-je en faire que de tout sacrifier pour lui?
DVBBECU.
Monsieur, vous poussez la reconnaissance bien loin. Songez...