‹ L'Agglutination du PneumocoqueChapitre 35 sur 38 · ON · texte numérisé non relu

ON

Herpès labial, apparu il y a 8 jours.

Défervescence brusque de la température qui, de 40° hier soir, est tombée à 37°9 ce matin.

On prélève une certaine quantité de sang au niveau de la veine du coude ; le sérum n’agglutine pas le pneumocoque N, ni un échantillon de pneumocoque venant d’une pneumonie récente, mais agglutine macroscopiquement (fragments pseudo-membraneux) le pneumocoque de la gorge de la malade.

Par contre, la sérosité pleurale n’agglutine pas, même le propre pneumocoque de la malade.

Mort le 8 décembre.

Autopsie : lésions tuberculeuses (infiltration et petites excavations) disséminées dans toute la hauteur du poumon gauche.

Granulie pleuro-pulmonaire du côté droit, avec épanchement citrin d'un litre environ.

Quelques fins tubercules apparaissent sur la coupe des reins.

Os. LXXII. — Cancer œsophagien, avec fièvre. Agglutination microscopique. Autopsie : granulie pulmonaire. — R... Auguste, 58 ans, entré à Cochin, service de M. Chauffard, salle Beau, lit n° 6, le 9 décembre 1898.

Cancer de l’œsophage ; le malade séjourne trois semaines à l’hôpital, présentant une température oscillant entre 39° et 38°.

Agglutine microscopiquement le pneumocoque N ; sang couenneux.

A l’autopsie, en plus du néoplasme, qui siège au niveau de la bifurcation de la trachée, on trouve une grande caverne du sommet droit et des granulations tuberculeuses récentes disséminées dans les deux poumons.

Ons. LXXIIT. — Granulie, agglutination macroscopique du pneu: mocoque. — Lag...… Julien, 18 ans entré à Cochin, service de M. Chauffard, salle Chauffard, lit n° 4, le 5 janvier 1899.

Autopsie le 15 janvier : granulie, rate énorme, tubercules disséminés dans les poumons, le foie, les reins. Deux gros ganglions caséeux anciens, le long des vertèbres.

TE

Le sérum prélevé le 13 Janvier, veille de la mort, agglutine macroscopiquement (fins grumeaux) le pneumocoque N.

O8s. LXXIV. — Pneumonie caséeuse. — Agglutination microscopique du pneumocoque N. — Der. Eugène, 25 ans, entré à Cochin, service de M. Chauffard, salle Woillez, lit n° 12, le 11 janvier 4899.

Pneumonie caséeuse du poumon droit {deux foyers, l’un sous Vaisselle, l’autre sous le mamelon). Bacilles de Koch dans les crachats.

11 janvier. Le sérum n’agglutine pas nettement le pneumocoque N.

Le 13 et le 15, il l’agglutine microscopiquement.

Os. LXXV. — Tuberculose pulmonaire chronique. — Fièvre hectique. — Agglutination macroscopique du pneumocoque.. — D... Marie, 22 ans, entrée à l’'Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, salle Ste-Jeanne, lit n° 6, le 42 août 1899.

Tuberculose pulmonaire chronique ; signes d'excavation (amphoriques) au niveau des deux tiers supérieurs du poumon droit.

Signes d'infiltration au niveau du sommet gauche. Depuis le jour de l'entrée à l'hôpital, jusqu'au 27 août, température oscillant entre 380 et 39°, avec quelques rares périodes d’apyrexie.

À partir du 27 août, fièvre hectique, 400 4 le soir, 3608 le matin.

On prélève le sang le 6 octobre, pour pratiquer la séroréaction. Il est riche en fibrine. Agelutination macroscopique (cupule) du pneumocoque N.

Le sang de la malade, recueilli aseptiquement et ensemencé en sérum de lapin, s’est montré stérile.

Os. LXXVI. — Méningite cérébro-spinale à méningocoques de Weichselbaum. — Séroréaction pneumococcique positive. — Autopsie: engouement, à pneumocoques légitimes, du sommet du poumon droit. — Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, salle St-Christophe, homme couché au lit no 24.

Méningite cérébro-spinale ; ponction lombaire le 4 juin 1899: pus à méningocoques de Weichselbaum (4).

(1) V. Grirron, Méningite cérébro-pinale à méningocoques de Weichselbaum, Société de biologie, 7 juin 1899.

Application de deux ventouses scarifiées : sérum ensemencé âvec le pneumocoque N ; agglutination microscopique.

Mort le 5 juin.

Auropste. — En plus de la méningite cérébro-spinale, engouement du sommet du poumon droit. On pratique l’ensemencement, et linoculation à la souris, du suc pulmonaire de ce foyer. Il s’agit de pneumocoque très virulent.

Ensemencé dans le sérum du malade, cet échantillon de pneumocoque est agglutiné macroscopiquement (fragments pseudo-membra-

neux).

Os. LXXVII. — Angine aiguë, première manifestation d'une fièvre typhoïde diagnostiquée par la réaction de Widal. — Agglutination microscopique du pneumocoque AN. — Hôpital Cochin, service de M. Chauftard, femme de 25 ans, entrée salle Briquet, lit n° 24, le 22 avril 1898.

Angine avec phénomènes généraux assez accentués : courbature, asthénie, état gastrique.

L'ensemencement de la gorge en bouillon fait pousser surtout un diplocoque qui tue la souris en 36 heures : à l’autopsie, pneumocoques dans les viscères.

Réaction de Widal négative.

Séroréaction pneumococcique positive : agglutination microscopique du pneumocoque N (sérum prélevé le 23 avril).

La guérison ne survient pas; au contraire la fatigue s'accroît, l’inappétence est presque absolue.

Nouvelle prise de sang le 30 avril: réaction de Widal positive. Séroréaction pneumococcique: la propriétéagglutinante s’est atténuée sensiblement.

En résumé, fièvre typhoïde à début angineux.

Oss. LXXVIIL — Angine en voie de quérison. — Agÿglutination microscopique du pneumocoque N.— Leg... Victoire, 27 ans, entrée à l'Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, salle Ste-Jeanne, lit n° 18, le 20 juin 1899.

Angine au 3° jour, température 38°5.

Examen de la gorge : hypertrophie des amygdales, qui rétrécissent l’isthme da gosier et soulèvent les piliers antérieurs ; surface irrégulière, aspect rouge vineux ; pas d’exsudat.

Moins de douleurs que les jours précédents ; en voie de guérison.

21. — La température baisse. On prélève du sang par l’application d’une ventouse: le sérum agglutine microscopiquement le pneumocoque N.

La malade sort guérie le 25 juin.

Ogs. LXXIX. — 4mygdalite pultacée, avec herpès du menton. — Agglutination macroscopique du pneumocoque N. — Leg... Marie, 23 mars, entré à Cochin, service de M. Chauffard, salle Blache, lit n° 2, le 29 décembre 1898.

Température 38°9. Dysphagie, léger trismus, adénopathie rétroangulaire douloureuse, surtout à gauche.

Amygdales tuméfiées, se touchant presque sur la ligne médiane ; rouges, avec un enduit pultacé.

241 décembre. — Apparition de tout un groupe de vésicules d’herpès au niveau de la partie gauche de la fosse mentonnière.

Gorge : pas d’exsudat membraneux, rougeur ; trismus plus marqué, douleurs d’oreilles.

Ensemencement du mucus amygdalien en bouillon et sur gélose ; il se développe des germes variés, en particulier du streptocoque, du pneumocoque et du staphylocoque.

On prélève du sang par l'application de deux ventouses scarifiées dans la région des reins : le sérum de la malade agglutine macroscopiquement (fragments membraneux multiples) le pneumocoque N.

La fièvre tombe le 24 décembre, et la malade sort guérie le 31 dé-

cembre.

OBs. LXXX. — Amygdalite pultacée. — Angines à répétition. — Purpura il y a dix-huit mois. — Agglutination macroscopique du pneumocoque N. — Léh... Emile, 18 ans, entré à Cochin, service de M. Chauffard, salle Woillez, lit n° 25, le 18 janvier 1899.

Est sujet aux angines à répétition ; est pris de la gorge presque

tous les hivers ; en a pour une dizaine de jours de maladie, chaque fois.

A l’âge de 16 ans 1/2, à la suite d’une de ces angines, purpura d’une durée d’une semaine.

Est malade depuis le soir du 15 janvier : céphalalgie, mal de gorge.

Etat actuel, 16 janvier. Difficulté de la déglutition. Température 3806.

Examen de la gorge : amygdales hypertrophiées, surtout la droite, et parsemées de petits placards d’enduit pultacé cryptique, au nombre de 4 à droite, et de 2 à gauche.

On applique deux ventouses scarifiées ; le sang est riche en fibrine. Le sérum agglutine macroscopiquement (fins grumeaux) le pneumocoque N.

La température est normale à partir du A janvier.

Os. -LXXXI. — Angine pseudo-membraneuse. — Le streptocoque prédomine. — Agglutination macroscopique du pneumocoque N. — Syl... Mathurine, 24 ans, entrée à Cochin, service de M. Chauffard, salle Briquet, lit n° 5, le 9 février 1899.

Température 3905.

Amygdales augmentées de volume : la gauche, rouge avec un exsudat pultacé ; la droite, recouverte d’un enduit consistant, pseudomemhraneux.

Examen d’un fragment de fausse membrane : quelques leucocytes polynucléaires ; abondant fin diplocoque à grains plus larges transversalement que longs ; quelques chaînettes.

Culture d’un fragment analogue, à la surface d’un tube de sérum de bœuf gélifié. Il pousse surtout du streptocoque ; on voit de longues chainettes dans le liquide de condensation au fond du tube.

Le sang est prélevé par ventouse scarifiée ; il est couenneux ; le sérum agglutine macroscopiquement (grumeaux) le pneumocoque N.

Défervescence rapide ; la fièvre cesse à partir du 41 février.

La malade sort guérie le 21 février.

O8s. LXXXII.— Angine en voie de quérison ; agglutination microscopique du pneumocoque N. — God... Louise, 29 ans, entrée à

l'Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, salle Ste-Jeanne,lit n° 43 bis, le 7 mars 1899.

Fièvre typhoïde à 9 ans, scarlatine à 18 ans.

Rétrécissement mitral ; albuminurie.

Angine datant de 4 jours : rougeur diffuse de la gorge ; amygdales peu hypertrophiées ; dépôts pultacés intra-cryptiques.

Température 3824.

Sang prélevé le 8 mars ; le sérum agglutine microscopiquement le pneumocoque N.

La maladie semble à son déclin; au bout de quatre jours, plus trace d’albumine dans l’urine.

La malade sort guérie, le 44 mars.

OBs. LXXXIIL. — Amygdalite aiguë simple; agglutination macroscopique du pneumocoque N.— Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, femme entrée le 9 mars 1899, salle Ste-Jeanne, lit n° 10 bis.

Amygdalite érythémato-pultacée. Pas de diphtérie.

Sang prélevé le jour de l'entrée ; le sérum agglutine macroscopiquement (grumeaux très fins) le pneumocoque N.

Os. LXXXIV. — Amygdalite phlegmoneuse bilatérale, à streptocoques. — Agglutinalion microscopique du pneumocoque N. — Ca. Marie, 29 ans, entrée à l’Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, salle Ste-Jeanne, lit 8 bis, le 17 avril 1899.

Angine au 5° jour: amygdales tuméfiées, surtout celle du côté droit, exsudat pultacé cryptique ; ganglions parotidiens et sous-maxillaires hypertrophiés et douloureux, avec empâtement de l’atmosphère péri-ganglionnaire à droite.

48 avril. — 38° 6. On prélève du sang : le sérum agglutine microscopiquement le pneumocoque N.

19. — Abcès de l’amygdale droite, faisant bomber en avant la portion correspondante du voile du palais. Après gargarismes répétés, ponction de l’amygdale avec une grosse pipette : pus louable qui, au repos, laisse transsuder un sérum clair au-dessus d’une couche

de leucocytes.

A l’examen après coloration, chaïînettes longues et flexueuses,

gardant le Gram, sans capsules : streptocoque. Culture en bouillon et sur gélose : streptocoque pur.

Le 21, abcès analogue au niveau de l’amygdale gauche. Nouvelle ponction ; même résultat de l'analyse bactériologique : streptocoque. Guérison.

OBs. LXXXV. — Angine phlegmoneuse. — Agalutination macroscopique du pneumocoque N. — Del... Mélanie, 23 ans, entrée à l'Hôtel-Dieu, service de M. Dieulafoy, salle Ste-Jeanne, lit n° 7, le 8 octobre 1899. :

Amygedalite phlegmoneuse ; tuméfaction considérable de l'amygdale gauche, qui repousse en avant le pilier antérieur et la moitié gauche du voile du palais.

Trismus, empâtement gagnant le plancher de la bouche de ce côté.

Début il y a 8 jours environ.

Prise de sang par ventouse scarifiée, le 9 octobre. Le sérum agglutine macroscopiquement (fins grameaux) le pneumocoque N.

VII. — Pneumopathie due à un microbe différent, mais voisin du pneumocoque.

O8s. EXXXVI. — Pneumonie primitivement centrale. — Pas d'agglutination du preumocoque N. — L'agent pathogène diffère du preumocoque commun ; il est légèrement agglutiné par le sérum du malade. — Homme de 22 ans, entré à l'hôpital de la Pitié, service de M. Thibierge, salle Monneret, lit n° 43, le 42 mars 1897.

Le diagnostic porté est d’abord celui de pneumonie droite, n’affleurant pas la surface du poumon.

Les jours suivants, souffle tubaire dans les fosses sus-épineuse et sous-elaviculaire ; puis les signes gagnent toute la hauteur du poumon droit.

Très rapidement, la maladie prend une physionomie anormale : prostration, teint plombé, fièvre à courbe de température irrégulière, et le malade succombe,

L'examen du sérum, pratiqué à deux reprises et à plusieurs jours

d'intervalle, le 43 et le 48 mars, est négatif au point de vue de l’agglutination du pneumocoque. ;

A l’autopsie, nous trouvons des lésions absolument différentes de l’hépatisation pneumonique ordinaire : une sorte d'état nécrotique du poumon, avec, en certains points, un ramollissement du parenchyme, lequel s'effondre comme dans le processus de gungrène, mais sans fétidité du tissu ; de place en place, de gros blocs hémorrhagiques, et, d'autre part, une anémie intense du parenchyme qui détermine une coloration blanchâtre toute spéciale ; enfin, sous la plèvre, des lésions très accentuées de lymphangite sous-pleurale. Les pièces ont été présentées à la Société anatomique (4).

L'analyse bactériologique des exsudats pulmonaires a décelé un maicrobe différent, par bien des caractères, du pneumocoque de la pneumonie franche.C’est un diplocoque à grains non lancéolés, mais au contraire plus larges que longs, presque toujours en assez longues chaînettes, dont les grains sont parfois de volumes différents. Il est toujours entouré d’une capsule remarquable par un énorme volume. Dans les cultures, ce microbe conserve ses caractères morphologiques spéciaux : il se comporte sensiblement comme le pneumocoque commun, et paraît cependant d'une plus grande vitalité. Inoculé aux animaux, il a mis trois jours à tuer la souris (inoculation souscutanée), tandis qu'il a fait périr le cobaye en 2% heures (inoculation intra-péritonéale) avec des lésions de péritonite spéciale : la cavité abdominale était remplie par un exsudat opaque, blanchâtre, visqueux, agglutinant entre eux les différents viscères, recouvrant les anses intestinales d’un véritable enduit glaireux, qui, au microscope, fourmillait de chaînettes avec énormes capsules. Chez le lapin, on reproduisait ces lésions par une infection lente, de quelques jours ; la viscosité de l’exsudat diminuait au fur et à mesure que la virulence du microbe augmentait par les passages successifs à travers l'organisme des animaux. Nous avons ainsi inoculé 25 lapins et 19 cobayes, et le microbe est demeuré, après ces différents passages,

(1) Bæzancow et Ravaur, Pneumonie à microbe voisin du prneumocoque, Bulletins de la Société anatomique, décembre 1897, p. 888.

aussi distinct qu'auparavant du pneumocoque de la pneumonie franche.

Cultivé dans le sérum de lapin vacciné contre le pneumocoque N, ou de lapin fortement infecté par ce même pneumocoque, ce microbe n’y a pas été agglutiné. Il a troublé le milieu, y a poussé en diplocoques, comme il eût fait dans un sérum de lapin neuf.

Ensemencé par contre dans le sérum du malade, à lautopsie duquel il a été isolé, il a présenté une légère agglutination macroscopique : sérum très troublé par la culture; au microscope, chainettes isolées, mais très longues.

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