‹ L'Agglutination du PneumocoqueChapitre 38 sur 38 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — La propriété agglutinante apparaît dans le sérum au cours des infections expérimentales et humaines à pneumocoques.

II. — Cette propriété ne peut être mise en évidence par le procédé usuel de sérodiagnostic de Widal. Il est nécessaire, pour la recherche de la séroréaction pneumococcique, de recourir à une technique spéciale : culture à 37° du pneumocoque dans le sérum du malade, sans addition de bouillon.

III, — Si le résultat est positif, l’agglutination peut se présenter sous deux aspects différents : l’un macroscopique (cupule ou grumeaux), l’autre purement microscopique (amas ou longues chaînettes).

IV. — La valeur de la séroréaction pneumococcique est établie sur des faits expérimentaux et des observations cliniques.

Le sérum des lapins infectés par le pneumocoque présente la propriété agglutinante.

Le sérum des malades atteints de pneumonie, de bronchopneumonie à pneumocoques , de lésions pneumococciques sans pneumonie concomitante (pleurésie purulente, arthrite, endocardite), présente la même propriété.

V. — Dans la pneumonielobaire primitive, parfois la séroréaction ne devient positive qu’à la fin de la période fébrile ; souvent elle atteint son degré maximum le jour même de la

défervescence.

VI. — Dans la pneumonie secondaire (associée à la grippe, par exemple), le pouvoir agglutinatif est en général très intense ; dans le cas de pneumonie survenue au cours de la fièvre typhoïde, on obtient un double résultat positif : réaction de Widal et séroréaction pneumococcique.

VIL. — Bienqu’en pratique la séroréaction puisse rendre service dans les cas cliniques difficiles, elle demeure surtout, en raison de la délicatesse de la technique, un procédé de laboratoire. Si elle est positive, elle demande à être interprétée ; elle n’acquiert la valeur d’un élément de diagnostic que pour le clinicien. Si elle est négative, ce n’est qu’un signe de probabilité contre le diagnostic d'infection à pneumocoques, et cette probabilité paraît être d'autant plus grande que l’affection est d’une allure plus bénigne.

VIIL.— Les agglutinations fortes et précoces sont, en effet, l'apanage des cas qui se terminent par la guérison; dans les infections graves, au contraire, dans les septicémies pneumococciques, l’étude du sérum montre que le pouvoir agglutinant manque ou n’est qu'ébauché. Il est permis d’en tirer une application pronostique. L'apparition de la propriété agglutinante est, pour ainsi dire, la signature biologique de la victoire de l’organisme.

IX. — Les divers échantillons de pneumocoque peuvent se comporter différemment en présence d’un même sérum agglutinant. Il ne s'ensuit pas que ces différents pneumocoques, séparés par la séroréaction, appartiennent à autant de races distinctes. Pour les espèces microbiennes saprophytiques, comme le pneumocoque, hôte constant de notre organisme, l’agglutination à elle seule ne suffit pas, en effet, pour établir un diagnostic différentiel de variétés microbiennes. Elle sépare

non pas des espèces, non pas même des races, mais des échantillons microbiens.

X. — Le pneumocoque salivaire acquiert, du fait de son séjour dans l'organisme humain qui l’héberge, une sorte d’individualité. Le sérum des malades infectés par le pneumocoque agglutine, en général, plus fortement l’échantillon même de pneumocoque qui a déterminé la lésion ; dans quelques cas même, il n’est doué de pouvoir agglutinant que visà-vis de cet échantillon. Ces constatations cadrent bien avec notre conception actuelle de la pathogénie de la pneumonie lobaire, infection le plus souvent autochtone.

XI. — La recherche de la séroréaction pneumococcique permet de déceler l'intervention du pneumocoque dans des affections dont la nature pneumococcique, seulement soup- çonnée, n'avait pas encore été établie. Elie nous montre le rôle de ce microbe, non seulement comme agent principal, mais comme agent d'infection secondaire ou associée, dans un grand nombre de processus morbides,tous faits qui se trouvent en parfait accord avec la notion de la présence constante

du pneumocoque dans notre cavité bucco-pharyngée.

RE

Vu:

Le Président de la thèse, DIEULAFOY.

Vu :

Le Doyen,

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