‹ L'Agglutination du PneumocoqueChapitre 8 sur 38 · SALES · texte numérisé non relu

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et qu’il se produit un dépôt au fond et sur les parois du tube de culture.

À différentes reprises, nous avons nous-même étudié, au point de vue de l'agglutination, le sérum des animaux vaccinés contre le pneumocoque, et nous ayons toujours facilement constaté l'existence de cette propriété : si l'on ensemence avec du pneumocoque un tube de sérum de lapin vacciné, on voit, après un séjour de vingt-quatre heures à l’étuve, que, bien loin de se troubler comme le fait le sérum de lapin sain ensemencé avec le Pneumocoque, le.milieu de culture reste limpide, et qu’il se forme au fond du tube un léger dépôt. L'examen microscopique de ce dépôt montre qu'il est formé de longues chaînettes de pPneumocoques non capsulés, chaïnettes qui sont tantôt isolées, tantôt enchevêtrées en amas (fig. 2). On ne distingue pas de diplocoques dans les grands vides que laissent entre eux les amas; cet aspect diffère totalement de celui que donne la culture en sérum de lapin sain, où l’on voit les diplocoques bien enCcapsulés, répartis uniformément dans le champ du microscope.

Étude de l’agglutination dans l'infection pneumococ- Cique expérimentale.— Le phénomène de l’agglutination éberthienne n'étant pas seulement, comme on l'avait cru d’abord, une réaction d’immunité (Enmunitætsreaction, mais apparaissant déjà, comme l’a montré M. Widal, dès la période d'infection, il était intéressant de ne Pas Se cantonner dans l'étude du sérum des animaux vaccinés contre le pneumocoque, et de rechercher la propriété agglomérante dans l'infecon expérimentale,

Technique, — 4° Procfpé D'INFECTION, — Pour nous rapprocher le plus possible des conditions de la clinique hu-

maine, nous avons cherché à produire, chez les animaux, des affections lentes, non généralisées. permettant la survie Nous y sommes parvenu en modifiant le degré de réceptivité du lapin, en augmentant la résistance de son organisme visà-vis du pneumocoque, en le vaccinant incomplèlement par l'injection de cultures à virulence atténuée, ou d'exsudats stérilisés par le séjour à 55, etc. ; inoculation qui fait ainsi de l'organisme du lapin, primitivement très sensible au pneumocoque, un terrain relativement réfractaire.

L'immunité obtenue de cette façon n’est pas solide: elle n’est que partielle. Si l’on injecte, ultérieurement, une dose considérable de pneumocoques, mortelle pourles animaux témoins, le lapin ne succombe pas à la septicémie, il peut même être complètement indifférent à celle épreuve; il n’est pas rare, cependant, qu’il présente des lésions suppurées, sous-cutanées, viscérales ou articulaires (1), qui rappellent les infections localisées de la clinique humaine. C'est le sérum de ces animaux atteints de lésions pneumococciques variées, sacrifiés en pleine période d'état de l'infection, que nous avons étudié au point de vue de l’agglutination.

20 MANIÈRE DE RECUEILLIR LE SÉRUM. — Le procédé qui permet de recueillir, chez le lapin, la quantité de sérum nécessaire pour la recherche de la propriété agglulinative, est la saignée, totale ou partielle, par l’une des carotides.

- On commence par dénuder la carotide, puis on place une ligature sur le vaisseau au voisinage de la tête ; on met une pince temporaire à mors plats sur Le bout central de l'artère ;

(4) Bezancon et Grrrron, Arthrites expérimentales à pneumocoques, par infection générale et sans traumatisme articulaire, Société de biologie, 22 juillet 1899,

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on incise en biseau la paroi du segment carotidien ainsi isolé ; on yintroduit un petit trocart mousse, fixé aussitôt par un fil qui enserre l'artère, et muni d’un petit tube de caoutchouc qui vient déboucher dans un grand tube de verre stérilisé. On enlève la pince temporaire, et l'on recueille ainsi, aseptiquement, une grande quantité de sang, 60 à 80 grammes si l'on saigne à blanc; ce qui donne, après coagulation, 30 à 40 grammes de sérum transsudé, qu'il ne reste plus qu'à répartir en tubes stérilisés. Pour l'étude de l’agglutination, deux centimètres cubes de sérum suffisent.

3° RECHERCHE DE L'AGGLUTINATION PAR LA CULTURE. — Le tube de sérum est ensemencé avec une goutte de culture de pneumocoque ; on le porte à J'étuve à 37, et l’on examine au bout de 12 à 24 heures.

Le sérum des animaux infectés expérimentalement par le pneumocoque, ensemencé dans les conditions que nous venons d'indiquer, et mis à l’étuve le temps nécessaire, non seulement ne se trouble pas comme ferait le sérum d’un lapin neuf, non seulement possède la propriété agolutinative déjà observée par nous chez les animaux vaccinés, mais la présente à un degré beaucoup plus élevé. L'intensité du phénomène est elle que tous les pneumocoques sont comme précipités au fond du tube, et forment par leur cohésion une véritable cupule couenneuse, ne se dissolvant pas sous l’action de l'agitation du tube, le plus souvent même difficile à dilacérer. Au-dessus de la fausse membrane pheumococcique, le sérum demeure clair; le microscope m'y décèle pas de preumocoques en suspension. La dissociation du coagulum et l'examen microscopique, après coloration, montrent qu'il est constitué par des amas compacts de diplocoques ou de chaïnettes,

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Un autre caractère, qui apparait très nettement si l’on a coloré la préparation à l'aide du bleu phéniqué de Kuhne, c'est la disparition de la netteté des capsules autour des pneumocoques agglutinés. Le contraste est surtout frappant si l’on examine comparativement des pneumocoques eultivés en sérum de lapin sain, pneumocoques dont.les capsules prennent une teinte mauve qui les rend très apparentes.

4° Essat DE MENSURATION DE L'INTENSITÉ DU PHÉNOMÈNE. — Les lapins porteurs de lésions pneumococciques localisées, sur lesquels ont porté nos recherches, ne présentaient pas tous un sérum doué, à un degré aussi accentué, de la propriété d’agglomérer le pneumocoque. Chez une partie d’entre eux, la culture en sérum donnait, non un coagulum unique, mais plusieurs fragments pseudo-membraneux ; à un degré moindre, c'élaient des flocons, parfois si fins qu'ils constituaient une véritable poussière. Chez d’autres, le sérum, au lieu de demeurer clair, se troublait, et alors, au microscope, au lieu de voir des amas séparés par des espaces vides, on constatait entre ces amas des diplocoques disséminés ou des chainettes libres.

Ces divers aspects représentent des degrés différents de l'intensité du pouvoir agglutlinatif. Depuis la couenne plongeant au fond d’un sérum parfaitement limpide, si consistante : que la dissociation en est presque laborieuse, jusqu'à l'aspect trouble du sérum avec quelques grumeaux en suspension, il y à une série décroissante de stades intermédiaires.

Dans les cas de pouvoir agelutinatif maximum, nous avons pu même aller plus loin et tenter de rechercher la réaction par la méthode des dilutions, qui est d'une application courante en matière de bacille d’Eberth. Le sérum d’un de

nos lapins (lapin Y), dilué dans la proportion d'une goutte de sérum pour #0 gouttes de bouillon, ensemencé, mis à l'éluve el examiné au bout de 24 heures, nous a ainsi donné une agglutination non douteuse, à l'œil nu comme au microscope. Mais Je fait est exceptionnel, et trop inconstant, pour que le procédé des dilutions soit systématiquement appliqué, même dans les infections expérimentales, à la recherche de l’agglulination pneumococcique.

Dans ce cas où la propriété agglutinante pouvait être mise en évidence dans un sérum dilué, la proportion du mélange devait demeurer faible ; l'agglutination disparaissait quand la dilution atteignait le chiffre de 4 pour 75 ; on est donc ici bien loin des.chiffres de dilution couramment constatés dans la fièvre typhoïde, 1 pour 200, 1 pour 1000, 1 pour 5000 et même au delà !

5° ATTÉNUATION ET DISPARITION DU PHÉNOMÈNE. — Si, dans le cours des expériences, au lieu de sacrifier les lapins lorsque les lésions pneumococciques sont encore en pleine évolution aiguë, on laisse celles-ci passer à l’état chronique ou se réparer, le sérum des animaux perd peu à peu sa force agglutinative, et la réaction, un moment visible à l’œil nu, n'est plus bientôt décelable que par l'examen microscopique.

Bien plus, il nous est arrivé maintes fois d'étudier le sérum de lapins qui, plusieurs mois auparavant, avaient été soumis, à une ou plusieurs reprises, à l'infection pneumococcique,-et de n’y plus trouver que peu ou pas de traces de pouvoir agglutinant. La propriété agglutinante pneumococcique finit donc par disparaître chez le lapin au bout d’un

temps relativement court. Cette notion est à rapprocher de

ce que nous avons observé en matière de vaccination antipneumococcique : l’immunité du lapin contre le pneumocoque, si elle n’est pas entretenue par des inoculations

répétées, est toujours également, en effet, d’une durée éphémère.

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