Archives Israélites, année 1867, n° 15, p
LA DÉCADENCE JUIVS 153
que cette constatation des Archives Israélites est exacte ; jadis, en effet, il en était également de même.
La prostitution, en vérité, n'a jamais cessé d'être commune en la tribu d'Israël, et leurs femmes célèbres des temps anciens, celles dont ils chantent exceptionnellement les vertus et les mérites, doivent leur gloire à un mélange de manœuvres astucieuses et d'agissements de courtisanes : telle Judith qui, après avoir livré son corps à Holopherne, le tue traîtreusement ; telle cette Esther dont on nous a donné un portrait si mensonger et qui, en réalité, joua un rôle tou^ de perfidie et de dépravation.
La lecture de la Bible est d'ailleurs fort édifiante sous ce rapport.
Les pratiques prostitutionnelles étaient si bien invétérées dans les mœurs que, à chaque pas, le Livre saint est rempli de défenses et de menaces bien vaines d'ailleurs, contre ceux qui les enfreindraient.
« Et tu ne prostitueras pas ta fille, de peur
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que la terre ne soit souillée et remplie de crimes, » dit le LèvitiqueS et, est-il ajouté dans le Deutéronome' : « Non erit meretrix de filiabus Israël, nec scortator de filiis Israël », — « Il n'y aura point de prostituées filles d'Israël, ni de fornicateurs fils d'Israël. »
Chez les Hébreux, la prostitution sacrée était d'une pratique courante, et, aussi bien que les femmes, les hommes s'y livraient. « C'est en Syrie, chez les Kanaamites, chez les Hébreux, chez les Phéniciens, que la prostituton sacrée, mâle et femelle, s'étale avec le plus d'impudeur », écrit M. A. Regnard dans une étude récente sur le sémitisme % et, fait-il encore observer avec juste raison, ce sont les Sémites qui ont le plus contribué à son développement.
« Onsait à quel dévergondage sacré donna lieu plus tard le culte de celte divinité (Istar), envisagée beaucoup moins comme vierge que comme déesse de