‹ L'agonie de Luiz de CamoensChapitre 2 sur 17 · IV ' PROLOGUE · texte numérisé non relu

IV ' PROLOGUE

nation; — savants, artisans, qui, par leurs précieuses inventions, leurs découvertes admirables, ont donné à la civilisation une impulsion infinie et changé la face du monde; — tous ces rois de l'intelligence, enfin, qui ont laissé après eux des traces ineffaçables de leur passage, ont payé un large tribut à l'infortune : à ce point, qu'on serait tenté de croire que le malheur est une des conditions du génie, qu'il le consacre, suivant l'expression portugaise , si cette pensée cruelle n'était , comme le remarque Chateaubriand, un véritable blasphème contre le Créateur.

Parmi les hommes que leur supériorité a rendus célèbres et auxquels l'infortune a assigné une place dans le volumineux martyrologe de la pensée, l'un des plus célèbres et des plus infortunés est, sans contredit, Luiz de Camoens.

La vie du grand poète portugais n'offre, en effet, qu'un long enchaînement d'adversités dont il n'est guère d'exemple, si même il en est, qu'une autre existence ait jamais été frappée à la fois.

Aussi, lorsqu'après avoir lu son beau poème des Lusiades on jette les yeux sur sa biographie, si pleine d'événements déplorables, on ne sait véritablement lequel on doit le plus admirer ou du génie du poète qui conçut cette grande épopée, l'un des plus beaux monuments littéraires des temps modernes, ou du caractère de l'homme qui put, à travers tant de circonstances accablantes, l'entreprendre et la terminer.

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