PRÉAMBULE
Dans le cours du mois de décembre 1929, M. le Professeur COSTANTINI était appelé en consultation chirurgicale auprès d’une malade qui présentait des lésions buccales et pharyngées avec température élevée. L'hypothèse d’une angine de LUDWIG était envisagée, mais une formule leucocytaire montra l’absence de polynucléaires dans le sang ; par ce fait même était posé le diagnostic d’agranulocytose.
Le Professeur COSTANTINI nous proposa cette affection, encore assez peu connue, comme sujet de notre thèse : nous l’en remercierons toujours ; car, si difficile que soit l’étude d’une question actuellement si complexe, l’intérêt qu’on y prend fait beaucoup oublier des difficultés qu’on rencontre.
Ces difficultés ont été assez nombreuses : car nous avons dû diriger nos recherches dans la littérature allemande, très abondante sans doute, mais aussi bien éloignée de nous.
Heureusement, nous avons rencontré des concours aimables et les circonstances nous ont favorisé.
M. le Professeur COSTANTINI nous a d’abord appris par son exemple qu’il fallait savoir se hausser au-dessus des petites habitudes de la pratique journalière pour envisager les problèmes les plus vastes de la pathologie et les grands syndromes d’où sont susceptibles de se détacher ensuite les affections dites médicales ou chirurgicales. Celui qui ne sait pas dominer ses connaissances risque fort d’être amoindri par elles et de n’y voir plus goutte.
I] nous a encore aidé constamment de ses conseils dans bien des cas où nous étions embarrassé pour les raisons les plus diverses et il a bien voulu demander pour nous à MM. le Docteur BINET et le Professeur AUBRY l'observation originale dont est née l’idée de cette thèse.
Après que nous eûmes décidé d'aborder cette étude, nous avons été assez heureux pour voir deux cas d’agranulocytose.
Un de ces cas nous a été signalé par le professeur AUBRY à qui va notre reconnaissance pour l’amabilité dont il a fait preuve à notre égard. Le deuxième a été publié par MM. les Médecin-Commandant DESPUJOLS et le Médecin-Lieutenant MARTY dans les Archives de Médecine militaire : Il s'agissait d’un malade fort intéressant qu’ils nous ont permis de suivre dans leur service de l’hôpital Maillot, et qui a été pour nous une magnifique illustration de tout ce qu’on a pu dire sur cette question déjà vaste de lagranulocytose.
Question vaste, en effet, et où nous avons été assez heureux pour être guidé par M. le Docteur: BENHAMOU qui possédait de nombreux documents et nous les a donnés en même temps qu’il nous prodiguait ses conseils de médecin parfaitement au courant de la question, puisqu'il a aidé lui-même à l’éclaircir par ses publications antérieures.
Enfin, nous devons remercier M. le Professeur AUBERTIN qui nous a si aimablement reçu et a bien voulu nous faire part de ses idées sur l’agranulocytose, telle qu’elle doit être envisagée maintenant.
Ainsi, les concours ne nous ont pas manqué, on les reconnaîtra en lisant dans cette thèse ce qu’il peut y avoir de bon. Pour le reste, nous avons pris
ot
quelques initiatives que nous nous efforcerons de défendre.
En l’absence d’une étiologie sûre, nous nous sommes fondé, pour classer les diverses observations d’agranulocytose, sur la numération globulaire et l’équilibre leucocytaire. Ce disant, nous avons considéré comme agranulocytoses pures certains cas.
habituellement considérés comme agranulocytoses survenant au cours de septicémies, ou d’origine
toxique. Nous avons essayé d'étudier à fond cette agranulocytose pure, puis nous avons montré comment, d'associations en associations, on en arrive à des formes d’agranulocytose qui n’ont plus qu’un rapport déjà lointain avec le premier groupe envisagé et, peu à peu, se confondent avec les autres syndromes connus de la pathologie sanguine. Il se retrouve, néanmoins, en elles des éléments communs à toute affection où les polynucléaires sont complètement absents, si bien que l’agranulocytose n'apparaît plus que comme un syndrome qu’on observe souvent à l’état pur, parfois aussi associé.
La connaissance de ce syndrome une fois acquise, le médecin qui se trouve en sa présence doit le reconnaître, envisager son évolution future et soigner le malade. Et nous avons réservé, pour la fin de notre étude, le diagnostic, le pronostic et le traitement dont les résultats pratiques sont les mêmes, qu’il s'agisse de syndromes agranulocytaires purs ou associés.
Po) WU, Are