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des bois français une servitude sans offieacité comme sans utilité. M. (le Ribbe lui-même, bien que partisan de Tinterdiotion de dëMchement sans autorisatîoii» fait remaïqn^ que cette interdiction n'empêche rien et n'a jamais rien empêché^ . et qfu'il faut des mesures plus sérieuses pour remédier au mal qu'il signale. 11 me permettra d'ajouter qu'il est tout à fait illogique de mettre des obstacles m défrichement des bois daais les plaines humides et fertiles de la Seine-Inférieure, du Pasde-Calais ou du Nord, parce que les montagnes de la haute Provence se déboisent, et qu'il devient de plus en plus lurent d*y arrêter les ravages des torrents et de la dépaissance.
M. de Ribbe constate avec douleur une diminution progressive de population dans les deux départements des Hautes et Basses-Alpes. Je partage ses regrets à cet égard ; je lui si» gnalerai cependant une distinction- qu*il paraît n'avoir pas faite: il y a dans ces deux départements, d'après lui-même, deux parties à distinguer : l'une formée des montagnes escarpées, Vautre des plateaux et des vallées. Dans la première^ n'est-il pas heureux que la population diminue ? N'est-ce pas à cette population misérable qu'il faut attribuer la plupart des ravages dont il se piaint, et les règlements qu'il propose ne doivent41s pas avoir pour effet de la raréfier encore ? N'est-ce pas vers les vallées qu'il fiiut cherdier à l'attirer par des irri* gâtions et d'autres travaux qui s'enchaînent avec le reboisement et le dépeuplement des hauteurs ? La tendance de ces montagnards à émigrer n*est-elle pas un indice de ce qu'il faut faire pour les retenir le plus près possible de leur pays natal, tout en donnant satisfaction au besoin réel qui les pousse à en sortir, et qui- s'accorde parfaitement avec l'intérêt général?
Je livre ces idées à la réflexion de tous ceux que préoccupe la situation actuelle de la haute Provence et des pays de hautes montagnes en général. Quand il serait nécessaire d'exproprier
S80 l'acriculturs bt la population.
en bloc quelques \illages percliessiir des points inaccessibles, ce ne serait pas une grande perte. A défaut de la très-grande propriété qui nous manque, l'admiaistration des eaux et fo* réts ne ferait que ce qu*ont fait les grands seigneurs d'Écosse et même d'Anp^leterre, quand ils ont dépeuplé des montagnes, où un tout autre intérêt que la recherche du bien-être, un intérêt de guerre et de défense, avait multiplié outre mesure de pauvres familles. L*opération n*a pas été seulement profitable au point de vao de leur intérêt personnel ; la somme de la production nationale s'en est accrue, et les populations déplacées ne sont pas celles qui ont le moins gagné.
Supposons que, pour couper court aux abusîvéritablement dangereux, il soit nécessaire de faire entrer dans le domaine public et de reboiser 200,000 hectares de montagnes, répartis sur les quatre départements provençaux; à 100 fir. par hectare, c'est de 20 millions qu'il s'agit, à répartir sur plusieurs années. Ce n'est pas énorme, surtout s'il est probable que, dans cinquante ans, ces 20 millions en vaudront 200. Supposons que ces 200,000 hectares nourrissent une population de 5 à 6,000 âmes et 40 ou 50,000 moutons transhumants, voilà ime perte qu'il s'agit d'évaluer ; mais si les bois valent mieux et rapportent davantage ; si les gazons s'améliorent par le repos et deviennent propres à nourrir plus tard plus de moutons sans inconvénient ; si, en un mot, le nouveau mode d'exploitation est plus fructueux ; si les mêmes bras peuvent s'employer ailleurs avec plus d'avantage, moyennant l'indemnité qui leur sera donnée ; si enfin les plaines s'enrichissent en échappant à des dévastations, il n'y a pas à hésiter.