ALIMENTATION RATIONNELLE
En terminant cette partie de mon sujet qui a trait à la préparation intelligente et raisonnée des rations à donner au betail, laissez moi répéter ici avec Jules Crevat, le praticien savant couronné par la société des agriculteurs de France, que celui qui sait compenser ses rations de manière à ne donner aucun élément nutritif en excès, arrivera à nourrir également bien trois bêtes, là où son voisin, moins instruit de ces détails, n’en pourra nourrir que deux. Et la raison en est que ce dernier, pour donner la quantité voulue de certains éléments indispensables, en donnera beaucoup d’autres en surabondance ; surabondance non seulement inutile, mais nuisible. Une comparaison vous fera mieux saisir les points difficiles à comprendre en cette matière.
Supposons que trois bucherons se rencontrent dans un chantier. Celui qui l’habite n’a plus pour toutes provisions que deux livres de fèves. Un autre a pour tout partage deux livres de beau lard gras, et enfin le troisième a 3 Tbs de pain sec. N'est-ce pas que chacun de ces hommes ne saurait faire bombance et travailler d’action sur ses propres provisions? Mais voilà qu'après consultation, il est décidé de mettre le tout en commun. Le premier prépare ses fèves avec le lard du second, le troisième fournit le pain, et voilà que, par l'usage raisonné des matières alimentaires nécessaires, chacün, après avoir bien mangé, fait une excellente journée de travail.
Il en sera absolument de même, MM. pour la nourriture de notre bétail, et la paille, qui est à elle seule une si maigre pitance, fera une excellente base
d'alimentation, pourvu qu’on ‘ mêle une partie de bon ensilage de trèfle, ou de lentille et d’avoine en vert.