QUELLES RÉCOLTES DOIVENT SUIVRE LES CULTURES SARCLÉES
Après une première culture sarclée, nous conseillons une récolte de grain, comme l’orge par exemple, dans laquelle on sèmerait du grand trèfle rouge. L’orge vient parfaitement dans une terre bien ameublie et bien engraissée. Cette récolte, occupant le terrain peu longtemps, le trèfle y vient avec force, surtout si la terre a été chaulée l’automne précédent. Le trèfle n’étant pas pâturé le premier automne, les premières neiges s’y arrêteront et empêcheront les mauvais effets de la gelée. L'année suivante, on pourra faire deux récoltes de trèfle, pourvu qu’on le coupe dès louverture des fleurs. En donnant à cette terre 300 livres de phosphate, coûtant environ $3.00, et environ autant de cendres, on aura l’année suivante, sans autre engrais, de 50 à 60 minots de blé-d’inde canadien, et environ 4,000 livres de tiges valant autant de foin ordinaire, L'année suivante, la terre étant très nette, peut donner une excellente récolte de grain, dans lequel on sèmerait en abondance les graines de prairies et de pâturages, lesquels peuvent occuper plusieurs années de la rotation, si lon a grand de terre à nettoyer ;—puis enfin on relèverait la prairie et le pâturage pour une récolte de grain ou de pois, ou d’avoine et lentille, selon les besoins du cultivateur. On aurait ainsi suivi une rotation ordinaire de 8 À 12 années, et plus, selon la fertilité de sa terre.
Mais pour qui voudrait obtenir les meilleurs rendements, dans une terre bien nettoyée, nous conseillons une rotation basée sur celle que nous donnons au tableau No. 5 On aurait ainsi, dans douze ans, trois récoltes sarclées, suivies d’autant de récoltes de grains ou de fourrages, puis trois récoltes étouffantes. Une terre ordinaire, de 60 arpents donnerait au-delà de 200 minots de patates, 678 minots de grains différents, et du fourrage pour entretenir parfaitement au moins 20 bêtes À cornes. Enfin, on devrait pouvoir engraisser de 10 à 20 pores avec le lait écrémé, les grains et les fourrages ainsi récoltés chaque année ! Ne serait-ce pas là l’âge d’or de notre agricul-
ture ? Or, tout ceci est très certainement possible. C’est même comparativement facile pour qui le voudrait avec fermeté, travail et persévérance.
IMPORTANCE DU DÉCHAUMAGE
Dans la terre à mettre en culture sarclée l’année suivante, il faudra déchaumer aussitôt que la récolte aura été enlevée du champ. Si l’on attendait longtemps avant de faire ce travail, la terre se durcirait, et il faudrait peut-être attendre longtemps la pluie, pour permettre aux herses d'entrer en terre d’un pouce ou deux, afin de détruire les mauvaises herbes dans ce champ: et pour faire germer sans retard les graines qui auraient mûri et seraient tombées sur la terre. Ces hersages devraient être répétés en travers du champ, après sept ou huit jours d'intervalle, et le tout devrait être suivi d’un bon labour d’automne, aussi profond que la terre le permettra: En règle générale, un bon chaulage, d’environ vingt minots de chaux par arpent, le tout bien mélangé par petits tas avec de la terre, puis étendu avant les gelées d'automne, préparera parfaitement la terre pour les travaux du printemps sur cultures sarelées.