AGRONOME OFFICIEL
L'Agriculture dans tes Ecoles rurales de la Province de Québec
Depuis quelques années, l'Enseignement de l'Agriculture a fait des progrès considérables dans nos écoles, grâce au travail et à la bonne volonté du Ministère de l'Agriculture, de notre clergé, des inspecteurs d'écoles, du personnel enseignant, des Commissions scolaires, des agronomes, etc., etc.
I y a quelque dix ans, M. O.-E. Dallaire, Directeur de l'École de Laiterie de Saint-Hyacinthe, a donné une forte impulsion à cette œuvre,
En effet, il n°y avait qu'un petit nombre de jardins scolaires au début, et voilà qu'en 1915, il y en a plus de 750 avec 18,000 élèves-jardiniers.
Aciuellement, ce qu'il importe le plus, ce n'est pas d'augmenter le nombre des jardins scolaires, mais de les maintenir, de les améliorer et d'aider le personnel enseignant à tirer ue de profit possible de ces jardins, de manière à favoriser l'enseignement » classe.
L'A l'école, dans les autres pays du monde ne | RP
Personne ne peut douter de l'efficacité de l'agriculture à l'école, à tous points de vue,
Dans les pays les mieux organisés, relativement à l’enseignement primaire, on constate que les autorités favorisent le développement de l'agriculture à l'école.
Tous les pédagogues d'hier et d'aujourd'hui se sont appliqués à démontrer que cet enseignement est nécessaire dans les écoles, parce qu'il cultive les sens et développe les facultés des enfants, et, de plus, est d'un grand secours à l'instituteur pour la formation morale de ses élèves.
Cet enseignement existe dans les écoles rurales de la Belgique, de la Suisse, des Iles Britanniques, du Danemark et dans la plupart des autres contrées de l'Europe. Il existe aussi aux États-Unis, dans un grand nombre d'écoles rurales et est favorisé par le Bureau d’'Éducation de Washington. (Voir la brochure intitulée « University of the State of New-York, bulletin », No 563,
1914). De plus, cet enseignement est donné dans un grand nombre d'écoles rurales des provinces de la confédération canadienne, (Voir spécialement l'exemplaire de la « Gazette Agricole » du Canada, édition de janvier 1915, vol, 2, No 1. Voir aussi les 27 fascicules et brochures publiées sur l'agriculture, à l'Ecole primaire par le département d'éducation de Toronto. )
Donc, il n'y a pas seulement la province de Québec qui travaille à développer cet enseignement, qui n'est pas nouveau du tout et dont les résultats ont déjà été appréciés par tous les pays du monde et par les hommes qui se renseignent aux sources véritables des faits et des résultats obtenus qui se rupportent à cet enseignement,
L'enseignement de l'agriculture dans les écoles est devenu, particulières ment à cette époque de crise que nous traversons, d'une absolue nécessité, C'est sur lu génération des futurs agriculteurs qu'il nous faut surtout compter pour accroître la production agricole, pour repeupler les campagnes qui sont désertées, pour améliorer les systèmes de culture, pour posséder dans notre province une classe nouvelle d'agriculteurs qui sauront faire produire à la terre les plus hauts rendements et honorer la profession agricole,
Dans les pays agricoles les plus avancés du monde, les gouvernants ont cv.pris que c'est à l'école primaire qu'il faut préparer les citoyens de demain, M. J. Bodin, l'ancien directeur de l'École d'agriculture de Rennes, disait déjà en 1863, que :
« Si l'enseignement primaire ne s'appuie pas sur l'agriculture, il aura pour résultat de faire déserter les campagnes. Si l'instituteur donne une éducation où il ne soit pas question d'agriculture, j'aime mieux qu'il laisse nos petits agriculteurs dans l'ignorance. »
Quelques citations
Son Éminence le Cardinal Bégin écrivait récemment ces quelques lignes, en mai dernier, en faveur de l'Agriculture à l’École :
« Faire aimer l'agriculture aux enfants de nos écoles, les initier aux travaux si bienfaisants de la campagne, les attacher au sol natal, et par là méme les tenir éloignés des villes où règnent tant de misères matérielles et morales, c'est faire une œuvre éminemment patriotique, sociale et religieuse ».
Lion. Boucher de la Bruyère, qui s'intéresse tant au développement de cet enseignement disait dans un de ses rapports annuels :
. « Depuis auinze ans et plus, tant dans mes rapports que dans mes circulaires, je me s' efforcé de convaincre les Commissions scolaires et les instituteurs de l'avantage qu'il y aurait de donner de vive voix, des notions d'a riculture aux enfants, même au plus jeunes dez écoles rurales.»
Et combien d’autres citations nous pourrions ajouter : celles de nos évêques, hommes d'état éminents, inspecteurs d'écoles, éducateurs, ete. :
. #A nous instituteurs de diriger d'une main sûre et ferme le courant de l'instruction populaire vers l’agriculture. Efforçcns-nous d'inspirer à la génération nouvelle l'amour du travail des champs; faisons pénétrer dans le cœur de chaque enfant un amour vrai pour le SE natal, Faisons de l'agriculture une science véritable en l'enseignant consciencieusement dans CRE écoles de nos campagnes.» (C, J. nan, Inspecteur-Général. — Extrait de «l'Enseignement Primaire. » 1888, )