G L'AGRICULTURE ET L'ÉLEVAGE
Bien entendu que, dans les précédentes énumératious, qui ne sont pas d'une exactitude absolue, ne sont pas comprises les forêts naturelles qui, à l'exception de la province de Buenos Aires, couvrent une grande étendue dans toutes les autres et principalement dans les territoires du Ghaco, de Formosa et de Misiones.
Les arbres, que Ton plante principalement dans toute la République, sont les pêchers, et dans les provinces de climat sous-tropical, c'est-à-dire celles du Nord, les orangers et les figuiers. La taille du bois du pêcher s'emploie comme bois, bien entendu dans les endroits où le combustible est rare, comme dans les pampas, et le fruit se mange soit frais, soit coupé en tranches que Ton fait sécher au soleil. Ainsi séché, il prend le nom de orejon, et sert comme dessert aux époques où il n'y a plus de fruits frais.
Dans les provinces du littoral, Buenos Aires, Santa Fé etEntre Bios les fréquents changements atmosphériques sont la base de l'agriculture; tandis que dans les provinces de l'intérieur, qui se distinguent par leur climat sec, Ion ne peut se livrer h l'agriculture, sans l'arrosage artificiel. Il est absolument indispensable pour rendre la terre productive, de profiter pour l'arrosage, des eaux fluviales. Les prairies naturelles sont rares dans cette région et c'est pour cela que Ton cultive la luzerne en si grande quantité, à force d'arrosage, dans les provinces méditerranéennes. Dans les champs de luzerne des provinces des Andes l'on engraisse le bétail qui doit ensuite traverser la Cordillère à destination du Chili, où il est consommé.
La superficie arrosée est dans les diflérentes provinces, suivant les documents du recensement, la suivante :
Buenos Aires. . 115.351 hectares. | Salla 00.321 heclares.
Corrientes 18.893 •> ; Jujuy 07.271 »
San Juan 79.715
Rioja 13.491
Misiones 92 »
Pampa 58 »
Catamarca 24.237 »> j RioNegro.... 1.440
Tucuman 74.648 »> 1
Il est hors de doute que, dans les provinces de Tucuman, Salta et Jujuy, les trois assez riches en fleuves et cours d'eau, l'on a répondu à la question sur l'arrosage, dans le sens de la superficie susceptible d'être arrosée, et non dans le sens de la superficie qui profite réellement des bénéfices de l'arrosage. Je dis cela, parce que je vois que dans ces provinces la superficie arrosée est plus grande que la superficie cultivée. Il peut se faire également que l'excès d'arrosage soit employé pour fertiliser les terres destinées à former des prairies naturelles.
Les pr ovinces qui ne figurent point dans l'énumération précédenle sont celles qui n'envoyèrent aucuns renseignements à ce sujet.
Les propriétés purement agricoles sont en général de peu d'étendue, tandis (lue celles qui sont destinées à l'élevage sont généralement grandes. Il arrive fréquemment que, dans les grandes propriétés d'élevage, l'on cultive 1(î sol pour le compte du pro priétaire et même que l'on en afl'erme une partie plus ou moins étendue, que le fermier ensemence ensuite. Les petites propriétés agricoles, maisons de campagne et jardins maraîchers, pour la culture des légumes et des plantes sont généralement
situées aux environs des centres de population. Dans les provinces méditerranéennes, les cultures agricoles sont plutôt aux mains des propriétaires qu'affermées; tandis que le contraire se produit dans les provinces du littoral où Ton fait de la grande culture en affermant les terres.
Sur 24.209 propriétés rurales qui figurent dans le recensement de la province de Buenos Aires, 1.774 sont purement agricoles, 46.922 destinées à Tagriculture et à l'élevage et seulement 5.776 purement réservées à l'élevage.
Dans la province de Corrientes sur un total de 8.219 propriétés, 60 seulement sont purement agricoles^ 6.550 destinées à l'agriculture et à l'élevage, et 1.600 part irulièrement réservées à l'élevage .
Dans les autres provinces et sur les territoires nationaux, on oliserve les proportions suivantes :
San Luis.
Meudoza .
San Juan La Rioja.
Tucuinan
Salta
Jojuy
Pampa . .
Rio Negro Misiones .
Chaco ...
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Dans ce tableau les chiffres de la première colonne représentent les propriétés purement agricoles, ceux de la deuxième les propriétés d'agriculture et d'élevage, ceux de la troisième colonne les propriétés réservées seulement à l'élevage, enfin ceux de la quatrième, le nombre total.
Je dois dire que les renseignements, pris sur quelques-uns des départements des provinces méditerranéennes, manquent.
Dans les provinces de Buenos Aires, Santa Fé, Entre Rios et Cordoba la formation de ce que l'on appelle colonies (Santa Fé, Entre Rios et Cordoba) et centres agricoles (Buenos Aires) prend chaque jour une plus grande extension. Cette institution se développe simplement de la manière suivante: une personne quelconque divise le sol de sa propriété, ou le terrain qu'un gouvernement, soit national soit provincial, lui a cédé à certaines conditions, en lots de 20, 25 ou 30 hectares, pour les vendre aux agriculteurs qui émigrent continuellement dans les endroits où il trouvent certaines facilités de payement. On conserve alors un ou plusieurs lots des terrains ainsi divisés pour former un centre de population.
C'est ainsi que la spéculation privée a créé dans la province de Santa Fé en un temps relativement court (la première colonie Esperanza date de 1857) 190 colonies agricoles plus ou moins étendues et peuplées. Santa Fé doit à cette institution,
qui donna lieu à la subdivision de son sol, tous ses progrès et sa prospérité actuelle.
La province d'Entre Rios compte cinquante de ces colonies, presque toutes de création récente, à l'exception de celle de San Josf^, dans le département de Colon el d'où sortit la ville florissante de Colon. La colonie de San José est encore plus ancienne que celle d'Esperanza puisqu'elle fut fondé en 1853 c'est-à-dire quatre Ans avant cette dernière.
La province de Cordoba compte trente-une colonies, presque toutes de création récente. Finalement dans la province de Buenos Aires, la loi provinciale du 25 novembre 1887 introduisit une institution analogue, sous le nom de centres agricoles. Vers la fin de 1888, soixante centres agricoles étaient en voie de formation.
Comme le lecteur étranger peut avoir intérêt à connaître la législation de^ centres agricole?, je joins ici in extenso la loi et la réglementation qui les régissent.