FLORE
Le rogretlé docteur Lorentz distingue dans la flore argentine neuf formations distinctes, qu'il appelle successivement, dans la direction du Sud au Nord : la formation des forets antarctiques, la formation patagonique, celle de la pampa, celle du Chanav, la sous-tropicale , celle de la puna, celle du Chaco, la. paraguaya et la mesopotamica.
Je mentionnerai ici les principaux caractères de chacune de ces formations, dans l'ordre même dans lequel les a décrites Lorentz, cependant vu le but du présent ouvrage, il me faudra donner à la description de l'illustre botaniste, une forme plus concise que celle qu'il a employée.
Le climat de la mer et l'humidité qui en résulte produisirent à l'extrémité sud du territoire argentin, dans les parties basses qui se trouvent à l'abri des forts coups de vent assez fréquents dans ces parages, une active végétation d'arbres.
consistant principalement en forêts de hêtres. Celte végétation n'existe probablement plus là où le continent s'élargit; c'est-à-dire près du 39* degré de latitude.
Sur les versants exposés aux vents, on ne trouve que des bruyères et des ronces.
Les seuls arbres qui existent sur les bords du détroit de Magallanes sont ces hêtres, mêlés à une sorte de magnoliacea [Drimys) qui pousse jusqu'à une certaine hauteur.
Dans les régions plus planes, d'où l'eau ne peut sortir, se forme une épaisse couche de tourbe qui se renouvelle sans cesse, à la merci de deux arbustes dont les rejetons très fournis ont à peine une hauteur de quelques pouces. Celte tourbe est très bonne pour la combustion.
La flore de l'intérieur de la Patagonie est encore peu connue, le plateau de la Patagonie entre les fleuves Colorado et Chubut présente en général l'aspect d'une plaine plus élevée que la pampa. La végétation porte en elle-même le caractère du climat sec. Les vallées seules présentent de véritables prairies et une végétation qui rappelle celle des pampas.
Dans cette région se trouve quelques glumacées, dont les plus remarquables sont la cortadera, le carrizo, la totora et quelques véritables graminées.
Dans la vallée du rio Negro, se trouve le saule américain y employé comme bois de construction.
Dans les vallées où se trouvent des salines, on rencontre la végétation propre à ces terrains, comme par exemple, les salicornias, appelés \cijumef dont les cendres contenant beaucoup de soude servent à la fabrication du savon.
La flore patagonique est un mélange d'herbacées, d'arbustes et d'arbres.
La flore herbacée consiste principalement en graminées, auxquelles se joignent en second lieu les synanthérées. Le gazon n'existe nulle part. Pendant Thiver on trouve dans cette région une sorte de plante, appelée alfilerillo (sorte d'erodium) qui est un excellent aliment pour les brebis. La végétation boisée consiste en bruyères qui atteignent la hauteur d'un homme ou même d'un homme à cheval. Tous ces arbustes sont épineux et tortueux, et se caractérisent parle peu de développement de leurs feuilles, qui souvent manquent complètement.
Les espèces les plus connues sont: le chanar, Vuna de gato, le caroubier o\x petit caroubier, la mata de incienso ou molle,\e piquillin, la mata negra, le mata caballo et leLJarilla. Tous ces arbustes donnent un bois assez bon. L'écorce d'un arbrisseau, appelé par les Indiens elcui, contient beaucoup de cire, qu'ils mâchent après l'avoir fait fondre.
Les tunas (cactus) qui existent en grande quantité dans cette région sont également des plantes particulières à ce plateau patagonique.
Sur les terrains d'alluvion, humides et bas, le blé et la vigne y sont admirablement prospères.Les versants des vallées donnent encore de biens meilleurs résultats pour la culture de la vigne, que les terrains bas et humides. L'énorme quantité à* algues {jFùcus) qui se trouve sur les côtes pourra atteindre plus tard une grande importance, par l'emploi que l'on fait de ses cendres, dans la fabrication de l'iode.
La formation de la pampa est non seulement au point de vue pétrographique mais encore au point de vue phytologique, l'antithèse de la formation patagonique.
56 l'A(;riculture et L'élevage
La formdUQn de la pampa manque absolument de bois taudis que les graminées y occupent le premier rang.
Lef limites Nord et Sud de la formation de la pampa ne sont pas encore bien •déterminées; elle est bornée à TEst par le Paranaet le Plata et à TOuest par une ligne irr^gulière qui dans sa partie septentrionale suit sans beaucoup de déviations le 63* méridien de Greenwich (entre le Ro'sario et Gordoba), tandis que dans sa partie méridionale elle se prolonge davantage vers TOuest.
En laissant de côté les différences pbytographiques qui distinguent la formation de la pampa de celle de Gbanar, il faut ajouter que la première est plus favorisée par les pluies que la seconde
La population des campagnes distingue dans la pampa deux sortes de pâturages, réellement différents, le pâturage dur et le pâturage tendre. Le premier présente de véritables graminées constituant un excellent aliment, meilleur pour les vaches et les chevaux, que pour les brebis. Sont connus comme pâturages durs, le revientacaballo, le camambu^ la quinoa^ le yugo de sapo el le yuyo amarillo.
Le pâturage tendre, les gramillas de la population de la campagne, est également formé de graminées mêlées à d autres plantes herbacées. Parmi ces dernières Hgurent le trébol ordinaire et odorant, Yalfilerillo et le cardo abigarado (chardon). Ges plantes constituent un aliment excellent pour les brebis. On .connaît encore : la rarretilla, le mastuerzo macho, le mastuerzo hembra^ la mostaza^ la eicuta, la viznaga, le hinojo, le capiqui, le chamico^ le cuemo del diablo, la lengua de vaca, la ^riiga, le yuyo de pajarito, le abrojo et le cepa-cabalio.
Dans les parties plus basses de la pampa dominent le trèfle et les graminées iendres. Dans les parties arrosées se trouvent une végétation vaseuse que la popu- «lation rurale appelle pâturages agrios pour les distinguer des pâturages' dulces des •terrains secs. Sur les bords de la saline se trouve lejume déjà mentionné.
Dans la sierra du Tandîl, depuis le Tandil jusqu'à la Mar Chiquita, et de Tautre •côté, jusqu'à la lagune de los Padres s'étend une région où abonde un arbuste appelé curumamuel (une rhamnea) qui atteint la hauteur d*un homme. G'est un arbuste épineux et dépourvu de feuilles.
De Buenos Aires à la Mar Ghiquita, s'étend sur le rivage de la mer une li^e de monts, principalement composée de tala, de coronilla et é'espinillo,
La famille qui, après celle des graminées, occupe le second rang dans la pampa, test la famille des composées régulièrement semi-arbustes aux fleurs mesquines.
Parmi les arbres qui croissent facilement et rapidement, il faut mentionner le pêcher qui donne des fruits et du bois, quelques espèces d'eucalyptus, la robinia, le paraiso et le peuplier d'Italie, Vombu, arbre planté dans la pampa, appelle l'attention. On le cultive pour l'ombre épaisse qu'il donne.
La formation qui suit celle de la pampa, vers le Nord, composée principale- /ment de forêts, de bruyères et de ronces, a reçu de Grisebach, le nom de formation •du chanar.
Gette formation qui est propre aux provinces de Gordoba, de Santiago, de Galamarca, de la Rioja, de San Juan, de Mendoza et de San Luis, ressemble à la formation patagonique par son aridité et les bois qui y tiennent le premier rang.
lf(p 15
Oq n'a pas encore pu trouver d'explication à ce phénomène remj cette formation soit couverte de bois m^gré son climat sec, tandi; humide de la pampa manque complètement d'arbres. Le manque d'eau, bien plus que les différences de température, déterminent \\ de telle ou telle formation dans la République.
Presque tous les arbres et arbustes qui constituent la formation di peu élevés et mesquins, avec des branches hérissées et diffuses, pourvut ou de feuilles épineuses. La famille qui présente plus particulièrement ce caractère est celle des mimosa.
Au point de vue pratique, il est utile de mentionner ici les caroubiers^ parmi lesquels le caroubier blanc est le plus utile et le plus apprécié, et dont le bois qui est dur, trouve une application constante dans les constructions. Les fruits, qui servent d'aliment aux animaux, se préparent également en sorte de pâte, appelée patai pour la consommation des personnes, et en boisson appelée aloja, qui après sa fermentation, devient alcoolique.
A la même famille appartient le nandubay, contenant beaucoup de tanin et dont le bois est employé pour les entourages.
Après ces mimosas, la plante la plus commune est le lala qui se trouve également dans la formation sous-tropique, dans le Chaco, et dans la formation mesopotamica. Les différents talas appartiennent au genre celtis. Leur seule utilité pratique est l'ombre qu'ils donnent et l'emploi qu'ils reçoivent dans les constructions d'entourages : le bois n'a pas une grande valeur.
Viennent ensuite trois sortes de quebrachos, qui n'appartiennent point à la même famille.
Le quebracho flojo ou quirilin, arbuste qui, en dehors de la fabrication d'entourages, n'a aucune application industrielle.
Le quebracho blanco forme de grandes forêts. Son bois a une grande utilité et a été employé dernièrement pour la xylographie. Son écorce amère est un des nombreux remèdes populaires contre les Aèvres intermittentes.
Le quebracho Colorado appartient plutôt à la formation suivante. Le molle a une grande importance dans cette formation. L'espèce la plus caractéristique est le molle a beber. Avec ses fruits l'on prépare une liqueur douce, rafraîchissante et aromatique. Cet arbre caractéristique aux montagnes est le plus remarquable de toute la formation.
Il faut également mentionner ici le molle a curlir, dont les feuilles donnent un produit excellent pour le tannage incolore.
Une espèce voisine du molle est ïalvarillo del campo, remarquable par ses fruits savoureux qui rappellent les prunes.
L'espèce la plus commune de la famille des verbénacées est le pouliot dont les feuilles s'emploient comme thé; Yoranger e%i un ornement de la campagne, par son aspect élégant et l'odeur de vanille de ses fleurs blanches ; le /70u/ta^ de Castille est un tonique très estimé de la population rurale. «
L'arbuste le plus caractéristique de cette formation est le chanar, qui appartient à la famille des papilionact^es.
Le chanar donne un fruit doux et de saveur agréable, son bois est tenace et assez estimé. Le chanar ne se présente comme un arbre élevé que dans les régions sous-tropicales.
-^ La brai a beaucoup de ressemblance avec le chanar, elle abonde dans la province de Catamarca et donne une sorte de résine.
La lagana de perro est un des arbustes les plus communs de la campagne, ses fleurs sont jolies et il se trouve également dans la formation sous-tropicale et dans celle du Ghaco.
Deux cactées forment de grandes bruyères. Ces plantes renferment une grande quantité de résine, ce qui les fait prendre feu rapidement, même lorsqu'elles sont vertes.
Le gaiac, près de Cordoba, appelé plus au Nord cucharera, fournit un bois dur employé pour toutes sortes de découpages et qui sert particulièrement pour la fabrication des cuillers.
Le geneS, plante caractéristique des déserts, n*a pas de feuilles pendant la plus grande partie de Tannée ; son bois est utilisé.
Appartenant à la famille des rhamnées figure principalement le piquillin, dont les fruits sont mangés par la population des campagnes.
Uatamisquiesi également commun, principalement à Santiago, et n'a d'autre particularité que celle d'être un arbuste élevé, dont les feuilles, les fleurs et les fruits ont une odeur fétide et ne servent à rien.
La famille des solanées est représentée par de nombreux spécimens. Une sorte de piment, l'ajiy a également la forme d'un arbuste. Ses petits fruits rouges sont employés pour relever les aliments.
Le romarin^ arbuste de peu de hauteur, avec des feuilles en forme d'aiguilles et des fleurs jaunes, appartient à la famille des composées.
Parmi les euphorbiacées figurent quelques spécimens de croton dont les graines sont connues comme purgatif puissant. Cette même propriété, sinon aussi énergique au moins aussi salutaire, se trouve dans le rlciuy qui dans cette formation se trouve sur les rivages.
Parmi les cactées figure une espèce qui produit le nopal ou figue d'Algérie. Sur quelques-uns on trouve la cochenille, dont l'exploitation rationnel pourra devenir importante à cause de l'industrie de la teinturerie.
Le mistol est un arbre assez élevé dont on mange les fruits et dont l'écorce est employée comme savon.
Il faut de plus mentionner le cocotier, le saule de Humboldt, arbre splendide caractéristique des rivages; le sureau qui s'emploie beaucoup pour les entourages et le quenoa.
Dans les satinées se trouvent en abondance les jumes.
Parmi les plantes à bois figurent encore, les palmiers, qui forment des forêts entières dans les régions montagneuses. Leur hauteur atteint environ 30 pieds; on fait des abat-jour avec leurs feuilles et leur bois n'a pas une grande valeur.
Parmi les plantes herbacées figurent, le cabello de angel dont les fruits servent comme vésicatoires, et le tasi qui est très commun.
Le mechoacarif des convolvulacées, a une grosse racine qui est un des purgatifs les plus efficaces de la médecine populaire et un ornement de la campagne sablonneuse et déserte.
Une forme transitoire entre les plantes grimpantes et les véritables parasites, est la cuscute.
Parmi les plantes du genre Liliacées, il faut mentionner les flores del aire, connues de tous.
Les graminées, la base de l'élevage, occupent le premier rang des herbes qui couvrent le sol.
f^e mata pulga, de la famille des composées, 8*emploie comme insecticide. Les salantes sont également riches en espèces et en individus, quelques-unes étant diaphorétiques, comme par exemple, le raisin de bois qui a des fruits de la même grandeur et du même goût que le raisin, mais sans former de grappes.
Les monocotylédones, si Ion excepte les graminées, sont pauvrement représentées.
Dans toutes les parties où Teau ne manque pas, ou bien là où les montagnes donnent naissance à des fleuves ou à des cours d*eau, le sol donne d'excellentes I écoltes.
. Ces vallées des sierras ont toutes les conditions nécessaires à la culture des arbres fruitiers, du tabac, des plantes médicinales et des plantes servant à la teinturerie, tandis que les prairies alpines offrent un présent agréable et un grand avenir a Félevage du bétail et une production de fromage et de beurre comme dans Jes Alpes de la Suisse.
La formation sous-tropicale constitue ce que l'on pourrait appeler le jardin de la République Argentine telle est la magniflcence de ses paysages d'une fertilité enchanteresse.
Cette région doit ses richesses aux hautes Cordillères, dont fait également partie la chaîne de TAconquija. Ces montagnes arrêtent les vents humides venant de l'océan Atlantique et en absorbent l'eau. L'humidité qui couvre les versants des monts et fournit d'eau, de brumes, de pluies et de nombreux fleuves et cours d'eau, les terres situées au pied de ces montagnes, et une grande partie de la plaine, forme à elle seule cette végétation splendide.
On distingue dans cette formation le mont Subtropico à la partie inférieure des versants; le Parque là où les pentes se confondent avec la plaine; la zone del cebil dans la plaine; plus loin la zone du quebracho Colorado; dans les montagnes la région de Vaune et celle du quenoa; et au-dessus d'elles ou à leur côté la région des prairies alpestres.
Le mont Subtropico se trouve seulement sur le versant oriental des montagnes et atteint au maximum une hauteur de 3.500 pieds. Il se compose d'une grande quantité d'arbres magnifiques à l'abri desquels croit une riche végétation d'arbustes. Dans les parties où il y a presque toujours de l'ombre, le sol se couvre de fougères tandis que dans les endroits où la lumière pénètre facilement, les graminées et diflerentes autres herbes y croisent en abondance. Les troncs d'arbres sont en général recouverts de parasites appartenant à diverses familles telles que les orchidées,
les broméliacées, les cactées, les piperacées, les mousses et les lichens. Des lianes gigantesques s^enroulent autour de ces troncs, laissant tomber à terre leurs racines de côté et d'autre, tandis que les tiges pendent aux branches des autres arbres, qu'elles ornent au printemps de leurs superbes fleurs. Les habitants [de la province de Tucuman connaissent et admirent ces merveilles, et, cependant, les forêts d'Oran sont encore supérieures en beauté à celles de Tucuman.
Parmi les arbres de la forêt sous-tropicale figure en première ligne le tipa, arbre d'une forme élégante et dont le feuillage procure beaucoup d'ombre. Le printemps Tome de nombreuses fleurs papilionacées. Dans les ravins de Monteros le tipa atteint une hauteur de 150 pieds et ses branches ne commencent qu'à une élévation de 60 à ^0 pieds.
Le laurier est presque aussi abondant. C'est également un arbre magnifique, mais son sommet est moins ample. Près de Lules ou dans VAlto de las SolinaSy il forme des forêts.
Un troisième élément est formé par le noyer, semblable au noyer d'Europe ; il donne des fruits enveloppés d'une écorce très dure. Viennent ensuite le ramo blanco, le ramo Colorado et le cèdrcy dont le bois est très apprécié pour l'ébénisterie. -
Il faut ensuite mentionner les acacias connus sous les noms de cebil blaneo, cebil coloradoy horco cebil et quelques autres.
On trouve ensuite deux magnifiques espèces de myrtacées, la bruyèi'e et le myrte, arbres majestueux donnant un fruit qui se mange, de la grosseur d'une guigne.
On doit également mentionner le palo de San Antonio et la lanza blanca. Parmi les arbres de haute taille il convient de citer le palo borracho^ sorte de bombacée au tronc énorme, garni de fortes épines quadrangulaires, de feuilles dentelées, de grandes fleurs blanches et de fruits remplis d'une sorte de coton blanc, aux fils peu unis, qui ne s'emploient que pour la fabrication des mèches.
La bardanCf sorte de binoniacée, est également un ornement des forêts sous-tropicales. L'aspect de ces arbres gigantesques est véritablement merveilleux, lorsque leurs branches noires et sans feuilles pendant l'hiver, se couvrent au printemps de millions de grandes fleurs roses ou jaunes, annonçant la pousse des feuilles.
Il faut de plus citer, parmi les arbres élevés, Vurunday; le quina-quina, qui renferme une résine aromatique ; le cascaron, légumineuse élevée, le rouvre, le marier, le tatané, l'aubépine, arbre magnifique des légumineuses ; le palo mortero, qui ressemble beaucoup au tipa; le pacay; le suiquillo et quelques autres. Tous ces arbres fournissent à l'industrie des bois précieux.
Parmi les arbres moins élevés que les précédents figurent : le zapallo caspi, d'un bois très poreux, le petit pêcher blanc, le coronillo, le vicaru, le chalchal, le runacaspi et le coca del Monte.
Un des principaux éléments de ces forêts est V oranger des bois qui apparaît ici, où il s'est acclimaté, sans doute à la suite de quelques graines que l'on a transportées ou perdues.
Le cocotier des montagnes de la province de Cordoba s'appelle ici cochuchu. Il forme comme une lisière sur les confins supérieurs de la forêt sous-tropicale.
Le tala et le garabato, ce dernier de la famille des mimosas, croissent parmi les
grands arbres de celte forêt. Une variété de garabato se trouve en sorte de lianes après les arbres.
On trouve également d^ns les forêts de Tucuman un certain nombre de plantes grimpantes, de forme magnifique. L'on appellent vejuco les grandes plantes grimpantes, appartenant en grande partie aux binoniacées, tandis que les petites reçoivent le nom de enredaderas.
La tripa de fraile, une légumîneuse, est une jolie enredadera, également connue dans la province de Cordoba.
En ce qui touche à la végétation des parasites^ il faut mentionner de nombreuses orchidées^ des motisses et des lichens qui sont plus nombreuses en variétés qu*en espèces.
Les fougères et les graminées forment presque toute la richesse des herbes, qui sont peu nombreuses à cause de Tombre épaisse que donnent les arbres.
Le parque se distingue de la forêt, parce qu'il présente alternativement des groupes de bois, de bruyères, des prairies et des arbres dispersés. La région du parque est très fertile et sert à la culture de la canne à sucre, du maïs^ du riz et du tabac.
Les variétés d arbres qui se trouvent dans le parque sont en général les mêmes que celles que Ton rencontre dans la forêt sous-tropicale, possédant cependant quelques espèces de plus qui ne se rencontrent point dans celte dernière, comme par exemple : le lecheron, lepacarUy dont les fruits et l'écorce fournissent un savon naturel; le figuier y le tareo^ remède populaire contre les maladies vénériennes; le ceiba, qui orne le paysage de ses grandes fleurs rouges ; le sombrero del toro, sorte de myoschilus de fruits agréables et que Ton mange.
Dans les bruyères des parties moins fertiles de la région du parque, figurent principalement deux espèces, le tala et Yespmdlo.
Les prairies de cette région montrent une agréable verdure avec leur épais gazon, principalement formé d*une seule graminée, le paspalum noiatum, qui constitue un excellent aliment pour les animaux.
Dans la zone du cebil^ cet arbre domine complètement, et c'est à peine si Ton y rencontre le gaïac et quelques autres arbustes. Le cebil est, par son écorce riche en substance tannine, un des arbres les plus utiles du pays.
La végétation herbacée diffère de celle du parque, particulièrement par le fait de ce que le paspalum y est remplacé par une sorte de graminée qui ressemble à celle de la pampa.
Dans la zone du quebracho Colorado^ figurent pirinci paiement Tarbre du même nom, les ialas et le misioL Le quebracho Colorado est un arbre élevé et superbe, dont le sommet est peu épais. Le bois de cet arbre donne lieu à une grande exploitation.
Au-dessus de la forêt sous-tropicale et plutôt sur les flancs escarpés des Cordillères que sur ceux delà chaîne de rAconquija s'étend la zone du pin. C'est un arbre d'une hauteur moyenne, avec beaucoup de branches et un sommet épais ; il ne ressemble cependant à aucune espèce de pins d'Europe. Son bois peut être utilisé.
La zone de l'aune est moins uniforme. Cet arbre forme une forêt épaisse et
3i LAGRICULTURE ET L'ÉLEVAGE
sombre sur les versants escarpés et dans les profonds ravins, ayant beaucoup de ressemblance avec Taune européen.
La zone du quenoa s'élève sur celle de Faune, dont elle est assez distinctement séparée. L'arbre qui la caractérise est celui qui lui donne son nom. Le quenoa est une espèce de rosacéesy très noueux et ayant beaucoup de branches, et dont rélévation atteint jusqu*à 16 et 20 pieds. Son bois est très dur et son écorce en forme d'écaillés, semblable à la feuille sèche du tabac, lui fait donner, dans la sierra de Cordoba, le nom de tabaquillo.
Les prairies alpestres occupent le versant occidental et la cime des montagnes, leur limite supérieure varie entre 10.000 et 11.000 pieds, tandis que leur limite inférieure s*étend jusqu'aux vallées. Les principaux éléments de la végétation des prairies alpestres sy présentent à l'étude en un grand nombre de variétés.
Les bruyères se trouvent dans les prairies alpestres jusqu'à une hauteur considérable et particulièrement dans les ravins où elles consistent principalement en solanées, composées et épine-vinette.
Dans les Cordillères, à une plus grande élévation que les prairies alpestres^ où le climat est rude et désagréable, le sol stérile et l'eau en petite quantité, on trouve une flore pauvre, composée de quelques plantes caractéristiques formées par de gigantesques cactées et par une végétation herbacée limitée, qui constitue la formation de la puna,
A quelque distance des Cordillères, un peu à l'Est, où le climat est plus sec que sur le versant oriental de ces montagnes, on remarque immédiatement un changement dans la végétation : cVst qu'elle commence à pénétrer dans la formation du Chaco.
Aux formes magnifiques de la forêt sous-tropicale succèdent des arbres moins élevés, tandis que les bruyères augmentent en proportion. Les bois et les bruyères sont fréquemment coupés de plaines couvertes de graminées. L'arbuste le plus caractéristique de cette formation est le petit pêcher, de taille assez élevée, très pourvu de branches, dont le bois est dur et l'écorce couleur tabac. Un des autres arbres caractéristiques est le palo santo, de la famille des zygofilées, de bois très résineux auquel la population rurale attribue des vertus médicales, et le palo mataco.
Le vinalei'le quilinOydeixx mimosées, ayec de grandes épines et d'une forme grotesque sont très répandus dans le Chaco et le nord de la province de Santa Fé. Le vinal est très estimé parce que ses fruits servent d'aliment aux animaux, que ses feuilles sont employées comme remède dans certaines maladies des yeux, et que le tronc s'utilise comme bois.
Il faut encore mentionner le chaguaryj une broméliacée avec les fibres duquel les Indiens font des petites cordes et différents tissus, et plus spécialement ces sortes de chemises qu'ils emploient comme cuirasse pour se garantir des flèches.
La formation paraguaya s'étend au nord de la province de Corrientes et sur le territoire national de Misiones. Elle est peu connue. Une forêt semblable à la forêt sous-tropicale couvre ces régions. L'arbuste de la yei'ba donna aux jésuites, à une
DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTLNE
époque éloignée, de grands profits, lorsqu'ils exploitaient ces territoires à la manière féodale.
La formation mesopotamica est celle qui domine dans les provinces de Corrientes et d'Entre Rios. Cette formation diffère en général de celle de la pampa par sa grande abondance d'arbres et d'arbustes. Les bruyères et les forêts ne manquent point. Le grand bois de Montiel, par exemple, est assez connu. Une partie de la végétation des lisières est formée de forêts dans lesquelles domine un arbre appelé yatay. Sur le gazon, l'élément principal est le paspalum ?iotatum et quelques autres herbes caractéristiques de ces prairies.
TERMIXOLOGIK SCIENTIFIQUE
DES NOMS VULGAIRES QVl FIGURENT DANS LA FLORE PRÉCÉDENTE
Chardon, — Zanthium ilalicum.
Piment, — Capsicum microcarpum.
Caroubier. — Prosopis.
Caroubier blanc, — Prosopis alba.
Aune. — Alnus ferruginea.
Alvarillo del campo. — Ximenea americana.
Myrte. — Eagenia unifiera.
Atamisqui. — Atamisquea marginala.
Oranger. — Lippia lycioides.
Brai. — Cœsalpina prœcox.
CabeUo de angel. — Clemalis Hilarii.
Camambu. — Pbysalis vitiosa.
Capiqui. — Stellaria média.
Chardon noir. — Circium lanceolalum.
Carretilla. — Medicago denticulala.
Glaïeul. — Phalaris.
Cèdre. — Cedrela brasiliensis.
Ceibo. — Erilhrina crisla-galli.
Carline. — Xaulhium spinosum.
Chalchal. — Schraidelia edulis.
Chanar. — Gourliœa decorticans.
Arsin. — Datura stramonium.
Cigué, — Conium maculatum.
Coca del Monte. — Erilhroxylon ovatum.
Cocotier. — Xanthoxylon coco.
Cartadera. — Gynerium argenteum.
Cuerno del diablo. — Martynia lulea.
Garabato. — Acacia tucumanensis.
Gaiac. — PorJiera hygrometrica.
Figuier. — Carica quercifolia.
Fenoutlle. — Coriandrium fœniculum.
Cactier. — Larrea divaricata.
Lagana de perro. — Ponicinia Gilliesii.
Lanza blanca. — Myrsine marginata.
Lawier. — Nectandra porphiria.
Lecheron, — Sapium aucuparium.
Lengua de vaca. — Rumex.
Mastuerzo macho. — Capsella bursa pastoris.
Mastuerzo hembra. — Senebiera pinnatifida.
Mata pulgn, — Schkuhria abrotanoides.
Bruyère. — Eugenia mato.
Mechoacan. — Ipomoea megapotamica :
Mistol. — Zizyphus Mistol,
Molle. — Duvana.
Molle a beber. — Lilbrœa Gilliesii.
ScneviK — Brassica nigra.
Noyer. — Juglans nigra.
Nandubay. — Acacia cavenia.
Ombu. — Pircunia dioica.
Ortie. — Urlica.
Pacara. — Enlerolobium timbawa.
Pacay. — Juga Uruguensis.
Palo de San Antonio. — Myrsine lloribunda.
Palo borracho. — Ghorisia insignis.
Palo mataco. — Achatocarpus nigricans.
Pin. — Podocarpus angustifolia.
Piquillin. — Condolia microphylla.
Pouliot. — Lippia turbinata.
Pouliotde Castille. — Lippia polystacbya.
Quebracho flojo a quirillin. — Jodina rhombi-
folia.
Quebracho blanco. — Aspidosperma Que-
bracbo.
Quebracho Colorado. — Loxopterygium Lo-
renlzii.
Quenoa. — Polylepis racemosa.
Quinoa. — Cbenopodium murale.
Ramo blanco. — Cupania uruguensis.
LAGRICLLTCRE ET L'ELEVAGE
Bamo ealcrado. — Capacia Teroalis.
Genêt. — Balnesia relama.
Rerienta-cabaUo. — Solanum elseagnifolium.
B(marin. — Heterolhalamus bninioides.
Bunoeaspi. — Acbato carpas nlgricans.
8atUe américain. — Salix HamboldUana.
Sureau, — Sambacus australis.
Tareo. — iacaranda chelonia.
Ta$i, ' Morrenia bracbystephana. Tipa, — Macba*riam fertile.
Totora, — Typha.
Trèfle. — Trifoliam poljrmorphiun.
Trifxi de fraile, — CaoaTalia gladiata.
Raisin de bois. — Salpicbroa rbomboidea.
Vicaru. — Raprecbtia excelsa.
Vinal, — Prosopis msetfolia.
Viznaga. — Ammî TÎznaga.
Yuyo de zapo. — Pascalta glaœa.
Yuyo amarîllo. — Xlmenesia micrôpiera.
Yuyo de pajarito. Lepidium pqbescens.
Zapallo caspi. — Pisonia.