‹ L'agriculture et l'élevage dans la République ArgentineChapitre 7 sur 140 · ESQUISSE GÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ESQUISSE GÉOLOGIQUE

Les éléments caractéristiques de la configuration du pays sont les plaines, les montagnes isolées (sierras pampaneas) et les Cordillères.

La plus grande partie du pays est constituée par une plaine étendue, la pampa, qui va s'élevant graduellement du Sud au Nord-Ouest. Sur la limite ouest de la République, s'élève la Cordillère, qui diminue de hauteur au fur et à mesure que ses ramifications s'étendent vers le Sud.

Au groupe des sierras pampaneas, appartiennent : la sierra du Pié de Palo (à San Juan) ; la sierra de Famatina avec sa ramification ; la sierra de la Huerta ; la sierra de Gulumpaja, qui communique au Nord avec le plateau bolivien et traverse au Sud la sierra de la Rioja; la sierra de Tucuman et celle de Catamarca et comme lui faisant suite au Sud et isolées, les sierras de Cordoba et de San Luis, et finalement les sierras du Tantil et de la Ventana.

Ces montagnes sont généralement parallèles à la Cordillère et se caractérisent par un versant orientai à pente douce, tandis que le versant occidental est souvent escarpé ; leurs cimes dépassent rarement la région des neiges éternelles.

L'élément essentiel de toutes ces montagnes est le schiste cristallin, principalement le gneiss.

La disposition de la stratification ou des couches suit généralement la direction principale des montagnes du Nord au Sud.

La pierre calcaire, le marbre se présentent en abondance dans les sierras de Cordoba, de la Huerta et du Pié de Palo.

Le granit entre aussi pour une grande part dans la formation des sierras pampeanas. Il forme de grandes masses dans les sierras de Tucuman, des Capillitas, de Famatina, de Cordoba et de San Luis.

Le quartz abonde dans le granit ordinaire des sierras de Cordoba et de San Luis. Dans les sierras pampaneas on rencontre de nombreuses couches de porphyre quartzeux et de? roches éruptives de date récente (roche trachytique et basalte).

Les ramifications volcaniques des sierras pampaneas donnèrent lieu à certains endroits à des filons métallifères d'or, d'argent, de cuivre et de plomb.

Sur les bords de la plus grande partie des sierras pampaneas s'étend généra-

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lement un terrain sablonneux et aggloméré qui disparaît bientôt par la formation sablonneuse argileuse de la pampa.

Les Cordillères ont au point de vue géologique, du 27* au 33^ degré de latitude, un massif central de granit. Autour de ce massif s'adapte une couche de gneiss et de schistes.

Ce massif central, formé de roches cristallisées, a été plus tard perforé par du porphyre quartzeux, et ces éruptions s effectuèrent d'une manière si colossale, que le porphyre quartzeux occupe une plus grande étendue que le granit. Les éruptions du porphyre quartzeux ne s'effectuèrent pas subitement mais progressivement, et il y a lieu de croire qu'elles durent avoir lieu dans Tintervalle qui a séparé la |)ériode silurienne de la période jurassique.

Une autre éruption qui a contribué puissamment à la formation de la Cordillère est celle des trachyles. Les roches éruptives, de date récente, sont celles de volcans actuellement en vigueur, et Ton peut considérer l'éruption volcanique actuelle comme une action tardive des éruptions trachytiques.

I^s différentes couches les plus générales du territoire argentin sont le sable et les agglomérés, qui ont probablement, si l'on exclut l'argile sablonneuse de la pampa, une bien plus grande étendue que celle que Ton pourrait démontrer directement.

Nos roches sédimentaires appartiennent, suivant Stelzner, à cinq couches géol(»giques absolument distinctes.

La formation cambrienne, avec ses nombreux restes de la faune primitive, est très développée dans les provinces du Nord. Ces couches se trouvent sur la couche •inférieure de l'époque silurienne.

A l'extrémité méridionale et au sud-ouest de la sierra de la Huerta, à San Juan, s'étendent des couches qui, d'après leur flore, paraissent être déformation réthique et qui est d'une grande importance pour la République, parce qu'elle est carbonifère. La couche de l'époque jurassique ne se trouve dans le pays qu'à certains endroits déterminés, ainsi, par exemple, elle se rencontre dans la Cordillère de Mendoza, au Puente del Inca, et à San Juan, dans la Cordillère des Patos et à Espinacito. Ces couches sont pleines de fossiles caractéristiques. Les sédiments jurassiques sont venus après les éruptions du porphyre quartzeux. Les trachytes et les basaltes, au contraire, dont l'éruption a eu lieu à une époque beaucoup plus récente, l'époque tertiaire, traversèrent les terrains jurassiques.

La formation tertiaire couvre de grandes étendues : on peut l'observer avec tous ses caractères spécifiques dans la province d'Entre Rios, sur les bords du Parana, près de la ville de ce nom. Dans cette région elle consiste en couches superposées de sable, de gravier, de pierre calcaire et de marne qui renferment de nombreux fossiles, en parfaite conservation.

Les pierres calcaires tertiaires ont donné lieu à la création de nombreux fours à chaux qui envoient en grande abondance leurs produits sur le littoral. L'époque tertiaire va depuis Entre Rios, vers le Sud, jusqu'à Bahia Blanca, à l'embouchure du rio Negro et s'étend sur tout le territoire appelé patagonique, jusqu'à Punta Arenas dans le détroit de Magalanes.

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L*époque tertiaire se trouve également représentée dans la partie ouest de la République à Catamarca et San Juan, par exemple^ où elle est fréquemment traversée par d'épaisses couches de plâtre. La plus épaisse de ces couches se trouve, cependant, dans les Cordillères de Mendoza et de San Juan où elle forme différentes montagnes, comme dans Yalle Hermoso.

Dans toute la partie plane de la République, entre l'océan Atlantique et le versant oriental des Cordillère?, s*étend presque sans interruption une couche argileuse appelée généralement, à l'exemple de d'Orbigny, formation pampeancr (diluvienne). Son épaisseur atteint 15 et même 20 mètres. En général, la chaux, intimement liée avec largile pampeana, s'est souvent concentrée en forme de blocs plus ou moins grands, ou a formé de petites couches, appelées losca ou caP de agua. Cette chaux grossière se prête bien à la fabrication de la chaux hydraulique.

Dans ces terrains, on a trouvé des squelettes, en plus ou moins bon état, de mammifères disparus, comme par exemple de mastodonte, de mégathérium, de milodonte, de gliptodonte et de toxodonte.

Après la formation de Targile diluvienne de la pampa, s'est formé uu nouveau* soulèvement sur le territoire argentin, comme cela s'explique par le fait de la découverte de bancs de coquillages qui ne purent exister que dans l'eau salée, sur différents points du littoral, jusqu'aux environs de Rosario, à une hauteur de plusieurs mètres au-dessus du niveau de la mer.

Par conséquent, le rivage de la mer a été, après l'époque diluvienne, beaucoup plus à l'intérieur, et son avancement vers l'Est ne peut avoir été occasionné que par un soulèvement quaternaire. Les grands lacs diluviens, qui existaient dans les sierras pampeanas, furent alors séparés de la mer, se séchèrent et formèrent la division entre la terre et l'eau ainsi que le système hydrographique qui existe actuellement. Les dépôts de gravier que l'on trouve dans l'argile de la pampa, près des montagnes, la masse de sable avec ses amoncellements mobiles ou errants, medanos, les grandes plaines de la partie centrale ainsi que les salines, tout cela est dû à la dernière époque de formation de la République Argentine, à l'époque d'alluvion.

Au sujet des salines, il faut se rappeler que si la plaine couverte d'argile pampanea s'élève vers l'Ouest, il arrive toutefois qu'elle subit en certains endroits des dépressions assez considérables.

Ainsi, par exemple, tandis que la pampa atteint sur le versant oriental de la sierra de Cordoba une hauteur de 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle s'abaisse à l'ouest de cette chaîne de montagnes jusqu'à 160 mètres, pour se relever un peu plus loin à la même hauteur. Dans ces dépressions, comme celle qui se trouve entre les sierras Cordoba, d'un côté, et celles de Catamarca et de la Rioja, de l'autre (entre 28* et 32* de latitude) s'étend sur environ 5.000 kilomètres carrés la saline la plus vaste du pays. D'autres plus petites existent dans différentes parties basses de la pampa.

Ces salines sont presque totalement dépourvues de végétation, et se présentent, suivant la saison, sous différents aspects. Pendant les mois de sécheresse, le sol

argileux est dur et montre à sa surface comme une efflorescence qui forme une couche de sel de quelques millimètres d'épaisseur, de sorte que, à première vue, elle présente l'aspect d'un champ couvert de neige. La légère croûte cristalline est spécialement formée de chlorure de sodium (sel commun), de sulfate de magnésie et de sulfate de chaux. Pendant la saison des pluies, cette croûte disparait, les sels dissous pénètrent dans Targile et «e mêlent à Teau dans les parties basses, pour former de petits lacs très salés. Ceux-ci, à leur tour, se dessèchent au commencement de Thiver, les sels cristallins et autres se séparent d'une manière très caractéristique. Les sulfates se concentrent sur les bords des lacs et le chlorulre de sodium forme au centre, des bancs suffisamment solides, exploités au profit des communes et villages voisins.

L'origine des salines n'est pas encore suffisamment expliquée : ou ce sont des restes de lacs salés, qui à Tépoque d'ail uvion couvrirent les parties basses de la pampa, ou bien ce sont des produits d'extraction et de dissolution des dépôts de sel qui se trouvent dans les formations sédimentaires des sierras pampeanas et qui furent successivement entraînés vers de plus fortes dépressions par les fleuves qui prennent naissance dans ces montagnes. Comme les fleuves sont en grande partie très salés, et comme, d'un autre côté, l'on rencontre également des salines dans les montagnes et même sur les hauteurs des Cordillères, où sûrement les eaux de la mer n'arrivaient point dans la période diluvienne, on peut en conclure que cette seconde hypothèse de la formation des salines est plus admissible que la première, ou tout au moins que la plupart d'entre elles.

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