‹ L'agriculture et le phosphate de chaux: notice sur les travaux et sur lesChapitre 2 sur 49 · ET LE · texte numérisé non relu

ET LE

Quand on considère l'influence prépondérante qu'exerce la production du sol sur la puissance des États et sur le bien-être des populations, on ne peut s'empêcher de reconnaître que tout ce qui contribue à son augmentation est digne de fixer l'attention des hommes d'État et des esprits les plus éminents.

Le chiffre de notre population s'élève régulièrement et la consommation s'accroît dans une proportion plus grande; l'insuffisance de notre production devient annuellement plus évidente et plus sensible ; pour répondre aux nécessités les plus pressantes de son alimentation, la France est obligée d'exporter d'immenses capitaux. 1> r ireté des denrées alimentaires, leur cherté, l'exportation périodique de numéraire, qui s'engendrent logiquement, ont

aussi pour conséquence ces crises financières et industrielles dont souffre si cruellement le pays.

Cette situation crée des dangers qui ne peuvent se prolonger sans dommages graves. Élever normalement les produits de la terre au niveau des besoins généraux serait évidemment le remède efficace à une telle situation.

Ce résultat est-il possible ?

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les esprits les plus éminents ont été frappés de cette situation; nous voyons, en effet, dans les ordonnances de Sully, de Çolbert et de Turgot, les traces profondes de cette préoccupation qui se trahit par des alternatives de liberté et de prohibition plus ou moins absolues dans le commerce des grains, et nous avons vu que, quels qu'aient été les divers systèmes adoptés par ces grands hommes d'État, le mal n'en est pas moins allé en augmentant.

C'est que le problème à résoudre, n'est pas seulement une affaire de commerce, mais est, avant tout, une question de production.

Le célèbre Vauban l'avait admirablement pressenti, lorsqu'il écrivait ces remarquables et prophétiques paroles :

« On s'est aperçu que les biens de campagne ren- « dent moins qu'ils ne rendaient autrefois ; peu de « personnes ont pris la peine d'examiner à fond

« quelles sont les causes de cette diminution qui « se fera sentir de plus en plus si on n'y apporte « le remède convenable (1) . »

Ces causes étant restées jusqu'ici ignorées, on n'a pu appliquer le remède convenable qu'appelait la prévoyance de l'illustre ingénieur.

Cependant la simple observation des besoins journaliers de la culture aurait dû, depuis longtemps, conduire les agronomes à reconnaître les motifs de cette diminution, car ils tiennent au principe même -de toute production ; n'est- il pas, en effet, constant que la fertilité est une qualité pondérable, définie, susceptible d'augmentation et de diminution et que le sol ne peut produire indéfiniment de lui-même ?

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