‹ L'agriculture et le phosphate de chaux: notice sur les travaux et sur lesChapitre 9 sur 49 · Voir pages 39 et 40 de la première partie · texte numérisé non relu

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devais du moins le croire) étant proclamé de tous côtés et ne faisant plus doute dans l'esprit de personne, ces brevets ajoutaient évidemment une valeur vénale à mon industrie; aussi fixa-t-elle l'attention de divers spéculateurs et notamment d'un personnage très-haut placé.

Des propositions d'achat de mes brevets et des traités du droit d'extraction que j'avais passés avec un grand nombre des propriétaires des terrains phosphatés, me furent faites et une somme trèsimportante proposée, mais au cas seulement où la validité de mes brevets, que Ton m'annonçait devoir être attaqués en nullité par les anciens entrepreneurs d'extraction, serait maintenue par les tribunaux.

J'attendais donc avec impatience les jugements qui allaient être prononcés; mon avocat M e Marie, qui, comme député, avait pris part à la discussion de la loi de 1844 sur les brevets d'invention et d'application, ne faisait aucun doute qu'ils ne fussent maintenus en ce qui concerne l'application à l'agriculture du phosphate à l'état de poudre naturelle.

Quelle fut donc notre surprise lorsque, par son arrêt en date du 17 mai 1861, la cour tout en rejetant la théorie des premiers juges n'en prononça pas moins la nullité de mes brevets \

1. Voir le jugement de première instance et l'arrêt de la cour, page XLVII et suivantes de l'Annexe ; voir également page XLII.

Un pourvoi contre cet arrêt fut inutilement tenté devant la cour suprême.

Après seize années révolues depuis le prononcé de cet arrêt, je me demande encore quel mystère il cache, puisqu'il est vrai que la spécification ou l'objet de mes brevets d'application n'y est même pas mentionné.

Tout espoir était donc encore perdu de ce côté, néanmoins je luttais toujours, encouragé que j'étais, non-seulement par les parents et les amis qui m'avaient prêté leur concours financier, mais encore par les agriculteurs et les hommes les plus éminents de la science et de la magistrature.

C'est ainsi qu'après avoir reEdu compte de toutes les difficultés et embarras de la situation qui m'était faite, situation d'ailleurs parfaitement connue d'eux tous, messieurs Élie de Beaumont, sénateur, membre de Tlnstitut et de la Société d'agriculture ; Dumas, sénateur, membre de Tlnstitut et président de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale; de Raynal, aujourd'hui procureur général à la Cour de Cassation; Darblay jeune, député de Seine-^t-Oise; Michel Chevalier, sénateur, membre de l'Institut^ et Pommier, membre de la Société d'agriculture de France, voulurent tenter un dernier effort, en adressant à l'Empereur la lettre ciannexée (Voir page LXVII et suivantes).

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L'Empereur était à Vichy ; afin d'éviter tous retards dans la remise de cette lettre, M. Élie de Beaumont qui vint lui-même me l'apporter m'engagea à m'y rendre immédiatement. Le lendemain j'étais à Vichy où je priai M. le général Favé de vouloir bien mettre cette pressante requête sous les yeux de l'Empereur. Il le fit le jour même et en me la rendant il me dit que l'Empereur l'avait chargé de m'informer qu'il allait donner de nouvelles

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