LES SYSTÈMES DB CULTURE PRIMITIFS
de valeur, on élèverait ou engraisserait du bétail qui, au contraire, se vendra de plus en plus cher parce que raccroissement de la consommation de la viande sera la conséquence de Taugmentation des salaires. »
Maïs pourquoi le cultivateur a-t-il différé Tadoption d'un système de culture qui réclame précisément l'aptitude spéciale de la terre ? Pendant longtemps, le défaut de moyens de transport a rendu nécessaire la production des grains qui devaient ôtre consommés dans la région môme et que Ton ne pouvait pas tirer du dehors. Cest là déjà une raison d*ordre économique. M. Risler en indique une. autre et la portée de cette observation est trop grande pour que nous hésitions à citer le passage* :
« Les marnerde la formation du lias couvrent en France deux millions d'hectares. Elles sont destinées à être transformées en herbages ou prairies. Cette transformation est faite sur une partie d*entre elles et elle se continue, mais elle est ralentie ou souvent arrêtée chez les fermiers par le manque de capitaux, et, chez le propriétaire, par le manque dHntelligence de leurs intérêts. Avec l'assolement triennal etlacul* ture des céréales, il suffisait d'un faible capital d'exploitation ; la récolte se vendait chaque année, et si elle ne couvrait pas tous les frais, elle fournissait du moins de quoi payer le fermage. Mais pour convertir ces terres arables en herbages, il faut, après les avoir bien préparées et avoir fait le semis, attendre la deuxième année pour obtenir un produit satisfaisant, et ce n'est qu'au bout de plusieurs autres années que ce produit est complet. Puis, il faut acheter du bétail qui ne peut se vendre qu'au bout de quelques mois^, si l'on fait de ^engraissement, et au bout de quelques années, si l'on fait de l'élevage.