‹ L'agriculture moderne: (8. mille)Chapitre 21 sur 81 · TRANSFOBMATION DES SYSTÈMES DE CULTURE · texte numérisé non relu

TRANSFOBMATION DES SYSTÈMES DE CULTURE

On voit de suite la portée économique des vues le rillustre agronome; il la dégage plus nettement ncore, lorsqu'il dit :

« D'un autre côté, Fassolement triennal exclusif est mtolérant par sa nature, repousse toute combinaison qui lui est étrangère, toute récolte autre que le petit nombre d'espèces de céréales pour lesquelles il a été calculé ; les plantes sarclées propres à la nourriture de l'homme, et en particulier la pomme de terre qui commence à jouer un rôle si important dans la subsistance des peuples, ne peuvent y être introduites que d'une manière forcée, en y donnant de chétifs produits et en nuisant essentiellement aux récoltes de grains qui suivent, tandis que la culture des plantes de cette classe forme un des principaux pivots des assolements alternes où elle présente une excellente préparation pour la récolte suivante.

« Ce sont là les principales causes pour lesquelles le système de culture alterne peut fournir à la subsistance d'une population beaucoup plus nombreuse que ne peut le faire l'assolement triennal. »

M. de Dombasle termine enfin par ces considérations économiques et sociales :

« Le système de culture alterne peut se plier infiniment mieux que l'assolement triennal à satisfaire à tous les besoins d'une nation, selon les divers degrés de sa population, de sa richesse et de son industrie^. L'assolement triennal est inflexible sous le rapport de la quantité comme sous le rapport de la nature de ses produits. Calculé pour la culture de trois ou quatre espèces de céréales, qui formaient tout le domaine de l'agriculture à l'époque où il a été conçu, très peu

d'autres plantes peuvent y être introduites avec avantage ; la quantité de produits animaux qu'il a créée pour la nourriture de l'homme, comme viande, lait, beurre, fromage, est très peu considérable : en sorte que, chez les nations qui Tout adopté, les dix-neuf vingtièmes de la population doivent se nourrir presque uniquement de pain.

« La quantité de grain qu'il produit, prise en terme moyen sur un certain nombre d'années, est invariablement la même, et n'est susceptible de recevoir aucune augmentation, si ce n'est par des moyens pris en dehors de lui-même : en sorte que chez tous les peuples dont la subsistance est fondée sur ce système de culture, la population, de toute nécessité, reste stationnaire ; l'industrie ne peut non plus faire de progrès, à moins qu'elle ne tire du dehors les matières premières qu'elle emploie, »

« Un des hommes auxquels la science agricole doit le plus dans toute l'étendue du continent européen* a dit « Les véritables greniers d'abondance sont dam « les bons assolements, »

« En effet, non seulement ce sont les bons assolements qui peuvent seuls fournir des moyens de subsistance à une population nombreuse, mais ils peuvent seuls aussi présenter autant de garanties qu'on a droit d'en attendre dans l'ordre social, que la masse des subsistances se maintiendra constamment et avec uniformité au niveau des besoins de la population.

« Dans les nombreuses combinaisons des assolements alternes, ce n'est plus du grain seulement que l'Agriculture crée pour la subsistance de l'homme. Des produits variés présentent bien plus de chances contre les désastres causés par une saison défavorable à une espèce de récolte.

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