‹ L'agriculture moderne: (8. mille)Chapitre 20 sur 81 · TAANSFORMATION DES SYSTÈMES DE CULTURE · texte numérisé non relu

TAANSFORMATION DES SYSTÈMES DE CULTURE

retour périodique de la culture des plantes qui épuisent la terre et de celles qui Faméliorent; le retour périodique de la culture des plantes qui permetlent de détruire pendant leur croissance, par des sarclages et desi binages, les plantes naturelles du sol qui nuisent aux récoltes; et la suppression de la jachère.

« Dans ce système^ la jouissance du pâturage en commun est impraticable.

a L'application de ces principes éprouve sans doute des modificatioûs dans un graVd nombre d'exploitations où l'on a adopté une culture perfectionnée. Par exemple, la suppression de la jachère n'est souvent pas absolue; on considère seulement cet antique procédé de culture comme un remède dont l'emploi est très onéreux pour le cultivateur, mais dont l'application est nécessaire dans un petit nombre de circonstances; on l'emploie, en conséquence, à des époques plus ou moins éloignées, principalement dans les sols excessivement tenaces, selon que le besoin s'en fait sentir, et jusqu'à ce quel'améiioration progressive do la terre, obtenue par une culture plus parfaite, permette de s'en affranchir.

« De même le priaoipe de la conversion des priuries permanentes en terres arables ne reçoit souvent pas une Implication complète; c'est une réserve sage, tant qu'on n'a pas acquis assez d'expérience dans la culture des prairies artificielles pour être bien assuré qu^ ce moyen ne laissera jamais manquer de nourriture pour le bétail.

« Les principes de l'art éprouvent encore parfois d'autres modifications $ mais il demeure vrai que l'ensemble des principes fondamentaux que je viens diétablir, et chacun d'eux en particulier, forment bien le caractère essentiel du système de culture alterne pris dans toute sa pureté.

32 l'agriculture modërnb

« L'étendue des jachères et des prairies permanentes, autant que la position de ces dernières n'en exclut pas la charrue, diminue progressivement et avec rapidité partout où ce système de culture est adopté, jusqu'à ce que les unes et les autres disparaissent complètement.

« Dans Tassolement triennal, les deux tiers des terres arables sont invariablement consacrés à la culture, des céréales ; dans les assolement alternes, il n'y en a, en général, que la moitié; mais, dans ce dernier système, les prés permanents n'étant plus nécessaires, rétendue des terres soumises à la charme est plus considérable, ce qui rétablit à peu près Téquilibre. En sorte qu'on pourrait croire, au premier coup d'œil, qu'on récolte autant de grains par une méthode que par l'autre, et que toutes deux fournissent une égale quantité de nourriture pour l'homme. Cependant, la différence est immense • Vabondance de nourriture destinée au bétail que pro^ duii la culture alterne permet de consacrer aux terres infiniment plus d'engrais^ et les récoltes de tout genre s'augmentent à proportion,

« Je prendrai pour exemple l'agriculture d'une grande partie de la Flandre et de la Belgique, qui fournit peutêtre le modèle de la culture alterne le plus ancien et le plus parfait qui existe en Europe, mais qui n'est bien connu que depuis un petit nombre d'années.

« Là, le produit moyen en grains d'une étendue donnée de terre, semences déduites, est environ double du produit moyen des terres de même nature soumises à l'assolement triennal dans la généralité de la France»*.

1. Voyez DiEUDONNÉ, Statistique du département du Nord; ScHWERZ, Anîeitung zur Keuniniss der Belgischen Landwirth schaft; Cordier, Agriculture du département du Nord.

Page 1