LES PLUS-VALUES FONCIÈRES
surtoui contre les obstacles provenant des propriétés physiques du sol arable, propriétés bien plus difOciles à modifier que la composition d'une terre qu'il s'agit simplement de compléter, mais dont la culture est facile.
L'amélioration des terres labourables de TOuest a été commencée vers 1840 et poursuivie* jusqu'à la veille de l'enquête dont nous parlons. Pour mesurer, au moins approximativement, les progrès culturaux accomplis, il suffît de noter le développement pris par le froment substitué le plus souvent aux céréales inférieures, sarrasin ou seigle, et à la jachère.
Voici les surfaces consacrées au blé en 1840 et en 1882, d'après deux enquêtes agricoles auxquelles nous empruntons les chitFres suivants :
Maine-et-Loire , .
Vendée
Loire-Inférieure .
lUe-et-Viluine. . .
Deux-Sèvres . . .
Mayenne
Sarthe
AUier
Nièvre
On voit quelle a été la rapidité des progrès accomplis dans l'Ouest et même dans le Nivernais ou le Bourbonnais sur des terres analogues appartenant aux mêmes formations géologiques.
En même temps les cultures fourragères étaient améliorées et le nombre des animaux de ferme, celui
Su; faces en froment
(milliers
d'hectares)
50 'agriculture moderne
des bovidés notaminent, s'accroissait dans des proportions extraordinaires :
Nombre d'animanx de Tespèi^ bovine (milliers de tôtes).
Maine-et-Loire 207 258
Vetdée 200 473
Loire-Inférieure 241 "^335
Ille-et-Vilain© 2'i3 345
Deux-Sèvres 113 227
Mayenne 181 266
Sarthe 123 185
Allier 153 214
Nièvre 126 1G4
Cette augmentation de l'efTectif des animaux de ferme correspondait d'autre part à une production de plus en plus abondante de fumiers, c'est-à-dire de matières fertilisantes venant compléter l'action des engrais minéraux.
A propos de la chaux, Dufrénoy disait, en parlant des terrains de transition : « Dans les pays où la chaux peut arriver le capital représenté par la terre a plus que triplé. »
Et M. Risler, dans sa Géologie Agricole'^, résume tout ce qui concerne l'amélioration des terres de l'Ouest quand il dit : « Il y a une cinquantaine d'années, on suivait encore dans la plus grande partie de ces régions un sys!^me de culture très primitif. On ae faisait de plantes sarclées que dans une pièce de terre spéciale, espèce de jardin que l'on appelle « closeau » ou « bordage », où l'on concentre beaucoup de fumier et que Ton cultive à la main.
« Dans le reste des terres on faisait trois ou quatre fois du blé ou du seigle, mais toujours après une