LIS UALADIE8 DES ANIMAUX
talions trouvera du même coup celle des maladies infectieuses.
« Voilà donc Pasteur installé à Pont-Gisquet, près d'Alais, avec ses collaborateurs Gernez, Duclaux, Raulin, Maillot. Il y voit pour la première fois^es vers à soie, et se met à expérimenter sur la maladie de la pébrîne qui avait changé un pays prospère en une contrée misérable et désolée. Dans les vers malades existenlr de petits corpuscules signalés par Comalia, Pasteur le regarde comme le parasite cause du mal, en suit le développement, les voit augmenter en nombre avec les progrès de Taffection.
« Celle-oi est héréditaire; comment venir à bout d'une maladie qui passe à la descendance?
« Pasteur réfléchit qu'une épidémie, aussi meurtrière soit-elle, épargne toujours quelques sujet«r, qu'il faut partir d'une graine provenant de parents sains et qu'avec quelques précaution», des vers de cette origine arriveront toujours à filer leurs cocons. Il ima^ gine alors le grainage cellulaire dans lequel chaque papillon femelle pond à part ; les œufs faits, la mère est broyée et examinée au microscope. Ses tissus contiennentrils des corpuscules, les graines sont rejetées; en sont*il8 exempts, elles sont conservées.
« Ce procédé si simple, si facile à mettre en œuvre, a sauvé la sériciculture du fléau de la pébrine qui l'accablerait de nouveau si on ne continuait l'usage des méthodes pastoriennes.
« Au cours de ces recherches. Pasteur avait été frappé de ce qu'un parasite microscopique cause de tels ravages qu'il peut aller jusqu'à menacer l'existence d'une race aussi précieuse que les vers à soie. Ne pourrait*on pas utiliser la puissance meurtrière des infiniment petits pour se débarrasser d'insectes nuisibles ? Lors de la grande invuiion phylloxérique, il
désirait entreprendre des essais . pour opposer au dévastateur de la vigne quelque ennemi microbien. Cette idée de Pasteur a été appliquée à la lutte contre certains parasites qui ravagent les récoltes ; Cleonus puncti'ventris de la betterave a été combattu efficacement au moyen de V « Isaria destrucior » qui fait périr aussi les vers blancs quand on ajoute de grandes quantités de ses spores au sol envahi. Des procédés biologiques analogues sont mis en œuvre contre les mulots et les campagnols, auxquels on offre des appâts souillés d'un virus capable de développer chez eux une maladie infectieuse.
' « Les études de Pasteur sur les vers à soie ont rendu un grand service à Tagriculture, plus grand encore est celui que la médecine en pouvait tirer. Elles dévoilaient en effet quelques-unes des voies par lesquelles se propagent les maladies contagieuses, et réduisaient le mystère de la transmission héréditaire d'une maladie infectieuse au passage d'un microbe des parents à l'enfant.
« Mais, médecins et vétérinaires n'attachaient guère d'intérêt aux maladies d'un insecte et n'étaient pas préparés à voir des rapports entre les affections des vers à soie et celles de l'homme et des animaux de la ferme. Pasteur sent que pour les convaincre il doit s'attaquer aux maladies contagieuses des animaux vertébrés. Il commence par l'étude d'une épidémie sévissant sur les volailles, le choléra des poules. Bientôt il cultive dans des bouillons la bactérie qui en est la cause, et par des artifices très simples il transforme le microbe meurtrier en microbe atténué donnant aux volailles une maladie légère qui les met à l'abri de la maladie mortelle, comme la vaccine nous préserve contre la variole. Ce vaccin du choléra des poules peut être produit en aussi grande quantité