‹ L'agriculture moderne: (8. mille)Chapitre 56 sur 81 · LB RÔLE DE LA MACHINE AGRICOLE · texte numérisé non relu

LB RÔLE DE LA MACHINE AGRICOLE

diminution de la main-d'œuvre nécessaire (faucheuses, faneuses, râteaux, moissonneuses, lieuses, arracheurs, batteuses), le second comprendrait les machines qui ont pour objectif de perfectionner le travail (charrues améliorées, semoirs et houes, par exemple) ; c'est ce second groupe qui intéresse plus particulièrement la petite culture, les machines du premier groupe étant surtout réservées aux grandes exploitations. Les machines perfectionnées, qui effectuent l'ouvrage avec une moindre dépense d'énergie que^ les anciens modèles, se répandent assez difficilement car on n'a considéré que leur prix d'achat élevé, au lieu de tenir compte de l'économie qui pourrait résulter de leur emploi. »

M. Ringelmann ajoute ces mots qui ont une bien grande portée :

« A nos essais du Plessis (1901), en comparant une vieille charrue du pays avec un bon modèle de fabrication courante, nous avons montré qu'il y a un siècle U fallait demander aux attelages près de trois fois et demie Vénergie nécessaire actuellement pour obtenir le même ouvrage \ si l'on songe que les animaux d'alors étaient moins bien nourris, et par suite plus chétifs que ceux d'aujourd'hui, il n'y a rien de surprenant à ce que la brenne ou la lande s'étendît autrefois sur de vastes surfaces du Berry. »

Cette observation — si intéressante parce qu'elle a précisément une portée générale — doit frapper le petit cultivateur.

Ce dernier n'a pas toujours des ressources suffisantes pour acheter la machine qui lui serait utile : chaque outil de ce genre doit servir un certain nombre de îours correspondant aune sur faceminimmn^mv que son usage soiilucratif. C'est alors que peut intervenir Vassociationy qui groupe les cultivateurs et leur permet

170 L*AGRICULTUBE HODBRNE

de profiter des meilleurs instruments dont l'achat comme Tusage auront lieu en commun. On l'a dit souvent et M. Ringelmann a raison de répéter :

« Pour propager l'emploi des machines dans les petites et moyennes exploitations, il y a donc lieu d'encourager les groupements par une association syndicale. »

Ces groupements existent d'ailleurs*, et les coopératives de laiteries ont, en somme, le môme objet.

Parmi les associations il y a lieu de compter le mode d'exploitation du « métayage », véritable société groupant le propriétaire et l'exploitant.

Là devrait encore s'exercer l'action àe la bourgeoisie rurale, qui reproche si souvent aux hommes des champs l'abandon de la terre, alors qu'elle adonné la première l'exemple de la désertion et de l'indifférence.

Page 1