‹ L'agriculture moderne: (8. mille)Chapitre 6 sur 81 · LE BÔLE DE LA MACHINE EN AGRICULTURE · texte numérisé non relu

LE BÔLE DE LA MACHINE EN AGRICULTURE

instruments aux organes simples et fixes que Fkumme modifie à son gré, dont il règle Taction, Fénergie et la productivité.

En Agriculture, rien de pareil. C'est la plante qui est la machine aux* mécanismes cachés, dont la vie mystérieuse est réglée par des lois que rien ne révèle tout d'abord aux yeux. La machine, c'est la terre dont on a ignoré si longtemps jusqu'à la composition chimique, jusqu'aux transformations les plus importantes sous l'influence des saisons, de l'humidité, de la chaleur, sous Tinfluence de ces organismes microscopiques dont Faction incessante peut rendre le sol stérile ou fécond.

cl, nous le répétons, Vaction humaine est indirecte] l'agriculteur se borne à découvrir dans quelles conditions, et suivant quelles lois, la plante se développe ; il fait ce qu'on appelle de la physiologie végétale; puis, il étudie les lois naturelles qui règlent la transformation du milieu où la plante végète, c'està^ire de latoire. •

Ailleurs, l'agriculteur cherche comment l'animal se aéveloppe, de quelle manière, plus ou moins avantageuse et écoQomiqué, il transforme en lait, en laine, en viande, en force, l'aliment qui lui est donné. Et, quand il possèd<^ toutes ces notions, si incomplètes qu'eHes soient, quand il a lutté contre les circonstances imprévues, contre l'action des lois qu'il a longtemps ignorées, alors l'agriculteur ne peut que se placer dans les meilleures conditions, et*attendre une transformation toujours incertaine, parce qu'il ne peut rien sur les vents, sur les pluies, sur les agents morbides, parce qu'il commence à peine à entrevoir les lois auxquelles sont soumises ces trois machines qu'il n'a pas faites, et dont il doit pourtant se servir: la plante^ la terre, VanimaL

On se demande parfois pourquoi Findustrie agricole ne fait pas plus de progrès, pourquoi sa productivité s'accroît avec tant de lenteur. Peut-être le comprendra-t-on mieux si Ton conçoit nettement les difficultés multiples, et à peine entrevues jusqu'à nos jours, de ces transformations qui s'opèrent chaque jour sous nos yeux, mais suivant des lois que l'homme n'a pu découvrir ou pressentir qu'après de longs siècles de recherches ou de tâtonnements.

Quant à l'outil mécanique, quant à la machine au sens habituel du mot, son rôle en agriculture ne peut être etn'est jamais que secondaire. A l'inverse de ce qui se passe dans l'industrie, comme nous l'avo'ns dit et répété, en Agriculture, l'opération principale n'est pas l'œuvre de l'outil ^ ce dernier est employé aux différentes façons du sol, au labour, au hersage, à la récolte ou aux transformations des produits déjà obtenus.

La charrue fend le sol, sert à l'aérer, à le soumettre aux influences des agents atmosphériques; la moissonneuse et la faucheuse mécaniques coupent les tige^ des plantes fourragères ou des céréales, la machine à battre sépare le grain de la balle, d'autres instruments nettoient encore les céréales et remplacent l'homme dont l'action directe s'efface. Mais ces services, si appréciables et appréciés qu'ils soient, ne sont que d'une faible importance si on les compare à ceu^ que rendent en industrie les machines qui filent, qui tissent ou qui produisent la force.

Le rôle des instruments mécaniques est donc tout différent en agriculture de ce qu'il est dans l'industrie. , Les conditions dans lesquelles s'opère le travail mécanique ne sont pas moins dissemblables. Si certains instruments comme les machines à battre, si les appareils destinés à la préparation des grains, de four-

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