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LES PR0PUITS COLONIAUX

Dans Tespace de vingt ans, la production des laines coloniales a augmenté de près d'un tiers, malgré la crise qui a si fort éprouvé Télevage d'Australie de 1895 à 1903.

Le nombre des bêtes à laine avait en effet décru avec une extrême rapidité en Australie, pendant cette nériode, à la suite de sécheresses prolongées. On * -'ne idée dp 1^ puissance productive de Télevage

aura u^ - riuand nous aurons cité les chiffres suidans ce pays ^ • i^^ ^^ g ^ ^ j-ÇÇO^stitutiondes vants, qui marquent iw *^ troupeaux:

Nombre de moutons en millions de tm.^. -v

AustraMe ... 54 65 83 87 87 91 92 92 92 NouY.-Zélande. 18 48 19 20 20 22 23 24 24

Ces chiffres se passent de commentaires. Une fois de plus s'affirment les progrès de la production coloniale. 11 s'agit ici des produits d'origine animale, mais les faits que nous citons montrent bien que l'accroissement de la puissance productive des régions nouvellement colonisées caractérise l'Agriculture moderne.

Les associations d'acbat, de prod^ctiou et de yçnte.

Nous avons montré plus t^aut ayep quelle r^.pifmé s'était accrue la production agripo|p dans nn p^^y§ comme la France. Ce développement est d'i^ijatant plus rapide que Ton se rapproche davantage d^e la fin du XII* siècle ou des premières années d^ ^x*.

Le progrès des connaissan^ces agronQi)[;iiques ef p^^ipe déjà cet essor ; il est certain que Pagriculteur sait mieux cultiver et accroître la productivité des trois machines qu'il exploite â son prafit, c'est-à-dire, la terre, la plante et l'animal. D'autre part, l'accumulation des épargnes a augmenté les capitaux de culture sans lesquels il eût été impossible d'appliquer effectivement les découvertes scientifiques et de tirer du sol une plus grande masse de produits avec un bénéfice suffisant.

Des lumières et des capitaux, voilà ce qui manquait à l'agriculture française, et voilà ce que la diffusion

des connaissances, aussi bien que le- progrès de la richesse, a permis d'obtenir.

Comment les connaissances agricoles ont-elles été répandues, comment les capitaux de culture^onl-ils été accrus ?

Nous ne pouvons pas négliger à cet égard l'influence décisive exercée par Tesprit d'association dont les modalités et les manifestations constituent précisément un des traits caractéristiques de l'Agriculture moderne. En s'unissant, en se groupant, les agriculteurs se sont instruits ; ils ont fait ou complété leur éducation technique ; ils ont en même temps réalisé des économies, accru leurs épargnes, et appris à les rendre plus productives. Bien mieux, ils ont réussi à réduire leurs pertes aussi bien que leurs dépenses^ carleurs associations n'ont pas eu seulement pour objet la production mais encore la défense contre des accidents ou des fléaux. Produire et conserver, augmenter la puissance productive tout en réduisant les chances de pertes, telle a été l'action des groupements agricoles,

Deux transformations récentes ont modifié profondément la technique agricole. Nous voulons parier :

1** De l'emploi des engrais minéraux, des semences sélectionnées, des résidus industriels servant à l'alimentation du bétail ;

2** De l'usage des outils mécaniques et des reproducteurs destinés à améliorer les races d'animaux domestiques.

Les agriculteurs isolés ne savaient pas comment et à quels prix ils devaient acheter des engrais ; ils ne connaissaient pas davantage les fraudes dont ils pouvaient être victime \ En se groupant ils ont acheté à

meilieUr mâX'ché, ils tint eiîgé des garanties de dasagç. Telle a été Tœuvre de nos syndicats qui sont dBVfenus presque îmmédialiemeiit de véritables sociétés toûpéràtives de consommation^. Enfin, bommefitadairter les formules d*engrais minéraux à la nature dfes sdsj aéx ekigencesdes plantes, et même aux climats, si^^e>^'a'a pas recours à des essais qui toe peuvent pas ^tre rœûvre d'un seul parce qu'ils entiraîiient des fraîs lÈt supposent des connaissances scientifiques éteétdtiteS ? Les efforts collectifs des agriculteurs ont résolu te problème et le « syndicat » est devenu une véritable école d'enseignement mutuel,

Expliquons maintenant le rôle de Tassociation, en ce qui concerne les outils mécaniques. Une mîichine n'est utile qu'à la condition de réduire les efforts et les dépenses.

Accroître le profit ou diminuer la peine prise à dépense égale, tel est le rôle • économique de la machine. La plus parfaite, à un moment donné, est celle qui remplit ce rôle d'une façon plus satisfaisante.

Or, pour apprécier des machines agricoles, pour les comparer, pour démontrer les avantages économiques de leur emploi," il faut faire des expériences, des essais répétés dont les cultivateurs isolés seraient le plus souvent incapables. €'est l'œuvre d'un effort collectif, demandant à chacun un faible sacrifice. L'association rend ce service en se chargeant de cette

^1. Il reste à savoir si ce rôle leur est attribué par \& loi fondamentale de 1884. Un arrêt de la Gouf de Cassa'tion refuse précisément aux syndicats la faculté d'acheter ^our reVeù'mte uux adhérents. Une réfonnè de la loi s'impolfè donc.

LÉB ÀUSOCIAtlONé 211

tâche. Ainsi les « syndicats » français désignent an choix die leni^ adhérents les meilleures machines adaptées aux nécessités régionales de la culture, à l'étendue des exploitations et aux ressources des cultivateurs. En outre^, pour obtenir des coùditions de prix pto satisfaisantes, Tachât en gros, la solvabilité dWe société garantissant le paiement exact, rendent encore des services que, seule, Tassociation pouvait rendre. Il y à plus. La valeur de quelques instruments est parfois tl*op élevée pour qu'un seul cultivateur puisse faire cette àivance. L'aitiortissement du capital engagé serait ainsi trop long, car les machines agricoles, diftérïLïil ^n cela des machines industrielles, ne sont employées que durant quelques semaines chaque année. L'a'ssotîiation permet de grouper les petits cultivateurs qui achètent et utilisent en commun une machine coûteuse comme une batteuse ou une moissonneuse. On a organisé en France avec succès des syndicats de battage qui rendent de grands services et devraient être multipliés.

La CB-ve coopérative daus laquelle on fabrique en comttiun, avec d'excelïeîites méthodes, des vins ordinaires d'un type uniforme, peuvent rendre des services analogues.

Nous complétions naguère ces observations en ajoutant * :

V Tout ce que nous venons de dire à propos des engrais ou fies machiïies reste vrai pour les autres transfoniiâtions qu'ont entraînées des découvertes scieïitîAcïues tontrôlées par Texpérience et utilisées par les praticiens agricoles, de même qu'on peut agir sur la production végétale en complétant le sol à

1 . Voir notre ouvrage : Questions agricoles d'hier et cCauiouriJTkui, VatiSy chez Colin, 1904, 1 vol.

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l'aide des engrais ; on peut également atteindre 1? même but en sélectionnant les semences, et à ce sujet nous sommes encore mal renseignés. Ce sera l'œuvre du temps, et combien féconde ! La lutte contre les parasites et les maladies cryptogamiques est aujour d'hui à ce point victorieuse que nous avons recons titué notre vignoble presque détruit et que nous le défendons contre des ennemis microscopiques dont les ravages correspondraient sans cela à de véritables désastres. Cette lutte nécessite encore des groupements spéciaux pour étudier les maladies signalées, pour se procurer les instruments et les matières servant aux traitements, pour faire connaître les méthodes à recommander.

« Au point de vue si intéressant de la production animale, la nécessité de Faction collective est aujourd'hui certaine, mais elle a été imposée par l'adoption des méthodes nouvelles. L'achat en commandes aliments que fournit l'industrie est en même temps la conséquence des progrès de la physiologie, du développement de l'industrie dont l'animal transformt utilement les résidus, et de rabaissement des frais de transport.

« L'amélioration de nos races d'animaux parlasélection ou le croisement est également récente : elle nécessite l'intervention de nouvelles associations ayant pour objet l'achat et l'usage des reproducteurs, la création de livres généalogiques, la publication des résultats d'expériences sans cesse renouvelées, le contrôle de la richesse des laits ou beurres et de l'aptitude des meilleures vaches laitières... »

L'association a permis encore de créer des véritables usines dans lesquelles sont opérées des trans-

formations industrielles. Un des exemples les plus connus et les plus remarquables nous est fourni par les laiteries-beurreries. Au lieu de faire du beurre médiocre dans des laiteries mal installées et avec un outillage défectueux, nos cultivateurs ont compris qu'il fallait travailler le lait en commun, et par grandes masses, pour obtenir des crèmes fraîches, suffisamment parfumées par une fermentation bien conduite.

Le beurre obtenu avec une pareille matière première est déjà d'un goût meilleur; en le fabriquant avec propreté, on assure, en outre, sa conservation et on peut le vendre sur les marchés éloignés qui offrent des prix plus élevés. Cette organisation toute nouvelle a été rapidement assurée. Les capitaux nécessaires ont été le plus souvent fournis par les intéressés euxmêmes, et l'amortissement des avances est obtenu, au bout de cinq à six ans, par des retenues opérées sur le produit des ventes.

L'association coopérative des Charentes et du Poitou comptait, par exemple, en 1911, 127 sociétés beurrières. Le nombre des sociétaires s'élevait à 73.000. Quant à la production dulail, elle était ainsi répartie :

Liirts.

Deux-Sèvres 102. 019. 201

Charente-Inférieure 88.673 859

Vendée 46.590 807

Divers '. 63 252.054

La moyenne du nombre de litres de lait traités par laiterie, annuellement, serait de:

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