l'JOG
On aura une idée de la puissance de production de certains « pays neufs» en notant les quantités de Tiande expédiées en Angleterre. A lui seul, le marché de Smithfield, à Londres, reçoit des quantités extraordinaires de viandes étrangères et coloniales :
Moitvement commercial du marché de Smithfield, Eq milliers de tonaes.
Proportion
Vo de
Bœuf
viande de
Porc,
Provenancôs. eive%u.
Mouton.
boucherie.
lard.
Volaille.
Total
Royaume-Uni ... 39
Australasie. ... 11
Canada, Et.-Unis . 36
Amériçrae du Sud. 129 Hollande et autres
pays ...... ?♦
.' L'Angleterre a donc besoin des colonies pour assurer la consommation de ses 45 millions d'habitants, en dépit du développement si remarquable de son élevage.
Ce n'est là qu'uft exemple.
La plupart des nations de l'Europe et des Etats- Unis eux-mêmes ne^pourraient se passer de la pro-
d action coloniale pour alimenter leurs manufactures. Un spécialiste très compétent, M. Marteau, manufacturier à Reims, a dressé un tableau curieux de l'origine des laines qui sont employées en France. Voici les chiffres qu'il indique :
Origine des laines consommées par Vindustrie en France,
Millions de kilogr. »/•
Australie et Gap 81,6 32,lCr
Argentine 1(B,3 42,70
T . j,T- { Fines. . • . 9,5 3,75
Laines d Europe. . | communes. 10,0 ^aioo
Tonte française 44,0 16,40
Laine de moutons importés. ... 1,6 0,65
Ainsi les 3/4 des laines utilisées dans l'industrie française sont produites en Australie, au Cap et en Argentine. Si Ton compare la fraction que représente la tonte, ou production indigène, au total delà consommation dans les grands pays manufacturiers, on trouve les proportions suivantes pour ces dernières années * :
Angleterre 27*/o
France #..... 18 ^
Reste de l'Europe 48 —
i ' Etats-Unis 65 —
Le développement de la production de la laine dans les colonies a été d'ailleurs extrêmement rapide, il constitue un des traits saillants des transformations de l'Açjiculture moderne, surtout si l'on oppose Tam-
1 . Voir notre ouvrage : les Fibres textiles d'origine animale, Paris, chez Doin, 1910, 1 vol.
LB8 PBODUITS COLONIAUX
pleur de ces progrès à la stagnation de Télevage des moutons en Europe. De 1860 à 18Ô9, dans Tespàce de
La production des laines coloniales.
trente ans seulement, on peut noter les variations simultanées que nous résumons (iansletaljlestuiruivakiit:
Production lainière dans le monde.
Pays de preductioi.
Royaume-Uni
Continent d'Europe. . .
Amérique du Nord , . .
Australasie
Cap de Bonne-Espérance Argentine f Uruguay • .
Autres pays
En millions de livres angl
aises
de 453
gr.(l).
On voit quel a été l'extraordinaire accroissement
de la production de la laine en Australasie, au Cap
dans r Argentine, TUruguay, etc., etc. '
^Ce développement, un moment ralenti entre 1895 et
iX"^ ^^* devenu plus considérable et plus rapide que
jamais duraiù\'^^ ^^^ premières années du xx« siècle.
Nous empruntons aux J.T'^laires si estimées de Fred.
Huth, de Londres, les chiffres qu\ ^^ rapportent aux
importations en Europe et aux Etats-ùui*? ^^ 1^93
En comparant les expéditions — et par suite la production — des trois premières années à celles des trois dernières, on trouve pour le total les chiffres suivants :
Ralles de 400 livres anglaises.
Période 1893-1895 "^ 2!^8!oÔo
Augmentation. . . . • 783.000
Ou. . 29 V«
' 1. Voir notre ouvrage sur les Fibres textiles d'origine ani' male^ p. 275. Doin, éditeur. Paris.