‹ L'agriculture moderne: (8. mille)Chapitre 78 sur 81 · Léonce de Lavergne, loc. cit.^ p · texte numérisé non relu

Léonce de Lavergne, loc. cit.^ p

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constate une diminution de 141.000 réduite à 104.000, déduction faite des salariés de cette catégorie qui existaient dans les provinces annexées. Dans quarante-sept départements, le nombre des domestiques a fléchi*. »

Le phénomène observé aujourd'hui a donc été constaté il y a trente ans. Cependant M. Tisserand n'hésitait pas à dire :

« La diminution de la. population de la campagne, toute grave qu'elle soit, n'est cependant pas arrivée à un point tel, qu'elle puisse être envisagée comme un péril. La main-d'œuvre, quoi qu'on prétende, est encore relativement et largement suffisante dans les fermes, surtout depuis le développement de l'outillage agricole. La diminution actuelle n'est donc pas encore un mal ; elle oblige l'agriculteur à mieux utiliser les bras, à diminuer ses frais de main-d'œuvre; elle conduit à l'emploi de l'outillage perfectionné, tout en permettant de donner de meilleurs salaires; en un mot elle force à mieux cultiver. Le laboureur devient de son côté plus actif et son intelligence se développe pour la conduite des machines et pour les travaux qu'il est obligé de mieux soigner, en même temps que son bien-être augmente; l'ouvrier rural voit aussi sa condition s'élever au point de vue matériel et intellectuel, et c'est là un résultat auquel on ne peut qu'applaudir.

« Quant au chef d'exploitation, si, faute de surabondance de travailleurs, il est forcé de déployer plus d'activité, d'organiser son travail avec plus d'intelligence, de façon à suffire à tous les besoins, en développant par suite la puissance productive de l'ouvrier, il y trouve également son compte. Les 500.000 jour-

1. Enquête agricole de 4882, introduction. Berger-Levrault, 1887,1vol.

l'agriculture moderne et l*exode rural 3ii

naliers et domestiques qui, défalcation faite de TAlsace-Lorraine, ont délaissé la culture du sol national, correspohdent à une économie de salaire qu'on ne peut chiffrer, nourriture comprise, à moins de 240 à 250 millions de francs par an. C'est une diminution de frais de production, qui dépasse le montant de l'impôt foncier, en principal et centimes additionnels, et qui accroît d'autant le bénéfice des exploitants.

« Produire beaucoup avec le moins de dépense possible, de façon à nourrir la plus nombreuse population, tel doit être le but du cultivateur. Le mal n'est pas d'avoir moins de bras pour obtenir le même produit, loin de là. Quand avec un ouvrier on arrive à faire le travail de deux, il y a progrès. Ce qui est un grand mal, c'est la diminution du nombre des enfants dans les familles rurales. »

La plupart de ces arguments n'ont rien perdu de leur force. On peut même faire remonter au delà de 1862, dans le passé, la diminution de l'effectif du personnel salarié. De 1852 à 1882, par exemple, il avait subi une réduction de près de 6S0.000 unités. Le développement de la production ne laisée pas que d'être rapide, entre ces deux dates.

Grâce à la hausse générale du prix des . produits agricoles, et au merveilleux encouragement dont profite ainsi le cultivateur, la prospérité de l'industrie rurale reçoit un extraordinaire accroissement : la valeur de la terre passe de 61 à 91 milliards de francs, augmentant de 30 milliards dans l'espace de trente ans*. Le capital de culture 2, indice fidèle de l'étendue des épargnes réalisées, s'élève de 2 milliards 800 mil-

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